Thomas Tuchel et Didier Deschamps ont un point commun : ils sont tous les deux régulièrement invités à s'exprimer sur le poste de Kylian Mbappé. Une nouvelle fois, l'entraîneur allemand du PSG a répété que son jeune joueur était un attaquant de pointe, ce qui entre en contradiction avec la manière dont Didier Deschamps l'utilise en équipe de France. En conférence de presse, ce mercredi, le sélectionneur des Bleus a livré son analyse, entre autres sujets abordés le premier jour du rassemblement.
Thomas Tuchel a répété que Kylian Mbappé était pour lui un attaquant de pointe, partagez-vous son point de vue ?
"Ce sont les absences de Cavani et de Neymar qui ont positionné Kylian seul en pointe. Il a été efficace, il a marqué beaucoup de buts. Mais c'est une question d'animation. Les choix que doit faire Tuchel avec le PSG, moi je n'ai pas forcément les mêmes problématiques. Kylian a cette capacité à créer, marquer et faire marquer dans toutes les positions. Maintenant, si vous leur demandez, ces joueurs là répondront qu'ils préfèrent l'axe. Ce n'est pas que pour marquer des buts, c'est aussi parce qu'il y a moins d'efforts défensifs à faire (rires)."
Qu'est-ce que cela change dans la relation entre Antoine Griezmann et Kylian Mbappé s'il venait à jouer en pointe plutôt que sur le côté droit ?
"Ça ne concerne pas que ce duo là. Kylian et Olivier n'ont pas du tout le même profil et c'est toute l'animation offensive qui est différente selon le joueur qui occupe la pointe. Pour Griezmann ça ne change rien, il ne va pas changer sa manière de jouer. Il y aura beaucoup plus de vitesse et de profondeur avec Kylian devant mais s'il y a des centres dans la surface... Kylian a beaucoup de qualités mais je ne crois pas que le jeu aérien en fasse partie. Du coup c'est un équilibre à trouver avec ce quatuor pour apporter le plus de solutions possibles pour être efficace."
Le genou de Samuel Umtiti fait débat depuis longtemps, pouvez-vous affirmer qu'il est en capacité d'enchaîner les matches ?
"Il n'y a pas de souci sur l'état physique de Sam. Il a été arrêté de longs mois avant la Coupe du monde et après. Pendant le tournoi on a fait en sorte qu'il soit opérationnel et il a été très opérationnel. Ça a été moins bien après, il a été éloigné longtemps. Comme tous les joueurs qui ont un probleme important il doit adapter, avant et après les entraînements, en récupération. Il a joué et il joue avec Barcelone."
Est-ce que sa forme physique vous pousse à revoir la hiérarchie et passer Clément Lenglet, qui est titulaire au Barça devant Umtiti, en numéro 1 ?
"Certes Samuel joue moins que Lenglet qui a beaucoup plus joué que lui. Mais la hiérarchie est évolutive, il y a une concurrence pour être dans les 23 et les deux y sont. Quand ils y sont il y a une concurrence logique et naturelle pour faire partie du 11 de départ. Mais vous parlez de Sam Umtiti qui est depuis des années avec nous et qui a joué de grandes compétitions. Si Lenglet est là c'est qu'il a la qualité pour y être mais on ne va pas balayer la situation de Sam Umtiti. On ne peut pas balayer d'un seul coup le nombre de sélections, les automatismes, les matches accumulés et la connaissance de l'équipe de France. Clément ne peut pas l'avoir puisque c'est la première fois qu'il vient avec nous."
Vous aurez 15 jours de rassemblement et donc un temps plus long que d'habitude avec les joueurs, est-ce le bon moment pour tenter de nouvelles choses, sensibiliser les joueurs sur quelque chose en particulier ?
"On passe plus de temps ensemble, on n'est pas habitués à avoir des stages aussi longs. Ça permet de voir les joueurs plus longtemps dans la vie de groupe, entre ceux qui jouent, ceux qui ne jouent pas. On aura plus de temps pour préparer notre premier match des éliminatoires mais c'est tout, non je n'ai pas de message particulier à leur passer."
Avez-vous des nouvelles de N'Golo Kanté qui est incertain pour la finale de l'Europa League ce soir ?
"Il n'y a pas de quoi s'inquiéter. Il est légèrement touché au ligament mais il est dans le groupe de Chelsea pour jouer la finale de la Ligue Europa ce soir. Je en sais pas s'il débutera ou non, je n'ai pas l'information mais il est censé être disponible pour le match de ce soir."
Un petit mot sur Thomas Lemar qui ne vient plus régulièrement avec vous, quel regard portez vous sur sa saison ?
"Il a changé sa façon de jouer, de s'entraîner aussi sûrement. On lui demandait des choses auxquelles il n'était pas habitué. Ça lui a permis d'élargir sa palette dans tout ce qui est jeu sans ballon et efforts défensifs. Parfois ça vient au détriment de sa créativité. Thomas a gardé sa qualité qu'il a montré peut-être par intermittence cette saison mais il est beaucoup mieux en cette fin de saison."
Que pensez-vous de la réforme de la Ligue des champions et de son impact sur l'équipe nationale ?
"C'est un problème pour les championnats mais pas seulement. Pour l'équipe nationale, il faudra trouver des dates dans un calendrier déjà bien chargé. Je ne vois pas ça d'un bon oeil parce que ce serait sur deux périodes concentrées pour faire deux fois 4 matches. Si on passe 15 jours ensemble avec 4 matches on n'aura pas le temps de s'entraîner, ce ne sera que de la récupération. Le lien avec les supporters est aussi impacté, déjà qu'on ne les voit pas beaucoup, s'il n'y a plus que deux périodes dans l'année ça me semble très compliqué. Sur un plan technique, ces périodes là ne seront faites que de matches qualificatifs donc pour faire apparaitre des jeunes et les incorporer ça me parait compliqué aussi."
Il y a une profusion de talents en France dans l'axe gauche de la défense, deux gauchers peuvent-ils jouer ensemble ?
"Ça peut arriver ponctuellement que dans un cub qu'il y ait deux gauchers. Mais un gaucher dans l'axe droit, c'est très rare parce qu'en général les gauchers ont un pied droit aléatoire. Quand on regarde au très haut niveau je ne crois pas que ce soit arrivé souvent. Pour les sorties de balle sur le plan technique c'est mieux d'être sur son bon pied. C'est pour ça que dans la construction des listes je fais en sorte de ne pas avoir trois gauchers. On est dans une exigence de très haut niveau et je préfère ne pas être confronté à cela."
