Depuis son arrivée sur le Rocher, Benjamin Henrichs est passé par tous les états. Sa première saison en Principauté s'est effectuée dans un contexte collectif très délicat. Dans un entretien exclusif pour Goal et SPOX, l'international allemand a expliqué pourquoi il avait choisi l'ASM et comment il avait vécu le court passage de Thierry Henry sur le banc du club. Ses mots sur le technicien français sont très forts.
Goal : Pourquoi avez vous opté pour l'AS Monaco l'été dernier ?
Benjamin Henrichs : J'ai joué contre Monaco 2016 en Ligue des champions (avec le Bayer Leverkusen, ndlr) et j'ai été très impressionné par la façon dont certains joueurs ont évolué dans leur carrière. Monaco est l'un des meilleurs clubs pour les jeunes joueurs. Je souhaite prendre exemple sur ces joueurs qui sont devenus des stars, et me développer de la même manière qu'eux.
Comment avez-vous réagi quand vous avez appris que Thierry Henry allait devenir votre entraîneur ?
J'étais ravi d'avoir une légende comme Henry comme entraîneur. J'ai vraiment apprécié de m'entraîner et de jouer pour lui. Vous pouvez apprendre beaucoup d'une telle personnalité du football.
Comment était-il au quotidien ?
C’est un perfectionniste qui a beaucoup insisté sur la nécessité de faire chaque exercice proprement. Il était un peu fanatique et je pense qu’il a beaucoup appris de Pep Guardiola au FC Barcelone. Il a pris l’équipe dans une phase très difficile car personne ne savait exactement comment se comporter quand on lutte pour le maintien. De plus, certains titulaires réguliers ont été blessés et de jeunes joueurs sans expérience ont dû combler ces lacunes. C’était très ingrat pour lui.
Quelle image aviez-vous de lui avant de le cotoyer ?
Après la première séance d'entraînement, pendant un moment, j'ai pensé que je rêvais. Soudain, Thierry Henry était mon entraîneur. Quand il a joué à Arsenal ou à Barcelone, il était l'un de mes plus grands héros et je l'ai encouragé devant la télévision. Le fait qu'il me donne maintenant des conseils semblait presque surréaliste. Pour moi personnellement, ce fut une période exceptionnelle.
GettyAvez-vous une anecdote particulière par rapport à Henry ?
Je pense au Joga Bonito. Henry a été l'une des stars de la campagne publicitaire. Il a notamment montré l'un de ses gestes les plus célèbres. Il était derrière le but et a dosé le ballon pour le mettre au fond des filets. Même enfant, j’ai essayé cette technique souvent, mais je n’ai jamais réussi. Après une séance d’entraînement, je l’ai interrogé et il s’est entraîné avec moi pendant 25 minutes. Après ça, je suis allé directement dans le vestiaire parce que je n'étais pas sûr de pouvoir le refaire (rires).
Comment se déroulaient les oppositions à l'entraînement avec lui ?
Lors des matches d’entraînement, il jouait régulièrement avec nous et démontrait encore pourquoi il avait pu jouer à Arsenal et Barcelone. Il nous faisait des petits ponts et quand il était attaquant, il était impossible pour les défenseurs de récupérer le ballon. Dans des moments comme celui-ci, il montrait encore qu’il était un joueur de classe mondiale.
Comment avez-vous vu vécu son limogeage ?
J'ai souffert avec lui. Lorsqu'un entraîneur est limogé, cela signifie généralement que vous êtes coupable en tant qu'équipe. Pour lui personnellement, c'est extrêmement triste. Même s'il n'a pas réussi à Monaco, je suis convaincu qu'il a le potentiel pour devenir un excellent entraîneur.
Propos recueillis par Robin Haack.




