Beaumert Tahiti

Interview - Coupe du monde U20, Kalahani Beaumert (Tahiti) : "Une fierté de représenter mon île"

Si la France, l’Italie ou encore l’Argentine arrivent avec leur pléiade de talents en Pologne pour remporter la Coupe du monde U20, d’autres sélections vont pouvoir se montrer aux yeux des observateurs. Pour la seconde fois de son histoire, après 2009, Tahiti participera à la compétition. L’occasion pour Goal de découvrir un peu plus l’équipe polynésienne via un entretien avec Kalahani Beaumert, ailier de cette équipe. Le jeune joueur (19 ans) qui évolue en France, au Stade Bordelais, se confie avant le premier match de son équipe face au Sénégal.

Goal : Comment êtes-vous devenu international tahitien chez les jeunes ?

Kalahani Beaumert : "J’ai eu la chance en U16 d’être entrainé par Pascal Vahirua (22 sélections en Équipe de France, ndlr). Il m’a très bien conseillé sur mon parcours et m’a donné de précieux conseils qui me servent encore aujourd’hui. J’ai raté la campagne de qualifications pour le Mondial U20 mais le sélectionneur m’a fait confiance."

Vous avez dû partir en France pour progresser…

"Oui, j’arrivais au bout de mon aventure avec Tefana et pour passer au cap supérieur, je devais rejoindre la France. Ce n’était pas simple de quitter mes proches. Le Stade Bordelais m’a proposé un essai en août dernier et même si j’ai été blessé lors de cette période, j’ai pris mes billets d’avion pour partir. Le test a été concluant et j’ai pu rester."

La découverte de la métropole n’a pas été trop dure pour vous ?

"Si, quand même. C’est une toute autre culture, je fais des efforts pour m’intégrer mais ce n’est pas évident tous les jours. Mes coéquipiers m’ont bien aidé. En parallèle je me suis inscrit à l’université, en fac d’histoire, mais je vais changer d’orientation."

Quelle suite espérez-vous pour votre carrière ?

"Je vais poursuivre l'aventure avec le Stade Bordelais la saison prochaine, j'évoluerai avec l'équipe A qui joue en National 2 (quatrième division). Je suis content de rester et de continuer à progresser là-bas."

Beaumert Tahiti

De nombreux joueurs de cette équipe de Tahiti évoluent en France. Cela représente-t-il un atout ?

"C’est certain, on peut dire que c’est un avantage. J’ai des coéquipiers à Toulouse, Saint-Étienne ou encore à Concarneau. On apprécie de se retrouver ensemble, il y a une vraie solidarité entre nous. C’est un peu comme si nous étions à la maison."


"On ne vient pas en Pologne pour s’amuser."


Dans quel état d’esprit êtes-vous avant votre entrée en lice dans cette Coupe du monde U20 ?

"Ce sera une très belle découverte avec des adversaires qui jouent déjà au niveau professionnel mais on ne vient pas en Pologne pour s’amuser. On se battra à chaque match. C’est une fierté de représenter mon île."

Justement, comment évaluez-vous votre groupe avec le Sénégal, la Colombie et la Pologne, le pays hôte ?

"C’est très relevé et on sera directement dans le bain. On affronte des joueurs qui ont de jolies références, ça peut faire peur mais on a un bon effectif. On n'a rien à perdre en vérité et cela doit nous servir comme une motivation."

Comment jugez-vous le niveau tactique du football tahitien ?

"On essaye de mettre en place un jeu très rapide, avec des contre-attaques et des projections sur les ailes. Il y a parfois du déficit physique mais globalement on veut toujours aller vers l'avant."

Vous avez évoqué Pascal Vahirua comme un éducateur précieux dans votre parcours. Que représente son cousin, Marama Vahirua, à vos yeux ?

"Je le considère évidemment comme une référence. Il a eu une belle carrière en France avec Nantes et Nice, il marqué de nombreux buts. Ça m'a inspiré étant petit mais je n'ai pas eu la chance de le côtoyer comme Pascal Vahirua."

Propos recueillis par Adrien Mathieu.

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