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Le carnet du scout, épisode 3 : Diego Lainez, la "Pulga" version mexicaine

Après Jadon Sancho, l’ailier anglais de Dortmund et Lucas Paqueta, le milieu offensif de Flamengo promis à un transfert à l’AC Milan, le carnet du scout se penche sur la dernière sensation du football mexicain. Déjà international du haut de ses 18 ans, Diego Lainez marche sur les traces d’Hirving Lozano, autre élément offensif d’El Tri qui cartonne du côté du PSV Eindhoven.

Son parcours : une progression express à l’America

Formé dans l’un des plus grands clubs du pays, l’America (situé à Mexico), Diego Lainez n’a connu que ce club pour l’instant. Devenu professionnel au cours de l’année 2017, il effectue ses premiers pas avec l’équipe A le 1er mars de cette même année lors d’un match de coupe contre le Santos Laguna. Ce qui devait être une promesse se transforme rapidement en confirmation. Dans une structure aussi réputée et souvent difficile d’accès pour les jeunes joueurs, l’ailier gauche est parvenu à disputer 43 rencontres en l’espace d’un an et demi, ce qui démontre une certaine confiance de la part de son entraîneur.

Compte tenu de ces perspectives intéressantes et de sa capacité à enchaîner les rencontres, le sélectionneur d’El Tri Ricardo Ferretti, qui a pris la succession de Juan Carlos Osorio suite à la Coupe du monde 2018, n’a pas hésité à le lancer dans un choc, certes amical, face aux États-Unis. Pour sa première titularisation avec l’équipe nationale, Diego Lainez a montré certaines qualités mais également de la personnalité. Une scène a fait beaucoup parler de l’autre côté de l’Atlantique quand il n’a pas hésité à défier du regard Matt Miazga, le défenseur central nantais qui mesure presque 30 centimètres de plus que lui. Le joueur prêté par Chelsea avait alors chambré son vis-à-vis d’un geste que Lainez n’avait pas forcément apprécié.

Diego Lainez

Blessé à la malléole, le natif de Villahermosa a raté le dernier rendez-vous international du mois d’octobre. Cependant, ses premiers pas sous le maillot mexicain laissent présager de nouvelles sélections à l’avenir. De retour sur les terrains dimanche dernier, il a fait trembler les filets face au Club Tijuana. Les observateurs sont unanimes, celui qui était déjà appelé en équipe nationale chez les U15 a tout pour réussir, alors que les premières rumeurs de transfert n'ont pas tardé à émerger, notamment du côté de l'AS Rome l'été dernier.

Ses qualités / axes de progression : petite taille, gros dégats

Avec son centre de gravité très bas et ses facultés balle au pied, Diego Lainez a toutes les caractéristiques pour être un véritable poison. Dribbleur à l'instinct, il sait aussi donner le ballon quand il faut pour ne pas le monopoliser. S'il parvient à créer souvent des différences, sur le plan des statistiques, son tableau de chasse n'est pas très étoffé avec seulement trois buts et trois passes décisives en un peu plus de 40 rencontres. Un bilan qu'il améliorera forcément s'il continue sur sa lancée, lui qui manque parfois de chance mais aussi d'efficacité dans le dernier geste.

À propos de sa dimension physique, évidemment le néo-international mexicain a parfois du mal face à certains gabarits même s'il n'a pas froid aux yeux. D'un point de vue athlétique, il doit surtout prendre en endurance car son entraîneur de l'America a tendance à souvent le sortir avant le temps additionnel. Néanmoins, pour sa deuxième sélection avec El Tri, Diego Lainez a joué pendant 75 minutes avec très peu de temps faibles, lui qui apprécie particulièrement mettre de l'intensité dans son jeu.

