ENTRETIEN - Ruben Aguilar (Montpellier) : "Après le match face au PSG, la Bolivie m'a contacté..."

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Débarqué en Ligue 1 à 24 ans, le latéral droit de Montpellier se fait petit à petit une place de titulaire sous les ordres de Michel Der Zakarian.

Du football professionnel, Ruben Aguilar n’avait, jusqu’à présent, connu que la CFA avec Grenoble, et la Ligue 2 avec Auxerre. A 24 ans, il découvre donc le très haut niveau en signant à Montpellier cet été. Après un début de saison entamé sur le banc héraultais, il prend ses marques et prétend désormais à une place de titulaire. Le latéral droit a pris son temps avant d'évoluer dans l’élite mais ne souhaite pas pour autant brûler les étapes. Même si ses performances font parler jusqu’en Bolivie et donnent lieu à des situations cocasses…Le Français s'est confié à Goal sur ses premiers pas en Ligue 1 et ses ambitions.

Vous êtes arrivé à Montpellier cet été en provenance d’Auxerre. Pourquoi avoir choisi le MHSC ?

J’étais en fin de contrat à Auxerre. Le MHSC s’est vite manifesté. Je l’ai choisi parce qu’ils ont témoigné une réelle envie de me voir venir et ils m’ont fait comprendre qu’ils me voulaient vraiment. Le projet me plaisait. C’est un club familial. Le cadre de vie est pas mal ici. J’avais vraiment envie de venir ici.

Vous a-t-on garanti du temps de jeu ?

Non. Contrairement à ce que l'on peut penser, personne ne m’a dit que j’allais jouer. On m’a surtout dit qu’avec du travail, en étant sérieux et en faisant ce que je savais faire, j’aurais ma chance.

C’est donc votre première saison en Ligue 1. Comment s’est passée la transition entre les deux paliers ?

On peut dire qu’il y a un niveau d’écart quand même. Au niveau de la concentration et de la rigueur, je l’ai bien ressenti. Il faut être concentré durant tout le match, être attentif à ce qui se passe, à la communication. Ça va aussi beaucoup plus vite. Il y a plein de petits détails qui font que la Ligue 1 est un championnat assez supérieur à la Ligue 2.

Vous avez été titulaire à trois reprises sur quatre matches disputés...

C’est une preuve de confiance pour moi. Après, j’essaie de rendre au staff ce qu’il me donne en me permettant d’avoir ma chance de jouer. J’essaie d’être sérieux, d’être combatif, de donner le maximum et d’apporter ce que je peux apporter. Michel Der Zakarian est un coach qui demande beaucoup de concentration et de rigueur au quotidien. Comme tous les entraîneurs, il nous demande de mouiller le maillot. Il donne beaucoup à ses joueurs et aime recevoir en retour. C’est ce que j’essaie de faire.

Vous avez réalisé l’un de vos meilleurs matches face au PSG (0-0) à la Mosson le week-end dernier lors de la 7e journée de Ligue 1, ndlr), après seulement quatre matches en Ligue 1. Qu’est-ce qu’on ressent dans ces moments-là ?

N’importe quel joueur qui fait un match nul contre le PSG de cette année sera content parce que ce n’est pas n’importe quelle équipe. J’étais content de ma performance et j’étais fier de toute l’équipe mais aussi du staff. On a fait un gros travail collectif avant toute chose. Avant le match, le coach nous a dit que rien n’était impossible, que si on avait envie de les battre ou d’accrocher quelque chose face au PSG, c’était possible. Quand on a envie, on peut faire de belles choses. A la fin du match, il nous a félicité et il nous a dit qu’il faudrait rééditer la performance face à Monaco, qui ne sera pas un adversaire facile non plus.


"Face à Monaco, ce sera plus compliqué que face au PSG"


Vous avez joué face au PSG le week-end dernier. Vous rencontrez Monaco ce week-end puis Nice dans une semaine. Comment vous préparez-vous pour ces chocs qui se succèdent ?

