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L'instinct de survie, les polémiques et le tacle à Arsenal : l'itinéraire cabossé de Gift Orban

Le prénom "Gift" (cadeau) sonne comme une douce poésie. Pourtant, la vie n'a fait aucun cadeau à l'attaquant nigérian. Orban est un enfant de la rue, forgé dans la brutalité des quartiers pauvres de Lagos et de l'État de Benue. Contrairement aux jeunes talents couvés dans les centres de formation européens, son enfance a été marquée par la violence, la drogue et, surtout, la faim.

« En Afrique, si votre famille n'a pas d'argent, la vie est impossible », expliquait-il froidement à L'Équipe. Là où l'Europe offre des filets de sécurité sociaux, l'Afrique de son enfance ne promettait que la famine. « Vous vous réveillez et il n'y a rien à manger. C'est pour ça qu'on veut tous jouer au football. » Ce traumatisme de la faim est le véritable moteur d'Orban. Voir des voitures dévalisées en Europe le fait sourire, lui qui a « vu ça tous les jours » dans sa jeunesse. Aujourd'hui, cette rage de survie anime sa volonté d'aider les orphelins, refusant catégoriquement de s'apitoyer sur un passé dont il exige qu'on ne lui parle plus.

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Un volcan en éruption sur les terrains de Serie A

Ce passé cabossé a forgé une personnalité sans filtre, souvent perçue comme excentrique ou instable. « Je dis ce que je pense. Je n'ai plus peur de rien », assume Orban. En Italie, sous les couleurs de l'Hellas Vérone, ce caractère éruptif fait des étincelles. Buteur face à Naples (0-2), il a célébré en mimant des tirs de pistolet puis un égorgement devant les tifosi napolitains, récoltant un carton jaune et réveillant la colère adverse (score final 2-2).

Plus récemment, il a réussi l'exploit de se faire expulser en plein jeu pour avoir copieusement insulté l'arbitre, écopant de deux matchs de suspension. L'Hellas Vérone tolère ces sautes d'humeur pour une raison simple : Orban est le seul joueur de l'équipe à surnager offensivement. Avec 7 buts en Serie A, il porte presque seul les espoirs de maintien d'une équipe en perdition, prouvant que son instinct de buteur, lui, n'a pas disparu.

Du froid norvégien à l'éclair de La Gantoise

Cet instinct s'est d'abord forgé sur les plages de sable du Nigeria, avant qu'un tournoi académique n'attire l'attention de Stabaek. Son arrivée en Norvège a failli tourner court après un premier essai infructueux, mais le destin (et la pénurie de buteurs du club) lui a offert une seconde chance. Malgré sa détestation du froid polaire et de la langue locale (« Blablablabla, ça me faisait mal aux oreilles ! »), il plante d'entrée et force son transfert à La Gantoise pour 4,5 millions d'euros.

En Belgique, c'est l'explosion. Lors de ses huit premiers mois, il inscrit 20 buts en 22 matchs et claque cinq triplés, héritant du surnom de "Black Haaland". Son chef-d'œuvre absolu reste ce match de Conference League contre Basaksehir : trois buts en 205 secondes, le triplé le plus rapide de l'histoire européenne. Vitesse, flair et frappes surpuissantes (comme ce tir sur la barre depuis le coup d'envoi contre le Standard) font de lui la coqueluche des scouts de la planète entière, dont Tottenham.

L'instabilité chronique et le tacle à Arsenal

Mais la machine s'est enrayée. Moins prolifique lors de sa deuxième saison belge, frustré par son statut de remplaçant, il est bradé à l'Olympique Lyonnais pour 14 millions d'euros. Barré par Alexandre Lacazette et Georges Mikautadze dans un club financièrement aux abois, il fuit vers Hoffenheim, où l'histoire se répète : des débuts prometteurs (4 buts en 7 matchs) puis le banc.

Prêté à l'Hellas Vérone avec une option d'achat de 8 millions d'euros, son avenir est incertain face à la menace de relégation du club italien. À 23 ans, Gift Orban s'apprête probablement à connaître un sixième club cet été. Son rêve ? La Premier League. Mais avec ses propres conditions, lâchées avec la sincérité brutale qui le caractérise : « Manchester United, Liverpool, Manchester City. Mais je n'aime pas Arsenal. C'est comme s'ils n'avaient pas envie de gagner des titres, je veux aller quelque part où ils le font. » L'enfant des rues n'a décidément pas perdu son mordant.

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