Votre président a expliqué qu'il fallait respecter les coutumes dans un pays étranger et que de ce fait vous ne porteriez pas le brassard LGBT. Partagez-vous son avis ?
Avant d'entreprendre des choses il faut l'accord de la FIFA et de la FFF. Sur ce dossier, j'ai mon opinion personnelle et ça rejoint celle du président. Lorsqu'on accueille des étrangers en France, on a l'envie qu'ils se prêtent à nos règles et respectent notre culture. J'en ferai de même lorsque j'irai au Qatar. On peut ne pas être d'accord avec ça, mais je montrerai du respect.
La question du droit à l'image a-t-elle été mise entre parenthèses durant cette Coupe du monde ?
On a été entendus, des efforts sont faits de la part des deux parties. Un accord sera trouvé prochainement. Mais on le met de côté car on est focalisés sur cet événement majeur, c'est une opportunité qui se présente tous les quatre ans, on veut mettre toutes les chances de notre côté. Mais pour le bien des joueurs présents et pour l'avenir, il faut avancer sur cette convention. Je n'ai aucun doute que ça aboutira sur un accord.
Depuis plusieurs années maintenant, les champions du monde en titre se font sortir au premier tour. Comment cela s'explique selon vous ?
On ne peut pas ne pas y penser. Le sélectionneur et son staff ont préparé la meilleure équipe possible, même s'il y a eu des concours de circonstance avec des blessés. Être tenants du titre veut dire qu'on est une équipe à battre, on a pu le ressentir ces dernières années. Depuis le sacre en Russie, on sent des adversaires encore plus motivés à l'idée de nous affronter. Il y a le danger des premiers matchs, il faut bien le préparer car on connaît l'importance de bien débuter une compétition.
Allez-vous prendre position pour dénoncer les droits humains au Qatar ? Est-ce normal selon vous, que l'on demande à des footballeurs de se positionner ?
On ne peut pas rester insensibles à ces sujets-là. On en demande de plus en plus aux joueurs. Mais je crois qu'il faut garder le focus sur le jeu. En dehors, chacun est libre de s'exprimer et de défendre ses opinions. Je ne peux pas vous en dire plus maintenant mais quelque chose sera fait et mis en place. Vous serez tenus au courant en temps et en heure d'ici peu. C'est une question de jours voire d'heure, je pense.
En l'absence de Paul Pogba qui parlait beaucoup dans le groupe lors du dernier mondial, allez-vous en profiter pour prendre un peu plus de place et affirmer votre leadership ?
Je ne peux pas calculer, c'est en fonction du moment ou du ressenti. Je ne vais pas en faire plus ou en faire moins. A chacun son leadership. Quand ça va dans le sens du collectif, ça ne peut qu'être une bonne chose. Je suis excité à l'idée de jouer une Coupe du monde. C'est important de retrouver un peu de fraîcheur, ça a été une période difficile pour tout le monde. On essaye toujours de répondre présent.
Marcus Thuram était présent avec les Bleus à l'Euro il y a deux ans. Quel souvenir gardez-vous de lui dans le groupe ?
Je me souviens que sur la séance de penalty, il a pris ses responsabilités et marqué contre la Suisse à l'Euro. Il est talentueux et a pris de l' expérience ces deux dernières années. Il est souriant, heureux d'être parmi les 26.
Comme lors du dernier mondial, vous retrouvez Mandanda et Areola dans la hiérarchie des gardiens de but. Pouvez-vous nous parler de la relation que vous avez avec eux ?
On se connaît très bien, on a aussi connu le sacre en 2018 et on en garde de très bons souvenirs. Après, les aléas font que Mike ne sera pas parmi nous et on est déçus pour lui. On a le plaisir de retrouver Steve (Mandanda) car on se suit depuis de très nombreuses années. Il est compétitif car il fait de bonnes choses avec le Stade Rennais après une année compliquée la saison dernière, on ne peut qu'être respectueux de ça. Steve, il prend aussi de la place dans le vestiaire, c’est un battant et on aura besoin de lui pour les échéances à venir.


