La LFP ne recevra pas ce mois-si la somme de 175M€ qui lui est due de la part de Mediapro, le principal diffuseur des championnats professionnels. Dans le dur financièrement, le groupe espagnol a demandé à renégocier le coût de ses acquis. Une décision qui n’augure rien de bon pour le football français.
La Ligue confirme son véto pour la requête de Mediapro
Vincent Labrune, le nouvel homme fort de la Ligue, a été appelé à s’exprimer sur cette situation. Il a reconnu que la position de Mediapro les a pris au dépourvu et que le lien de confiance avec ce diffuseur n’est plus ce qu’il était. « Je suis surpris sur la forme et inquiet sur le fond, a-t-il lâché dans un entretien à L’Equipe. Sur la forme, le timing de cette annonce est pour le moins surprenant, quand on sait qu'elle intervient seulement quelques semaines après le paiement d'une première échéance qui a été annoncé à grand renfort de communication pour "crédibiliser" le projet Téléfoot et sa pérennité... A minima, on dira que cela entache la relation de confiance ! Et sur le fond, cela pose question sur le projet global de Mediapro en France et sur les capacités de ce groupe à faire face à ses obligations contractuelles et financières vis-à-vis de la LFP et du football français. »
« L’actionnaire de Mediapro doit faire face à ses obligations de paiement »
Mediapro a tenu à justifier son rétropédalage en mettant en avant plusieurs excuses. Pour Labrune, elles ne sont pourtant pas recevables. « Ne nous trompons pas : il n'est pas audible de s'entendre dire que ces traites devaient être payées par les abonnements, a-t-il tonné. Même un nombre d'abonnés record fin septembre n'aurait en aucun cas permis de payer le quart de la facture... Ceci étant dit, Mediapro est détenu à 53 % par un actionnaire chinois solide, qui doit théoriquement pouvoir faire face à ses obligations de paiement... Les actionnaires ne pouvaient pas ignorer les besoins de financement du plan d'activité de Mediapro. »
Pour finir, Labrune a affirmé qu’il œuvre du mieux qu’il peut pour que les clubs français ne se retrouvent pas dans une situation critique : « Si je n'étais pas inquiet pour les finances de nos clubs, je serais irresponsable. Et ce d'autant plus que les clubs français n'ont malheureusement pas réalisé la moitié des plus-values sur cession de joueurs qui ont été planifiées sur l'exercice, en raison bien évidemment de l'impact de la crise sanitaire sur l'économie des clubs traditionnellement acheteurs de nos joueurs. Nous travaillons d'arrache-pied, avec les équipes de la LFP, pour être en situation de payer les montants budgétés par nos clubs à la date prévue. Ils peuvent compter sur nous ».
