L'heure de vérité a sonné ! Dans toutes les têtes depuis le tirage au sort de la compétition, ce France - États-Unis aura bel et bien lieu ce vendredi, dans la chaleur du Parc des Princes, comme si la feuille de route imaginée au départ était respectée à la lettre. Ce combat-là sera irrespirable, c'est une certitude, et pas uniquement en raison de la vague de chaleur estivale annoncée dans l'Hexagone. Le calibre de l'adversaire y sera pour beaucoup, aussi.
Contre le Brésil, la soirée s'est finalement bien terminée, au bout de la nuit (2-1, après prolongations), mais les Bleues ont été poussées dans leurs retranchements. Le 4-4-2 d'un soir a mis en exergue des difficultés criantes dans la construction du jeu. Vendredi, les Américaines se présenteront certainement dans le même système que les Brésiliennes, en 4-3-3, mais avec une maîtrise collective et des forces individuelles largement supérieures. Bien sûr, tout peut se jouer sur un coup de dés - ou, tout du moins, un coup de pied arrêté -, c'est ce qui fait le charme du sport roi, mais dans l'idée, elles doivent retrouver de la densité au milieu. Alors, quelles sont les options envisageables ?
Option n°1 : garder le 4-2-3-1 mais...

C'est LE système préférentiel de Corinne Diacre. Utilisé à neuf reprises sur onze matches dans l'année de préparation pour ce Mondial, le 4-2-3-1 constituerait le choix le plus classique pour aborder ce choc. Les Bleues y ont leurs repères. Dimanche, l'entrée de Gaëtane Thiney a clarifié les circuits pour les prolongations. Mais malgré cela, ce système soulève toujours des interrogations. La première concerne justement Thiney, dont le rôle et le rendement sont centraux dans l'animation, et qui n'a pas été à son avantage sur ses premières sorties depuis le début de la compétition.
La seconde est relative au positionnement des deux attaquantes latérales, Le Sommer et Diani. Les Bleues misent beaucoup sur les différences individuelles de ces deux joueuses - via la technicité de la Lyonnaise et les percussions de la Parisienne - mais ce plan a des limites si ces deux armes restent trop excentrées. Confinées le long de la ligne, Le Sommer et Diani ne peuvent avoir la même influence dans la construction qu'en repiquant au cœur du jeu comme le font certains leaders techniques qui démarrent sur un côté (Neymar, Hazard etc...). Le schéma est une chose, l'animation en est une autre. Si elles conservent leur système de prédilection, les Bleues peuvent gagner en densité pour éviter d'avoir un no man's land entre le milieu et l'attaque.
Option n°2 : le 3-4-3

Contre le Brésil, Marion Torrent et Amel Majri ont terminé sur les rotules. S'il sera donc nécessaire d'évaluer leur ressources physiques pour aborder un tel rapport de force, l'idée de les utiliser dans un rôle de piston n'est pas à exclure. D'une part parce que Corinne Diacre l'a déjà exploité, à l'automne dernier, contre... le Brésil, pour une victoire 3-1. Et surtout parce que ces deux joueuses ont le profil de l'emploi. Majri a l'habitude d'évoluer plus haut dans son club, où sa patte gauche et sa qualité technique font des ravages. Torrent, elle, joue beaucoup à l'énergie et est parfois apparue en grande difficulté défensive dans son placement contre les Brésiliennes. Positionnées plus haut, ces deux latérales hyperactives densifieraient l'entrejeu dans la construction et seraient moins exposées défensivement si les Bleues coulissent bien avec une défense à trois, dans laquelle Aïssatou Tounkara, par exemple, se joindrait à Mbock et Renard.
Option n°3 : le 3-5-2

Dans le même ordre d'idées, toujours avec une défense à trois, Corinne Diacre a déjà testé une configuration à deux attaquantes. C'était contre l'Australie (victoire 2-0), l'année dernière. Et c'est Diani, dont le coffre et la vitesse sont précieux, qui avait enfilé le costume de piston droit. Cette solution, qui apporterait aussi du nombre au milieu, permettrait à Le Sommer d'évoluer dans une position plus axiale pour exploiter ses prises de balle et sa qualité de frappe. Dans cette configuration, Torrent peut aussi évoluer à droite, et Diani peut glisser en pointe pour apporter des solutions dans la profondeur, même si elle n'a pas le même champ d'action pour placer ses accélérations dans ce rôle, où elle se retrouve parfois dos au but.
Option n°4 : le 4-3-3

Calquer un système sur celui des États-Unis ne serait pas sans risque pour les Bleues, d'autant qu'elles n'ont pas évolué dans cette configuration pendant leur préparation. Mais un 4-3-3 peut être une dernière option viable pour apporter du nombre dans l'entrejeu. Devant, les rôles de Le Sommer et Diani, dont les registres diffèrent, sont bien définis, tout comme celui de Gauvin en pointe. Au milieu, Amandine Henry, qui est la joueuse qui gagne le plus de duels en moyenne, a l'activité et la clairvoyance pour briller dans la récupération comme dans l'utilisation du ballon.


