Promu capitaine de l'équipe de France Espoirs en l'absence d'Abdou Diallo pour l'Euro Espoirs (16-30 juin), Lucas Tousart s'est présenté devant la presse ce mercredi en marge du rassemblement à Clairefontaine. Le Lyonnais a ainsi donné son éclairage sur la liste de Sylvain Ripoll.
Comment se sont passées les retrouvailles avec le groupe et quelle est votre approche sur le brassard dont vous héritez en l'absence d'Abdou Diallo ?
Lucas Tousart : "On est très heureux de se retrouver. Certains ont arrêté leur championnat il y a une ou deux semaines. Nous, en Ligue 1, on a fini il y a moins d'une semaine. On a hâte de démarrer tous ensemble. Pour moi, c'est vrai que la donne a évolué. C'est un rôle qui me correspond et je vais l'assumer pleinement cet été."
Cela va-t-il changer quelque chose dans votre comportement ou est-ce plutôt naturel pour vous ?
"J'ai déjà été capitaine sur les précédents rassemblements. Abdou (Diallo) n'a pas toujours été présent, il avait eu quelques soucis aussi. Je suis prêt à l'assumer et ça ne me fait pas peur de répondre de cette manière pour l'équipe."
Avez-vous pu échanger avec Abdou Diallo sur ce rôle depuis l'annonce de la liste ?
"Non, non. Je n'ai pas eu l'occasion d'échanger avec lui. Je l'ai eu, mais c'était avant la liste... Je n'ai pas eu d'échanges depuis."
Comment l'envisagez-vous ce rôle ?
"Il faut montrer l'exemple pour le groupe, ça passe par là. Il faut savoir faire le relais avec le staff. On va passer beaucoup de temps ensemble. Il n'y aura pas forcément de conflits, mais certaines choses devront être dites. Certains auront peut-être des envies particulières. Il faudra savoir prendre la parole quand ça va, mais aussi quand ça ne va pas tout en étant performant sur le terrain. Il faudra amener de la confiance en parlant avec l'équipe."
Le coach a rappelé qu'il attendait aussi d'autres relais. Est-ce pour vous aussi une notion de collectif avant tout ?
"Ce n'est pas quelque chose de figé. D'autres joueurs ont un rôle très important dans l'équipe. Plusieurs personnes, avec le temps et l'avancée de la compétition, peuvent être amenées à prendre la parole. Dans ce groupe, tout le monde a le droit de donner son avis, et c'est comme ça que ça marchera le mieux."
Sentez-vous une atmosphère particulière ?
"C'est différent. On sent tout de suite qu'on n'est pas là pour une semaine et deux matches. Il y a toute une aventure qui peut se passer derrière. On est excités de la commencer. On a travaillé pendant deux ans et demi, on a parfois joué dans des stades avec une atmosphère difficile. C'est notre récompense, il faut qu'on prenne conscience qu'on a quelque chose de grand à faire durant cet Euro."
GettyL'équipe de France Espoirs est-elle un favori naturel de l'Euro ?
"Je pense qu'on est attendus. Il y a de grosses nations dans cet Euro et la conception du tournoi est difficile. On n'a pas le droit à l'erreur sur le premier tour, et même sur toute la compétition. Si on veut aller au bout, il faudra gagner les cinq matches et c'est ce qui est délicat. Dès le premier match, il faudra tout donner."
Quelles sont vos ambitions pour le match de lundi ?
"Je pense qu'il faut s'habituer à gagner. C'est important de trouver des repères dans le jeu, bien sûr, mais c'est très important de gagner aussi car quand on arrivera sur notre premier match, un nul ou une défaite ne suffiront pas."
Comment décririez-vous votre relation avec Sylvain Ripoll ? Est-ce similaire à ce que vous avez connu avec Ludovic Batelli à l'époque ?
"Oui, c'est vrai qu'en tant que capitaine ou vice-capitaine j'ai plus l'occasion de parler avec le coach. Je peux parler de certains thèmes de la préparation, des entraînements. Il est très à l'écoute de nos demandes, de la façon dont on ressent les choses. En retour, il attend qu'on lui fournisse des entraînements et des matches de qualité. C'est une relation de confiance. Il nous donne les moyens de bien jouer et de se faire plaisir. Après, c'est à nous de faire le taff sur le terrain."
Que pensez-vous de la question du leadership dans ce groupe ?
"Il y a une colonne de leaders. Je pense à Paul Bernardoni, qui est là depuis longtemps. Il y a des joueurs d'expérience même si malheureusement on a perdu Abdou en défense centrale. Houssem Aouar est là depuis longtemps, il y a aussi Moussa Dembélé. Certains joueurs connaissent bien la sélection. J'en ai cité que trois, mais il y en a beaucoup qui peuvent avoir ce rôle de leader. Je ne suis pas le seul à parler sur le terrain ou dans le vestiaire."
À Lyon, vous faisiez partie d'un petit conseil des sages. Comment cela se passe en équipe de France Espoirs ?
"On est quatre ou cinq en équipe de France Espoirs. On a des petites réunions avec le staff technique et le coach. On voit des choses qui se sont passées, certaines qui n'ont pas plus au coach. On essaye de lui apporter des réponses même si parfois on ne les a pas. C'est bien, on a un dialogue avec le staff. Ils ne sont pas fermés dans leur position. Si on sent qu'on était mieux dans un système qu'un autre, on le dit. C'est important d'avoir quatre ou cinq relais pour remonter ce genre de choses."
Qui sont ces relais ?
"Paul (Bernardoni), Moussa (Dembélé). Moussa Niakhaté aussi, Houssem (Aouar). Cela varie parfois."
Sylvain Ripoll avait annoncé vouloir remettre l'équipe de France Espoirs au-dessus de tout. C'était une de ses missions principales dès son arrivée.
"Et je pense qu'il a envoyé des signaux forts en prenant ce groupe. Il a privilégié la notion de groupe et je pense qu'il n'a pas pris les meilleurs 23. Il a pris le groupe qu'il pensait le plus fort pour soulever le trophée."
Benjamin Quarez, à Clairefontaine.
