Ce devait être le nadir de Messi et le zénith de Ronaldo. Ce ne sera pas le cas, mais si le Portugais peut s'enorgueillir de ne pas avoir vécu l'annus horribilis de son grand rival argentin, son destin à lui aussi a été tout aussi cruel.
Attendu comme le messie (sans mauvais jeu de mots), en finale de l'Euro 2016, le duel Ronaldo/Griezmann a tourné court. Dès la 18e minute et après un choc avec Dimitri Payet, Ronaldo se tord de douleur sur le bord du pré. Il se fera bander par des soigneurs aux mines soucieuses avant de revenir courageusement dans l'arène. Mais le courage ne suffit pas parfois. Ronaldo quittera la pelouse et peut-être ses rêves de réussite en sélection, à la 24e minute, laissant à Ricardo Quaresma le soin de guider le Portugal en terres françaises hostiles.
On ne pourra pas lui en vouloir d'avoir craqué sur sa civière, transportant avec lui ses éphémères rêves de gloire internationale. Double buteur face à la Hongrie et auteur d'une magnifique réalisation pour permettre à son pays de se défaire d'encombrants gallois, Ronaldo était enfin lancé et ne se doutait certainement pas qu'une fois encore, une aventure continentale allait se terminer en pleurs pour lui. Comme en 2004, quand un Cr7 de 19 ans était inconsolable suite au camouflet grec.
Paulo Futre l'avait averti avant le match, lui rappelant qu'il avait un début de déchirure musculaire et qu'il se sacrifiait trop pour l'équipe. L'homme aux 61 buts, meilleur buteur de l'histoire de sa sélection et disposant du plus grand nombre de capes sous la vareuse lusitanienne, pensait toujours être là pour son équipe. Cela n'a pas été le cas ce soir. Il devait compter sur ses hommes de l'ombre et pour une fois, leur laisser sa part de lumière.
Rassemblant ses coéquipiers entre deux mi-temps de prolongation, Ronaldo a su trouver les mots pour les galvaniser, comme un ultime service qu'il rendra à sa sélection. Eder marquera le seul but de la rencontre et Ronaldo exultera car pour une fois, ce n'est pas lui qui a rendu service aux siens, mais l'inverse. Et avec une Ligue des champions et un Euro dans sa besace, non seulement Ronaldo se place dans la course au Ballon d'Or 2016, mais se hisse à un nouvel échelon dans l'Histoire des grands joueurs de football. Cette fois, personne ne pourra lui reprocher de n'avoir rien gagné en sélection même si ironiquement, il n'aura pas été le décideur de cette finale.




