Exploit, surprise, épopée… les mots sont nombreux pour décrire la performance réalisée par la Zambie lors de cette Coupe d’Afrique des Nations 2012. En l’absence de l’Égypte, triple tenant du titre, tout le monde s’attendait à voir la Côte d’Ivoire, et sa génération dorée emmenée par Didier Drogba, triompher mais c’était sans compter sur les Chipolopolos qui sont parvenus à vaincre le destin et sont devenus la 15ème équipe à soulever la CAN.
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Hervé Renard, le « sorcier blanc »
Collectif bien huilé sans véritable star, la Zambie doit son succès à ses joueurs certes, mais avant tout à son entraîneur : Hervé Renard. Surnommé le "sorcier blanc", l’entraîneur français a bâti, façonné cette équipe : "La star, c'est l'équipe, personne n'est au-dessus du collectif", répétait l’actuel sélectionneur du Maroc. Quart de finaliste en 2010, pour la première fois depuis quatorze ans, la Zambie est arrivée au Gabon avec le désir de faire encore mieux. Parti un an vers d’autres horizons, entre 2010 et 2011, Hervé Renard a été rappelé par la fédération zambienne afin d’emmener cette équipe au Gabon et en Guinée équatoriale pour exploiter tout son potentiel.
Première de sa poule, la Zambie a balayé le Soudan en quart de finale. Mais c’est en demi-finale que les joueurs d’Hervé Renard se sont révélés aux yeux du grand public. Face au Ghana, grand favori de la compétition au même titre que la Côte d’Ivoire, les Chipolopolos l’ont emporté grâce à une réalisation de Mayuka. "C''était un gros travail de persuasion. Moi j'y croyais, les joueurs y croyaient, mais il faut leur faire prendre conscience que l'objectif est élevé et qu'il faut pour cela une détermination sans failles. Il ne faut avoir peur de personne", a déclaré le sélectionneur zambien sur RFI après la compétition.

Le crash de 1993, source de motivation
Finaliste en 1974 et en 1994, la Zambie se devait de faire mieux et enfin décrocher le Graal. Clin d’œil du destin, cette finale face à l’ogre ivoirien s’est déroulée à Libreville, capitale du Gabon, et théâtre de la catastrophe aérienne qui a décimé l’équipe zambienne en 1993. Une source de motivation supplémentaire pour les Chipolopolos qui se sont sentis investis d’une mission "apaiser les âmes de leurs aînés", comme l’a expliqué le gardien Kennedy Mweene au magazine When Saturday Comes. "Ce serait magnifique de jouer la finale au Gabon. On a perdu toute l’équipe nationale en 1993. Leurs âmes sont quelque part là-bas… Mais il ne faut pas se relâcher", avait estimé Christopher Katongo, capitaine, avant la compétition.
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Solidaires et armés d’un mental d’acier, les Zambiens ont écrit l’histoire. Les Chipolopolos ont su faire le dos rond face à des Ivoiriens manquant de réalisme et ont même eu un brin de réussite en voyant Didier Drogba rater son penalty en cours de match. Au terme d’une séance de tirs au but épique (8-7), la Zambie s’est imposée face à la Côte d’Ivoire de nouveau maudite. Un exploit retentissant. "Nous ne sommes pas les meilleurs mais on avait une force qui nous animait et qui a fait la différence. On a eu aussi de la réussite, tout a tourné rond pour nous", analysait Hervé Renard vêtu de sa légendaire chemise blanche.
Conscient d’avoir marqué l’histoire de tout un pays mais aussi du football africain, Hervé Renard, qui trois ans plus tard a mis fin à la malédiction ivoirienne, s’est félicité d’un tel exploit sur les ondes de RFI : "Je pense qu'on réalisera l'ampleur de l'exploit au fil des années et dans les années à venir. C'est la première fois que la Zambie inscrit son nom au palmarès de la Coupe d'Afrique, ça au moins personne ne nous l'enlèvera". Seul l’avenir nous dira si un exploit aussi retentissant pourra un jour de nouveau voir le jour lors d’une Coupe d’Afrique des Nations.
