Depuis son arrivée à Monaco durant l'été 2020, Caio Henrique (24 ans) est solidement ancré sur le flanc gauche du club du Rocher qui se déplace ce mercredi à La Beaujoire pour le compte des demi-finales de la Coupe de France. Avec ses 10 passes décisives pour 1 but (toutes compétitions confondues), le Brésilien postule même discrètement à un statut d'international. Reste à savoir sous quelle tunique…
Déjà 10 passes décisives cette saison, toutes compétitions confondues. C'est quoi le secret de ce pied gauche ?
Évidemment, je suis très heureux de la période que je suis en train de traverser sur un plan personnel. Ça fait très plaisir de pouvoir aider mes coéquipiers et aider l'équipe à remporter des matches. Et pour répondre à la question, je pense que le secret, c'est, en un seul mot, le travail. Je travaille beaucoup. J'essaie de vraiment de faire attention au moindre détail, de faire le maximum à l'entraînement pour progresser, pour m'améliorer jour après jour. C'est vrai que c'est un plaisir de pouvoir aider l'équipe, le club et surtout de vivre ce moment-là.
Tu marques ton premier but avec Monaco le 16 janvier dernier face à Clermont (victoire 4-0 de l'ASM). Raconte-nous.
J'avais cette ambition, j'avais cette envie de marquer, j'y pensais depuis un petit moment déjà. Au début de la saison, je m'étais dit qu'un des objectifs, ce serait de marquer avec le maillot de l'AS Monaco et ce moment-là est arrivé. J'étais plutôt tranquille. Je n'étais pas du tout pollué. J'étais vraiment concentré de manière positive. Et puis, cette chance est arrivée contre Clermont. Je savais que j'allais avoir des opportunités pendant la saison. C'est arrivé contre Clermont. J'ai fait cette frappe qui m'a réussi. Et maintenant, l'objectif, c'est d'essayer de marquer d'autres buts avec le maillot de l'AS Monaco.
Comment vis-tu la concurrence à ton poste avec Ismail Jakobs ?
Je pense que c'est une concurrence qui est très saine avec Ismail. Ça nous aide à progresser, tous les deux, d'essayer de donner le meilleur de nous-mêmes, de ne pas nous reposer sur nos lauriers. On a toujours cette envie de travailler dur pour progresser, pour bien faire, pour livrer de belles prestations et, surtout, pour être justement sur le terrain quand le coach choisit sa formation. Je pense que c'est vraiment quelque chose de positif parce que cela nous aide à nous surpasser et ça se passe très bien. C'est bien aussi bien sur un plan personnel que pour le groupe.
“Le rythme de jeu est un peu moins élevé et il y a davantage d'espace dans les pays d'Amérique latine qu'en France.”
Avec Niko Kovac comme Philippe Clement, tu es parfois positionné en meneur de jeu. Dans quelle position te sens-tu le mieux ?
C'est vrai que depuis tout petit, j'évolue à différents postes au milieu de terrain, j'ai beaucoup évolué au poste de numéro dix, de meneur de jeu, mais j'ai aussi évolué au poste de six ou de huit, de milieu relayeur. On va dire que c'est un poste que je connais bien. Maintenant, il est vrai que depuis deux ou trois saisons, je me suis bien fixé au poste de latéral et ça se passe bien. Mais je pense qu'avoir cette polyvalence c'est important. Ça peut aider l'équipe, ça peut aider le coach. Quand on a des blessés ou des petits pépins, c'est important de pouvoir apporter cette polyvalence-là à l'équipe et à l'entraîneur et essayer d'aider si besoin. Mais après, si vous me posez la question, je suis davantage habitué à évoluer au poste de latéral gauche.
Vous êtes trois Brésiliens dans l'effectif monégasque. Jean Lucas et Vanderson étant arrivés cette saison, comment juges-tu leur intégration ? Est-ce qu'elle passe forcément par toi ?
Ça se passe très bien, leur intégration se passe très bien. C'est vrai que quand on se fait des amis du pays et qu'on peut échanger dans la même langue, c'est plus facile pour leur intégration et c'est plus facile pour eux de s'épanouir ici. Donc on s'entraîne bien, on travaille bien tous ensemble avec le groupe et je pense avoir cette possibilité-là de leur apporter cette aide. Forcément, c'est parfait pour leur intégration et pour l'équipe de manière globale.
“J'ai beaucoup d'affection pour l'Espagne, un pays où j'ai vécu pendant plusieurs années. J'y ai vécu de grandes expériences, aussi bien professionnelles que personnelles.”
Dans ta carrière, tu as surtout joué au Brésil. Quelles différences vois-tu entre le foot là-bas et en France ?
Je pense que ce n'est pas seulement avec le Brésil, c'est, de manière plus globale, avec le football d'Amérique latine qu'il faut faire la comparaison. On se rend compte que le rythme de jeu est un peu moins élevé et qu'il y a davantage d'espace dans les pays d'Amérique latine. En France, et c'est de manière globale en Europe, on a affaire à des joueurs qui sont beaucoup plus rapides. L'intensité du jeu est un cran au-dessus. Je dirais que c'est par rapport à cela qu'on peut remarquer des différences.
Avec tes statistiques, cette saison, et les performances de Monaco, notamment en Europa League, est-ce que tu penses à la sélection brésilienne ?
Bien sûr que j'y pense, bien sûr que c'est dans un coin de ma tête et je pense que c'est tout à fait légitime dans la mesure où, depuis tout petit au Brésil, on a tous ce rêve de porter le maillot de la Seleção un jour. Et forcément, c'est dans un coin de ma tête. Maintenant, je dirais que je suis très serein par rapport à cela, parce que si je continue à livrer de belles prestations, si je continue à aider mes coéquipiers à aider l'AS Monaco, je suis sûr que tôt ou tard, j'aurai ma chance. Et si j'ai cette chance-là, il faudra absolument tout faire pour bien l'exploiter.
Pour la Coupe du monde aussi ?
C'est vrai que le Mondial se rapproche, le Mondial est de plus en plus proche. Je pense qu'en tant que footballeur professionnel, il faut toujours parer à toute éventualité et dans ce cadre-là, il faut être prêt pour toute éventualité. Quoi qu'il se passe, je pense qu'il faut être prêt à, éventuellement, être appelé au pied levé et être justement en mesure d'y répondre. Donc, s'il y a cette opportunité, je ferai le maximum pour la saisir.
Et si l'opportunité ne se présentait pas avec le Brésil, l'Espagne serait-elle aussi à considérer pour toi dans la mesure où tu disposes d'un passeport espagnol ?
Vous savez, nous sommes des footballeurs professionnels. Je ne vais pas vous cacher que j'ai beaucoup d'affection pour l'Espagne, un pays où j'ai vécu pendant plusieurs années. J'y ai vécu de grandes expériences, aussi bien professionnelles que personnelles, et je dirais que ça fait partie du football. Si j'ai une opportunité de jouer avec l'Espagne, j'y réfléchirais parce que le football est fait d'opportunités.
