Une gigantesque page du football français se tourne avec la fin de la carrière internationale d'Hugo Lloris. Le gardien des Bleus est tout simplement le joueur le plus capé de l'histoire de l'équipe de France ainsi que celui ayant le plus porté le brassard de capitaine en Bleu. Vainqueur d'une Coupe du monde et d'une Ligue des Nations, Hugo Lloris termine sur une finale perdue de Coupe du monde au Qatar lors de laquelle il a été performant, sauf lors de la séance de tirs au but. Dans une interview accordée à L'Equipe, Hugo Lloris a fait son mea-culpa concernant cet exercice particulier dans lequel il n'est pas du tout en réussite.
"Je ne sais pas faire l'idiot pour déstabiliser"
"D'une manière générale, je n'ai pas été beaucoup en réussite dans ma carrière dans cet exercice(0 tir au but arrêté en équipe de France sur 9 subis, contre la Suisse à l'Euro 2021 et l'Argentine à la Coupe du monde 2022). Cela ne m'a pas empêché d'arrêter des penalties importants, et j'ai gagné certaines séances de tirs au but, mais j'en ai perdu beaucoup, aussi. Il y a des gardiens qui sont plus en réussite que d'autres. En fait, il y a des choses que je ne sais pas faire. Faire l'idiot dans le but, déstabiliser ostensiblement l'adversaire en jouant avec la limite, je ne sais pas le faire. Je suis trop rationnel, trop honnête pour aller sur ce terrain-là. Je ne sais pas gagner comme ça, même si je n'avais vraiment pas envie de perdre comme ça, non plus...", a analysé l'ancien gardien de l'équipe de France.
"Tu as beau avoir tout analysé chez les tireurs argentins, avoir réfléchi aux trois options à prendre, à droite, à gauche et au milieu, avoir regardé ce qu'ils ont fait lors de leurs cinquante penalties précédents, il y a d'autres données, aussi : quand les Argentins se présentent, il n'y a que des gars qui tirent les penalties en club. Chez nous non, à part Kylian. Quand tu vois Dybala qui rentre, Lautaro Martinez, tu sais pourquoi. Dybala, il ne frappe jamais au milieu, et cette fois il la met au milieu, et elle passe à ça de mon pied... Essayer de provoquer la réussite, chercher l'exploit, oui. Mais faire comme Martinez, ce n'est pas moi, je ne peux pas", a ajouté Hugo Lloris.
"Maignan est destiné à prendre la suite, je ne lui souhaite que du bien"
Le gardien de Tottenham affirme qu'il ne reviendra pas sur sa décision d'arrêter avec les Bleus et souhaite bonne chance à ses successeurs : "Si je prends une telle décision aujourd'hui, ce n'est pas pour revenir dessus. C'est le moment pour les autres de prendre leur chance, et on sait que Mike est destiné à prendre la suite. Je ne lui souhaite que du bien, à lui et aux autres gardiens qui vont apparaître. Désormais, si l'un ou l'autre manque, je ne serai plus concerné, l'équipe de France sera passée à autre chose, et moi aussi. Il y a Mike, et d'autres qui méritent : Alphonse(Areola)est là, Steve(Mandanda)aussi, et d'autres, Alban Lafont, Illan Meslier, et plus tard, Lucas Chevalier, peut-être. Je suivrai ça de près et avec passion, parce que j'aime le poste, et parce que je veux que l'équipe de France reste au plus haut dans la hiérarchie mondiale, ce qui passe par des gardiens performants".
La fin de la carrière en Bleu d'Hugo Lloris ne signifie pas pour autant la fin de sa carrière et ce dernier a encore des ambitions pour la suite : "J'ai envie de continuer à performer, à vivre ce sport comme je l'ai toujours fait, et peut-être que cette décision me donnera plus de fraîcheur en club, je ne sais pas. Mais j'ai envie de vivre ces années à venir à fond, et au plus haut. Dans les quatre ou cinq mois à venir, avec Tottenham, j'ai envie de vivre des choses fortes, de finir dans le top 4 de Premier League, de faire un truc fort en Ligue des champions, en FA Cup aussi".
"Je n'ai pas envie d'arrêter, parce que j'aime trop le foot, et physiquement je me sens bien, ce qui est le plus important. Je voudrais un trophée, encore. En fait, j'ai beaucoup de "vice" dans ma carrière : vice-champion de France, vice-champion d'Europe, en sélection et en club, vice-champion d'Angleterre, vice-champion du monde. Mais cela signifie aussi qu'on est allé haut, très haut. Gagner une finale, c'est ce qu'il y a de plus beau, mais perdre une finale, ce n'est pas donné à tout le monde", a conclu Hugo Lloris.
