France USA

Équipe de France féminine - Si proches, si loin

Pour la cinquième fois de suite, les Bleues s’arrêtent en quart de finale d’une compétition internationale. Après l’Euro 2013, la Coupe du monde 2015, les JO 2016 et l’Euro 2017, la malédiction a de nouveau frappé cette sélection. Cette fois-ci, relever la tête ne sera pas évident. Tout était réuni pour un premier grand titre, avec le premier Mondial de l’histoire organisé en France mais voilà, la montagne américaine a été trop compliquée à franchir. Un col hors-catégorie qui renvoie les Bleues à leurs propres réalités : celles d’une équipe incapable de concrétiser son potentiel depuis tant d’années.

Pas de JO, pas de regrets

La sentence est double puisqu’en plus de ne pas rejoindre le dernier carré à Lyon la semaine prochaine, les Bleues seront privées de Jeux Olympiques l’an prochain à Tokyo. Un aspect qui n’a pas perturbé la sélectionneure à l’heure du bilan. "Les JO étaient un objectif secondaire et même en demi-finale, ça n’aurait pas suffi. On n’a pas beaucoup de regrets." Si le Japon était encore loin, Lyon était bien l’objectif numéro un de ce tournoi pour le pays hôte.

Préparées pour ce quart de finale couperet depuis le tirage au sort en décembre dernier, les Bleues ont été d’abord naïves avec cette ouverture du score très tôt dans la rencontre (5e). Ensuite, il y a eu une montée en puissance progressive, symbolisée par une second période bien plus convaincante. Malheureusement, les joueuses de Corinne Diacre n’ont pas fait preuve de réalisme dans les deux surfaces et ont été une nouvelle fois punies au pire des moments, alors que l’équipe américaine n’était presque plus dangereuse.

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"Elles ont eu peur mais pas assez"

Le but de Wendie Renard a réveillé quelques instants l’espoir d’une fin de match totalement folle mais les Bleues n’ont pas su s’appuyer suffisamment dessus pour insuffler le doute dans l’esprit des tenantes du titre. "C’est une émotion très spéciale, notait Gaëtane Thiney. Je n’ai pas l’impression que ça s’arrête là. On a vécu quelque chose d’énorme avec le public, j’ai cru qu’on allait le faire avec ce but de Wendie Renard mais non (…) Même à 2-0 elles sont passées à 5 derrière, on commençait à trouver des failles un peu partout. Elles ont eu peur mais pas assez."

Du côté de Corinne Diacre et de son staff, il n'y avait pas de doute sur ce qui a été préparé et fait en amont dans cette Coupe du monde. Sous contrat jusqu'en 2021, la sélectionneure ne se voyait pas un seul instant renoncer à sa mission à la tête des Bleues. "Je ne suis pas du genre à renoncer. Le président m’a fait confiance sur un bail assez long. La décision lui revient. J’ai du travail encore, beaucoup de choses à peaufiner. C’est un échec sportif, j’espère qu’on a gagné autre chose : le coeur des gens."

Que faut-il retenir alors de cette compétition ? Elle aura eu le mérite, comme l'indique Diacre, d’activer le levier de la ferveur qui a dépassé toutes les attentes pour les matches de Bleues. Sur chaque match, de Paris à Rennes, en passant par Le Havre et Nice, elles ont évolué à chaque fois à guichets fermés. Une très belle avancée pour des joueuses habituées parfois en championnat à évoluer devant 200 spectateurs. "Si on devait retenir une seule chose positive c’est bien ça", notait Amandine Henry dans les couloirs du Parc des Princes.

Le soutien populaire est un facteur important mais les résultats conditionnent aussi le niveau international. La grande majorité des joueuses a quitté le terrain la tête basse et a traversé la zone mixte avec les yeux rouges. Elles sont conscientes d'être passées à côté d'une victoire encore plus grande que le soutien massif des Français, avec cette quête encore inachevée du premier sacre international. "Il faut laisser retomber la pression, ce n’est jamais bon de réagir à chaud", indiquait Diacre en conférence de presse. Le temps lui donnera peut-être raison.

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