Ancien secrétaire général de la FIFA avant de quitter l'instance en même temps que Sepp Blatter en 2015, Jérôme Valcke a assisté à la désignation du Qatar comme pays hôte en 2010 (sans voter, il n'était pas membre du comité exécutif à l'époque).
Une victoire surprise pour le Qatar
Un processus qui a depuis fait l'objet de vives critiques, le pays étant pointé du doigt pour des questions de droits de l'homme, d'écologie, etc. "J'ai été surpris quand il a manqué une seule voix au Qatar pour gagner dès le premier tour. Je pensais que les États-Unis l'emporteraient", se souvient Valcke dans les colonnes de L'Equipe.
"Le Qatar a été beaucoup plus fort dans sa campagne électorale. Il a mis toute l'énergie de celui qui vient de nulle part, qui n'a pas la moindre chance de gagner et qui se donne toutes celles de triompher.
Pour autant, le Suisse dément tout forme de corruption concernant le vote. "Cela fait douze ans que l'on imagine. Cela fait une longue imagination... Cela fait douze ans que l'on parle de corruption, mais rien n'a été établi", défend-il.
"Maintenant, qu'on la joue cette Coupe du monde ! Que les joueurs la disputent, ils l'ont méritée. Il faut mettre un couvercle pendant la compétition, et si certains veulent le rouvrir après, très bien. Mais là, c'est le jeu qui doit prendre le pas."
Un choix fatal à la FIFA ?
Selon Jérôme Valcke, le choix de confier l'organisation de la Coupe du monde 2022 a porté préjudice à l'instance mondiale du football, ou du moins à ses dirigeants d'alors.
"Cela a été un accélérateur des ennuis de la FIFA pour scruter comment elle était organisée, chercher ses failles", appuie-t-il, alors que cette dernière a également été vivement critiquée pour ce choix."Si j'ai fait une erreur, c'est de ne pas quitter la FIFA en 2014. Il y a eu le Qatar, mais aussi le fait que Blatter ait décidé de se représenter (pour un cinquième mandat, en 2015). Il y a eu un ras-le-bol. Le bouchon de la bouteille a explosé. Beaucoup n'en pouvaient plus de la FIFA, de voir Blatter repartir pour un tour."
