Face à la Croatie, l'Angleterre s'est heurtée à ses limites dans le jeu

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L'Angleterre a échoué à une marche de la finale du Mondial. Une défaite douloureuse mais pas vraiment illogique pour la bande à Southgate.

Non, la Coupe ne reviendra pas à la maison. L'Angleterre ne rééditera pas l'exploit de 1996 en atteignant la finale du Mondial. Elle n'aura pas fait mieux que la bande à Gascoigne, qui s'était arrêtée au stade des demi-finales en 1990. C'est une énorme déception pour Harry Kane et ses partenaires qui se voyaient déjà sur le toit du monde après leur victoire contre la Suède en quarts (2-0) et l'élan populaire qui en a résulté outre-Manche. Mais, il n'y aura personne pour parler de scandale. Contre la Croatie, les Three Lions ont cédé assez logiquement, même si ce fut après deux heures de jeu, dont une avec un but de plus au tableau d'affichage.

Au regard de son style, l'Angleterre ne pouvait pas aspirer à mieux

L'Angleterre aurait-elle fait un aussi beau finaliste que la Croatie ? On est en droit de se poser la question quand une équipe rejoint le dernier carré d'un tournoi aussi important avec deux tiers de ses buts marqués sur coups de pied arrêtés. C'est un art que de savoir tirer profit de cet exercice, mais le faire au détriment d'un football plus séduisant rend légitime les interrogations concernant le réel niveau de cette équipe. Et, par ricochet, donne aussi raison aux mauvaises langues qui disaient que cette équipe ne serait peut-être pas allée aussi loin dans l'épreuve si elle s'était retrouvée dans la moitié la plus corsée du tableau.

Ce mercredi, face à un adversaire qui s'est montré audacieux et conquérant, contrairement à tous ceux affrontés jusqu'ici –à l'exception de la Belgique qui les a battus (0-1)-, les limites de cette sélection anglaise sont apparues au grand jour. Malgré la chance qu'elle a eu de mener rapidement au score (5e minute), la bande à Southgate n'a pas vraiment su contester la suprématie de son adversaire. Au vu des statistiques de la rencontre, c'est même un miracle qu'elle ait réussi à arracher la prolongation : possession 46% contre 54%, nombre de tirs 11 contre 22 et tirs cadrés 1 contre 7. L'écart est palpable et il n'y avait donc rien d'illogique à ce que les Croates finissent par remporter la mise.

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Une équipe qui a de l'avenir 

L'Angleterre va donc se contenter de la petite finale, celle qui lui sied le mieux. Toutefois, tout en soulignant son style de jeu restrictif, il convient aussi de mettre en avant la combativité et l'esprit d'équipe dont ce groupe a su faire montre tout au long de la compétition. Ce sont les vertus qui ont permis à cette jeune sélection de bousculer les montagnes et de déjouer tous les pronostics. Gareth Southgate avait même l'espoir qu'elles propulsent les siens jusqu'à la finale. "Pour l'instant, nous ressentons tous la douleur de la défaite. De manière réaliste, je ne crois pas que quelqu'un s'attendait nous voir là. Mais une fois qu'on y est, on veut logiquement saisir cette opportunité d'une vie. Le vestiaire était vraiment dans un état difficile aujourd'hui", a-t-il confié avec amertume.

L'Angleterre est allée bien plus loin qu'elle ne le pensait (pouvait). C'était inespéré, mais elle a le droit de croire à une performance aussi bonne dans le futur, voire même meilleure. Car si elle ne possède pas les armes aujourd'hui pour régner sur le monde, elle dispose d'un excellent réservoir de talents et de suffisamment de temps pour pouvoir bâtir sur ce brillant parcours en Russie et poursuivre ainsi sa progression. C'était d'ailleurs le sens du dernier message livré par Southgate avant de s'éclipser : "nous nous sommes concentrés sur les phases arrêtées car nous en connaissions l'importance et cela a été positif pour nous. Notre style de jeu a énormément évolué sur une courte période : nous ne sommes pas parfaits, il y a un long chemin à parcourir mais nous avons gagné des matches que l'Angleterre n'a jamais remportés (…) À mesure que les jeunes vont devenir plus expérimentés et avec aussi l'apport d'autres éléments talentueux, le style de jeu et le côté dangereux que nous avons vont s'améliorer encore plus." Avec ce qu'il a accumulé comme crédit dans ce rôle de sélectionneur depuis qu'il a été intronisé en automne 2016, il est en droit d'émettre des prévisions aussi ambitieuses sur le long terme.

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