Par Kyrillos Daoud
Un géant que les médias internationaux présentent comme un enfant rebelle qui saccage tout ce qui lui tombe sous la main ; ils le filment dans des moments spontanés et naturels, comme s’il s’agissait d’un enfant surdimensionné qui ne joue pas au football, mais d’une bête dont la simple présence représente un danger pour son entourage.
À peine entré dans sa troisième décennie, il a bouleversé tous les critères de la célébrité mondiale établis par le système actuel du football, un système qui a broyé de nombreux talents et les a accablés de considérations bien plus importantes que le football lui-même, allant même jusqu’à bafouer les notions de nationalisme et d’appartenance. Ainsi, le joueur n’appartient plus à son club ni à son équipe nationale, mais aux agences de publicité et aux sociétés de paris dont les budgets dépassent ceux de certains petits États..
Dès sa première saison professionnelle au Borussia Dortmund, il a inscrit 62 buts en 76 matchs, un ratio exceptionnel qui a alerté les grands clubs internationaux. Il porte aujourd’hui les couleurs de l’un d’eux : Manchester City.
Contrairement à ces stars que les projecteurs traquent, que les créateurs de contenu exploitent et que des agences publicitaires courtisent, Haaland s’est positionné comme un talent brut, affirmant avec force son identité scandinave et son héritage « viking ». Une prise de position qui froisse certains voisins, car elle évoque une histoire de conflits séculaire.
Ils auraient voulu le voir se transformer en simple produit formaté, dépourvu d’opinion et d’appartenance, , ne jurant que par le système qui régit le football mondial, afin qu’il évolue au gré de leurs caprices, oublie ses origines, sa passion et tout le reste, ne se souvenant que d’eux et de leurs ordres. Mais ce jeune Scandinave talentueux a refusé de se présenter sous ces feux de la rampe éblouissants, et son humanité authentique a rejeté cette allégeance, qu’il a clairement proclamée « Je suis venu ici avec mes coéquipiers pour que le monde sache qu’il existe encore dans le football des hommes dont le seul souci est de faire rayonner le nom de leur pays.
À chaque match, puis à chaque victoire, il rappelle aux supporters la célèbre célébration des « Vikings », au cours de laquelle le capitaine et son coéquipier « Odegaard » le tambour au rythme duquel joueurs et supporters norvégiens célèbrent chaque victoire, il adresse un message clair : « Je ne suis pas la star que vous attendez, vous qui suivez ce dossier. Quand il s’agit du “Valhalla”, oubliez l’individu : je cède sans hésiter le brassard à mon coéquipier. »
Dans la mythologie scandinave, le Valhalla est un hall céleste où seuls les héros tombés au combat peuvent prendre place. Ici, ni la célébrité, ni les projecteurs, ni les contrats publicitaires ne comptent : seule la grandeur d’âme ouvre l’accès à ce conseil d’élite.
Erling Haaland s’impose ainsi comme un véritable cri d’alarme humaniste face au système footballistique mondial, qui voulait faire de lui un simple pion du spectacle commercial au détriment du plaisir du vrai football, ce sport le plus populaire au monde.
Je souhaite de tout cœur qu’Haaland et ses coéquipiers sou lèvent la Coupe du monde dans son édition actuelle, alors qu’ils sont déjà sur le point de décrocher cette victoire, que ce soit un véritable cri de révolte contre ces systèmes corrompus qui ont tout gâché dans le monde du football et l’ont transformé en un spectacle de divertissement vulgaire où le contenu l’emporte sur la compétition sportive et où les noms des stars priment sur tout le reste, même au détriment de leurs nationalités et de leurs appartenances.
Qu’Haaland comprenne bien qu’il est devenu le héros de ceux que l’histoire oublie, non pas seulement parce qu’il est un talent hors norme, mais parce qu’il incarne l’image de la star telle qu’ils la rêvent, et non un produit fabriqué par les créateurs de contenu et les agences de marketing qui contrôlent jusqu’à ses relations avec sa famille et ses supporters, et lui interdisent parfois d’utiliser son propre visage, désormais propriété exclusive des marques.

