Les chiffres sont peu réjouissants pour l'international de 20 ans. Sur les 12 matchs disputés par Barcelone depuis le début de l'année, Roony n'a participé qu'à cinq d'entre eux. Plus inquiétant encore, son temps de jeu : il n'a accumulé que 160 minutes sur le terrain sur les 500 possibles sur l'ensemble de l'année civile. Pour un joueur de son calibre et de son potentiel, son manque d'implication lors d'un début d'année 2026 « frénétique » suggère un décalage important entre sa forme actuelle et les exigences de l'équipe première.
Un schéma récurrent d'inactivité
Ce n'est pas la première fois que le Suédois est relégué au rôle de spectateur cette saison. Une période similaire s'est produite entre le 9 novembre et le 2 décembre, où il n'a pas disputé une seule minute contre le Celta Vigo, l'Athletic Club, Chelsea, Alaves et l'Atlético Madrid. Bien qu'il ait brièvement retrouvé sa place dans la rotation après cette période, remportant même deux titularisations, l'élan s'est complètement évaporé. Cette « disparition » devient une tendance inquiétante pour un joueur qui a besoin de temps de jeu régulier pour poursuivre son développement dans l'un des environnements les plus exigeants au monde.
Même lorsqu'il entre sur le terrain, ses apparitions sont éphémères. Lors de ses récentes apparitions contre le Real Oviedo et Majorque, il a été limité à un peu plus de dix minutes par match, servant essentiellement de remplaçant en fin de match plutôt que d'option tactique à part entière. Pour Roony, la difficulté de revenir dans le groupe est amplifiée par les enjeux importants de la campagne actuelle du Barça, où chaque point et chaque match de coupe semble être un tournant pour le projet en pleine évolution de Flick en Catalogne.
Le problème Lamine Yamal
Pour Roony, l'éléphant dans la pièce est l'ascension fulgurante et indéniable de Lamine Yamal. Occupant le même poste préféré à droite, Yamal est devenu un pilier incontournable du onze de Barcelone. Le jeune prodige né à Mataro est un phénomène qui se repose rarement, Flick le faisant même jouer dans les matchs de la Copa del Rey, où l'on s'attendrait généralement à une rotation. Tant que Yamal continuera à mettre les défenses à mal, le chemin vers le onze de départ restera effectivement bloqué pour le jeune Suédois.
Le défi que représente la concurrence avec Yamal a été parfaitement illustré lors de la récente défaite en Copa del Rey contre l'Atlético Madrid, où l'adolescent est resté le point central de l'attaque malgré la forte pression exercée par l'équipe de Diego Simeone. Rooney serait bien conscient de la hiérarchie et, à son crédit, le joueur n'a jamais exprimé publiquement sa frustration. De son côté, Flick continue de couvrir le Suédois d'éloges lors des conférences de presse, affirmant qu'il reste un membre précieux de l'équipe malgré le manque de preuves sur le terrain.
Obstacles stratégiques et rumeurs de transfert
Au-delà de la concurrence interne, les intérêts stratégiques du FC Barcelone sur le marché des transferts jettent également une ombre sur les joueurs marginaux de l'équipe actuelle. Le club est constamment associé à des renforts d'élite pour renforcer ses rangs offensifs, ce qui réduit encore davantage l'espace disponible pour développer les talents. Le président de l'Atlético Madrid, Enrique Cerezo, a récemment répondu aux rumeurs concernant l'une de ces cibles, déclarant : « Julian est un joueur sous contrat avec l'Atlético Madrid et il est heureux. Personne du Barça ne nous a officiellement contactés pour le recruter, et c'est tout ce qu'il y a à dire. »
Malgré la position ferme de Cerezo, le simple fait que le Barça soit à la recherche d'attaquants de classe mondiale comme Julian Alvarez souligne la difficulté à laquelle Roony est confronté. Pour conserver son statut à l'Estadi Olimpic, il doit prouver qu'il peut offrir une alternative viable aux titulaires. Pour l'instant, il est dans une impasse, attendant une blessure ou une baisse de forme drastique de la part de ceux qui le devancent pour lui offrir une opportunité qui semble s'éloigner de semaine en semaine.
La rigidité tactique de Flick sous le feu des critiques
L'absence de rotation et l'omission continue de joueurs comme Rooney ont commencé à attirer l'attention, en particulier lorsque les résultats ne sont pas favorables au FC Barcelone. Après la lourde défaite lors du match aller des demi-finales de la Copa del Rey, Flick a dû répondre à des questions sur son système et sa dépendance à un groupe de joueurs clés. Le manager a été contraint de défendre ses choix, admettant : « Nous n'avons pas bien joué. Nous devons aller au deuxième match. Ce sera très difficile, mais nous allons nous battre. À la mi-temps, nous avons discuté des différentes situations et du fait que nous devions faire mieux. Nous n'avons pas vu l'équipe que je veux voir en première mi-temps. Je demande pourquoi c'est hors-jeu. Je ne sais pas ce qu'ils ont décidé. Nous devons l'accepter, mais je ne suis pas d'accord. »
La frustration de Flick est évidente, mais sa réticence à faire appel à Roony dans ces moments de crise suggère un manque de confiance dans la préparation actuelle du joueur. Avec un match retour au Camp Nou à l'horizon et la course au titre qui s'intensifie, l'entraîneur allemand campe sur ses positions. Pour Roony Bardghji, le défi reste simple mais incroyablement difficile : trouver un moyen de se rendre indispensable pendant les quelques minutes qui lui sont accordées, ou faire face à un avenir où sa « disparition » deviendra une caractéristique permanente de sa carrière à Barcelone.