Doté d'un pied gauche soyeux, il sait aussi être polyvalent puisque ses entraîneurs à l'America n'ont pas hésité à le mettre sur l'aile droite mais également en numéro 10. Une flexibilité tactique qui permet à Lainez d'avoir plusieurs cordes à son arc. Pour ce qui est des efforts défensifs, les observateurs d'Amérique du Nord et Centrale regrettent parfois son manque de rigueur dans les replacements. Encore très jeune et doté d'une certaine innocence à ce sujet, il y a une marge de progression évidente qu'il saura atteindre en temps voulu.

PS Lainez

Le témoignage : Diego Tonatiuh (Lucarne Opposée)

C’est toujours compliqué de s'imposer dans une énorme écurie comme l'América. Généralement les jeunes grandissent dans des clubs comme Chivas, Pachuca ou Pumas. Le coach Miguel Herrera l'intègre petit à petit et ça a l'air de marcher. Même s'il est critiqué pour ne pas l'utiliser davantage mais je pense qu'il fait bien de ne pas trop l'exposer et de ne pas l'imposer en titulaire malgré son talent évident. Il devrait bientôt l’être (en plus Jérémy Menez est blessé). Au début, il avait du mal à tenir 90 minutes maintenant, ça va mieux. Concernant la taille, c'est simple on n'en parle pas. Tout simplement parce qu'on est habitué à ce genre de gabarits. Et qu'ici on n'a jamais considéré qu'un attaquant devait être grand.

Par rapport à la sélection il a bénéficié du fait que le Mexique ait un coach intérimaire. Et qu'une revue d'effectif ait été effectuée. Exit les Herrera, Chicharito, Layún etc pour ces rencontres de septembre et d’octobre. Il y avait une quinzaine de nouveaux, dont plusieurs pépites comme Alvarado (Cruz Azul) et d'autres de Santos. Donc c'était presque les U23 qui étaient alignés. Il s'est démarqué sur le match contre les USA, techniquement puis avec cette fameuse altercation. En fait, ici, on a plus parlé de la réaction de Lainez qui n'a pas baissé les bras et qui ne s'est pas dégonflé en soutenant le regard de Miazga. On s'est dit "il a du caractère lui". Footballistiquement il avait été pas mal lors de ce match, après c'était presque que des jeunes donc il lui manque de la régularité pour être à nouveau appelé pour les matchse de novembre.

PS Lainez

Vu sa taille et sa façon de jouer je pense que l'Espagne serait le top pour son transfert à venir en Europe. Pourquoi pas l'Italie aussi car la Roma avait fait la plus grosse offre cet été. C'est typiquement le dribbleur et passeur de petite taille qui apprécie les petits espaces. J'aimerais bien le voir débarquer dans un club qui joue l'Europa League. Le problème, c'est qu'au Mexique, les joueurs sont bien payés et les clubs assez riches. Ils ne lâchent pas leurs joueurs au premier venu comme les clubs argentins ou uruguayens. Du coup les Mexicains ont du mal à aller en Europe. Quand tu remarques tous les Mexicains qui partent en Europe c'est pour jouer la coupe d'Europe, jamais pour évoluer dans un club lambda. Ça va être compliqué, ce sera forcément un club fortuné. Pourquoi pas Valence ou Séville, mais c’est un point de vue personnel.

Son avenir : l'America n'est pas pressé de le vendre

Si son club formateur a déjà vu plusieurs formations européennes venir aux renseignements et prendre la température, rien ne dit que Diego Lainez se destine à un départ cet hiver, et même lors du prochain mercato estival. Évalué à 1,5 millions d'euros par Transfermarkt, la pépite mexicaine devrait se vendre beaucoup plus. Les dirigeants de l'America d'ailleurs veulent réaliser une meilleure vente que leurs homologues de Pachuca, qui avaient cédé Hirving Lozano pour huit millions d'euros au PSV. Sur ses premières bases, il y a de quoi être optimiste surtout que le Mexique peut se qualifier pour la prochaine Coupe du Monde U20 qui aura lieu en Pologne. Une occasion en or pour se montrer sur le continent qui l'accueillera à bras ouvert pour une date encore inconnue.

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