Euro 2020 : "La France est favorite" selon Mircea Lucescu (sélectionneur de la Turquie)

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EXCLU - Le sélectionneur de la Turquie, Mircea Lucescu a réagi au tirage des éliminations de l'Euro qui a vu sa sélection tomber sur la France.

Les nations européennes sont désormais toutes fixées quant aux adversaires qu'ils auront à affronter durant la campagne des qualifications pour l'Euro 2020. Sur le chemin de l'Equipe de France, se dressera notamment la Turquie. Cette sélection ne fait pas partie du gotha continental comme le laisse suggérer sa place au classement FIFA (60e), mais elle sera à prendre très au sérieux, et en particulier devant son public. Après avoir manqué la qualification pour la Coupe du Monde, les Turcs seront grandement motivés pour bien faire. Joint par Goal, Mircea Lucescu, le sélectionneur de l'équipe, en a fait la promesse. Dans l'entretien qu'il nous a accordé juste après le tirage, Il a aussi assuré que ses jeunes troupes ne feront pas de complexes face aux Tricolores, même s'il reconnait que ces derniers sont les "favoris indiscutables" pour passer. Le légendaire technicien roumain s'est délecté de pouvoir vivre cette double confrontation et  de revenir dans un pays qu'il connait très bien. Il y a de cela de très nombreuses années, il était même tout proche de s'installer sur le banc du PSG. 

"Tous les groupes sont difficiles"

Quel est votre sentiment après ce tirage ? Comment le jugez-vous ?

Tous les groupes sont difficiles et équilibrés. Il n'y en a plus des faciles. Il faudra jouer pour gagner tous les matches et chaque match est compliqué et vaudra trois points. Aussi bien ceux contre la France que face à Andorre. La France reste favorite, parce qu'elle vient de gagner la Coupe du Monde, mais aussi en raison de son style de jeu et de l'excellent travail qu'est en train d'accomplir Didier Deschamps à sa tête.

Où on est la sélection turque aujourd'hui ?

Nous essayons de reconstruire petit à petit. Désormais, la moyenne d'age de l'équipe est de 23,24 ans. Moi ce dont je me soucie c'est que la plupart de nos joueurs soient titulaires dans leurs clubs. Ce n'était pas trop le cas avant, mais aujourd'hui ils commencent à avoir du temps de jeu en Europe. Les choses s'arrangent petit à petit, et j'espère qu'on affrontera la France la plus tard possible, histoire que notre équipe soit prête.

La qualification pour l'Euro se disputera avec la France et l'Islande d'après vous ?

Oui, elle devrait se jouer entre ces trois équipes-là. L'Islande a aussi un bon groupe de joueurs, qui jouent ensemble depuis longtemps. Leur Mondial n'avait pas été aussi réussi que l'Euro d'avant, mais ça reste une équipe très disciplinée et forte dans le jeu aérien. Il y a l'Islande et la France, mais il ne faudra pas sous-estimer l'Albanie. Tous leurs joueurs évoluent presque en Italie. Même le match contre Andorre, ça serait une erreur de penser que ça sera facile. Et de toute façon, je le répète, il n'y a aucun groupe facile.

"J'ai failli coacher le PSG"

A domicile, à Istanbul, l'ambiance risque d'être chaude pour la réception de la France...

On ne jouera pas à Istanbul. Car c'est toujours compliqué avec les supporters des trois clubs de la ville. Vu la rivalité qui existe entre eux, les matches de sélection c'est devenu trop difficile. C'est pour ça que nos derniers matches ont eu lieu à Antalya. Et on va continuer à jouer à l'intérieur du pays. Et pour vous répondre, oui, à domicile, nos supporters sont un vrai plus. Cette ambiance nous aide, mais encore une fois, ce qui me préoccupe c'est de pouvoir reconstruire mon groupe d'ici là. On a beaucoup de joueurs talentueux et il faudra faire en sorte que l'équipe soit compétitive d'ici là.

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Il y a aussi une petite pression sur vos épaules du fait de la non-qualification pour le dernier Mondial...

Oui, mais moi je n'étais pas arrivé pour ça. Ce n'était pas ma mission première. Mon rôle était de reconstruire la sélection. Il y avait beaucoup de joueurs de 32,33 ans, qui ont beaucoup donné au pays, mais il fallait faire place aux jeunes. Là, petit à petit, ils prennent de l'expérience ensemble. Et puis, n'oubliez pas que lors du match face à l'Ukraine, il y a eu des erreurs d'arbitrage. Et on m'a suspendu pour le match décisif, et ce trois jours seulement avant le rendez-vous. Je n'avais pas pu transmettre mes consignes.

Venir en France, ça doit vous faire plaisir vu les attaches que vous avez avec ce pays. Vous n'avez jamais défié encore l'Equipe de France comme coach ?

Oui, mais je les ai affrontés comme joueur. C'était il y a très longtemps. J'ai affronté le papa de Djorkaeff (Jean). On a joué dans le vieux Parc des Princes et on a perdu 1-0 (ndlr, 30 avril 1969). Ça reste un bon souvenir. Et puis j'ai aussi affronté plein de fois l'équipe de Michel Platini. Ça reste de très bons souvenirs. Et puis, j'ai failli entrainer le PSG. C'était du temps de l'ancien président Borelli. J'étais même venu à Paris avec ma femme. C'était en 1984. Mon rapport avec la France est très bon. D'ailleurs, je me souviens de mon compatriote Stefan Kovacs qui avait commencé à réorganiser le football là-bas. Je me souviens aussi de nos matches avec le Shakhtar. On a joué à Paris, à Marseille, à Lille, à Nancy. Le dernier match au Parc, on a d'ailleurs fait une belle prestation malgré la défaite. Et puis j'aime bien la France, par rapport à ce qu'elle offre comme perspectives aux joueurs. Je conseille toujours à mes joueurs d'aller dans ce championnat, car il les fait bien progresser.

Propos recueillis par Naïm Beneddra

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