On se prépare normalement. On sait que ce sera des matches difficiles. C'est des superbes matches à jouer. Mais si on met la même envie que face au PSG, on peut réaliser de belles choses. Ce sera compliqué mais on est capable de faire quelques bons résultats.

Michel Der Zakarian a dit que ce match serait plus compliqué que face au PSG. Êtes-vous d’accord avec votre coach ?

Il a raison. On se prépare différemment parce qu’on sait que ces deux équipes n’ont pas les mêmes qualités. Elles ont des défauts aussi. On va essayer de se concentrer sur ça même si ça reste un match très compliqué. On va essayer d’aller là-bas et d’en ramener un résultat positif. On va défendre, on va donner notre vie, entre guillemets, comme contre n'importe quelle équipe de Ligue 1.

Vous n’étiez pas encore là, mais la saison dernière, Montpellier avait encaissé 6 buts à Monaco (6-2 lors de la 10e journée, ndlr)...

L’objectif est simple, c’est d’en prendre zéro (rires). Après, le reste suivra. On vise un résultat positif. Si on a les occasions pour aller chercher la victoire, on ira chercher la victoire.

Vous avez 24 ans. Vous avez un plan de carrière ?

Avant tout, j’aimerais réaliser une première très bonne saison en jouant le plus de matches possibles. Le reste, on verra. C’est encore trop tôt pour parler d’un avenir ailleurs. J’aimerais d’abord m’imposer ici, ensuite on verra.

Collectivement, quelle place visez-vous avec le MHSC cette saison ?

On vise le maintien. On cherche à se maintenir le plus rapidement possible pour prendre de l’avance sur nos concurrents directs en prenant le plus de points possibles et souffler un bon coup. Ensuite, si on peut jouer les places de première partie de tableau ou un peu moins, on ne va pas s’en priver. 

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Vous avez un peu côtoyé le regretté Louis Nicollin. Sentez-vous une atmosphère particulière au sein du club ?

Pour être honnête, je ne l’ai vraiment pas connu. Quand il est décédé, j’ai compris que le club, la ville et le football en général, perdaient quelqu’un de vraiment important. Le club a un président (Laurent Nicollin qui a commencé au MHSC en tant que président délégué en 2002, ndlr) qui avait repris les choses il y a un moment déjà. C’est un président jeune qui a envie de marcher sur les traces de son père et continuer le travail entamé par Louis Nicollin.

Vos prestations ont tapé dans l’œil des observateurs, et ce, jusqu’en Bolivie… 

La Bolivie m’a contacté. C’est quelque chose d'assez étrange quand même (rires). Je crois qu’à la base, tout cela part du jeu "Football Manager." Ils m'avaient mis la nationalité bolivienne en plus de la nationalité française. L’année dernière déjà, j’avais reçu des messages de Boliviens après mes matches. Après la rencontre contre le PSG, ça a été multiplié par cent. On a parlé de moi sur les réseaux sociaux, ça a encore accentué les choses. J’ai reçu beaucoup de messages. Apparemment, en Bolivie, ils parlaient de moi à la télévision en disant que j’étais sélectionnable. J’ai reçu beaucoup de demandes venant de là-bas. J’ai été obligé de faire un communiqué sur ma page pour expliquer que je n’étais pas Bolivien donc pas sélectionnable pour la sélection (rires). Je suis Français par ma mère et Espagnol par mon père. Je n’ai pas encore de double nationalité mais ça fait un moment que j’ai envie de l’avoir. C’est plus par rapport aux liens familiaux que pour prétendre à la sélection espagnole. Quand un joueur joue et fait des bonnes performances, il est vite sur le devant de la scène. Il faut quand même rester sérieux, faire abstraction de certaines choses et ne penser qu’au terrain.

Propos recueillis par Julie Yalap

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