Ce qui devait être un simple match de championnat mardi soir entre Cagliari et la Juventus s'est transformé en scène honteuse pour le football italien. Blaise Matuidi et Moise Kean ont ainsi été victimes tout le long du match de cris de singe de la part des supporters sardes. Des insultes racistes qui ont scandalisé la grande majorité des acteurs de cette rencontre même s'il existe toujours des brebis galeuses.
Auteur du but du break en seconde période, Moise Kean, qui inscrit au passage sa 6e réalisation en sept matches, a répondu à ses détracteurs en prenant la pose devant la tribune des tifosi de Cagliari. Une célébration qui a eu pour conséquence de nouvelles insultes racistes. Défendu par la plupart de ses coéquipiers, le jeune attaquant de 18 ans a pourtant vu Leonardo Bonucci lui rejeter une partie de la faute.
"Kean sait que, quand il marque, il devrait fêter ça avec ses équipiers. Il sait qu’il aurait pu faire quelque chose de différent. Il y a eu des cris racistes après le but. Blaise [Matuidi] les a entendus et était en colère. Je pense que la faute est partagée à 50-50. Moise n’aurait pas dû faire ça et le virage n’aurait pas dû réagir comme ça."Des propos surréalistes sur Sky Italia qui n'ont pas manqué d'alimenter la polémique.

Allegri : "Ces personnes devraient être interdites de stade à vie"
Il y a un peu plus d'un an déjà, Blaise Matuidi se plaignait d'insutes racistes lors d'un match de Serie A et c'était déjà du côté de Cagliari. Un refrain qui n'a rien de jovial et qui interpelle encore plus sur le manque de sévérité des autorités et du football italien vis-à-vis de ces comportements. À ce sujet, Massimiliano Allegri prône des sanctions maximales. "Nous avons les outils pour arrêter cela. Nous avons des caméras que nous pouvons utiliser pour arrêter les personnes qui font ça. C’est simple, il faut des règles drastiques. Ces personnes devraient être interdites de stade à vie. Pas seulement pour un mois ou un an."
Du côté de Cagliari, plutôt que de calmer le jeu et de pointer du doigt les supporters responsables de ces actes racistes, le président du club, Tommaso Giulini, a indiqué que la couleur de peau n'avait rien à voir dans les évènements de cette rencontre. "Si Bernardeschi avait célébré cette fête de la sorte, il aurait été traité de la même manière par nos supporters. Pareil si c'était Dybala (...) Nous ne pouvons pas désigner l'ensemble du public de Cagliari par des propos négatifs." Néanmoins, le dirigeant sarde a indiqué que s'il y avait eu des cris de singe : "ceux qui les ont proféré ont fait une erreur."
Pour l'instant, aucune procédure n'a été ouverte pour les incidents de cette rencontre. La Vieille Dame va tenter de se reconcentrer sur son calendrier chargé avec la réception de l'AC Milan samedi avant le déplacement à Amsterdam pour défier l'Ajax en quart de finale aller de la Ligue des champions.




