Equipe de France Raphaël VaraneGetty Images

France-Autriche - Raphaël Varane : "Ça fait des années qu'on parle de calendriers surchargés"

Capitaine des Bleus, en l'absence d'Hugo Lloris, Raphaël Varane est revenu sur le nombre important d'absents et a fustigé le calendrier imposé aux joueurs de football qui pose problème à leur intégrité.

Vous qui avez l'habitude d'évoluer avec de grands gardiens, en quoi Mike Maignan a tout d'un grand ?

Au-delà de ses qualités, Mike est quelqu'un qui apporte beaucoup de sérénité. C'est quelqu'un de tranquille, sûr de ses forces. C'est important pour les défenseurs de sentir ce genre de choses. Il a en plus de l'explosivité, un bon jeu au pied, de la prestance, bref, toutes les qualités du gardien moderne.

En tant que cadre au cœur des discussions dans ce dossier, que voulez-vous voir ajouté à la convention des droits à l'image qui a fait débat cette semaine ?

C'est assez simple : en tant que groupe, on veut faire respecter le droit individuel de chaque joueur. C'est une demande simple, logique et légitime. C'est simplement une mise à jour pour éviter les bugs à l'avenir. Les discussions ont avancé et on espère que tout se réglera le plus vite possible car on n'a pas envie de perdre de l'énergie là-dessus. Ça avance bien et c'est très positif.

La cascade de blessés fait que de nombreux novices composent aujourd'hui le groupe. Est-il de fait nécessaire de serrer plus les rangs que d'ordinaire ?

Le fait qu'il y ait beaucoup de nouveaux, un groupe très jeune, à l'approche de la Coupe du monde, c'est un moment important pour continuer à avoir un état d'esprit collectif. On sait par expérience que la force du groupe permet de gagner des grandes compétitions. On n'hésite pas à beaucoup échanger et les deux matches à venir, ce sera surtout dans l'objectif d'avoir des repères communs et d'être plus forts ensemble.

Quel regard portez-vous sur le retour en Bleu de Dembélé ?

Je suis très content de le revoir à ce niveau, il a des qualités extraordinaires. Il a toujours cette joie de vivre, il apporte de la fraîcheur au groupe. Il est posé, tranquille. Il a trouvé la recette pour enchaîner. Il a connu des moments difficiles avec les blessures, il a la chance d'enchainer et on le voit épanoui.

Qu'éprouvez-vous pour Paul Pogba, actuellement plongé au cœur d'une triste affaire ?

Évidemment, je ne vais pas parler de la partie judiciaire, mais c'est un ami donc je le soutiens. Il a face à lui des défis à relever, notamment celui de se remettre de sa blessure. C'est un joueur extraordinaire, on a envie de le revoir épanoui sur le terrain.

Un dernier rassemblement sert d'ordinaire d'ultime répétition. Difficile avec autant d'absence...

On doit s'adapter, il y a eu 14 blessés, c'est énorme. Mais il ne faut pas être surpris, ça fait des années qu'on parle de calendriers surchargés. Cette année, c'est encore plus intense. Mais il faut s'adapter et se préparer du mieux possible. Il nous faut des repères communs et une force collective.

Aurélien Tchouaméni prend une nouvelle dimension. Qu'est-ce qu'il a de différent par rapport à Pogba et Kanté ?

D'abord, je pense qu'on peut saluer son adaptation-éclair dans un club comme le Real Madrid. Je sais par expérience à quel point c'est difficile. Il a la maturité et les qualités pour, chapeau à lui. Ensuite, c'est un joueur très complet. Il a la capacité à bien défendre, protéger la défense, et également la capacité à organiser le jeu. Il n'hésite pas dès ses premières sélections à demander le ballon, imposer le tempo au milieu de terrain. Il est déjà très mature, je lui souhaite de garder le cap, de continuer comme ça, parce que ce qu'il fait est déjà extraordinaire.

Quel regard portez-vous sur votre début de saison à Manchester United ?

Je prends beaucoup de plaisir. La saison dernière a été irrégulière. Là, on obtient de bons résultats et surtout on prend du plaisir à jouer et à se battre ensemble. Je suis venu en Angleterre pour vivre de telles émotions. Chaque match est un combat, ça me plait. Le fait d'avoir eu une pré-saison complète permet d'être bien sur le terrain.

Ce groupe est-il adapté pour une défense à trois ?

Trois ou quatre, le plus important c'est de réussir à défendre ensemble et d'être compacts sur le terrain. On peut jouer dans différents systèmes, nous, les joueurs on s'adapte. Là, on a eu peu de temps pour se préparer. Mais c'est à nous de faire vivre le système. A quatre, j'ai plus l'habitude. A trois, on doit se coordonner de manière différente et se répartir les rôles de manière efficace. Il y a des joueurs de qualité capables de s'adapter aux deux systèmes.

Avez-vous l'impression d'avoir moins de repères et êtes-vous inquiet de devoir débuter sans filet face à l'Australie ?

Avant la Coupe du monde 2018, on n'avait pas eu de très bons résultats en mars. On avait eu quelques critiques. Puis quand la compétition a débuté, on avait vu une très grande force collective qui nous avait permis d'aller au bout. Il n'y a pas d'inquiétude particulière aujourd'hui, on sait que quand la compétition démarre c'est autre chose. Il faudra surtout être prêt physiquement et ensuite créer des repères. On peut le faire même en peu de temps. Je ne suis pas inquiet par l'absence de préparation.

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