ENTRETIEN - Équipe de France Espoirs, Jeff Reine-Adélaïde : "J'ai su rebondir et aujourd'hui je suis récompensé"

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EXCLU GOAL - Retenu par Sylvain Ripoll pour disputer l'Euro Espoirs (16-30 juin), Jeff Reine-Adélaïde compte bien saisir sa chance avec la sélection.

Il a un côté atypique par son profil dans la liste de Sylvain Ripoll. Capable de jouer à droite comme dans l'axe du milieu de terrain tricolore, l'Angevin Jeff Reine-Adélaïde (21 ans) présente des qualités multiples qui pourraient offrir certaines garanties à l'équipe de France Espoirs pendant l'Euro (16-30 juin). Passé plus jeune par Arsenal (2015/18), il s'est confié à Goal en marge du rassemblement à Clairefontaine, déterminé à montrer ses qualités tout au long de la préparation.

Cette sélection, c'est la récompense de votre saison avec Angers et du travail que vous avez effectué depuis votre départ d'Arsenal ?

Jeff Reine-Adélaïde : Bien sûr. C'est une récompense. Ma saison avait bien démarré, puis j'ai connu un moment de trou. J'ai su rebondir et aujourd'hui je suis récompensé de mon travail. Je me suis beaucoup investi et c'est la récompense d'une belle saison quand même.

On avait du mal à vous situer avant de vous voir exploser en tant que milieu relayeur en fin de saison. Est-ce le poste auquel vous vous sentez le plus à l'aise ?

C'est clairement le poste auquel je me sens le mieux. J'ai commencé à ce poste plus jeune. Après, j'ai été mis sur les ailes, mais pour moi c'est là où je peux le plus exploiter mes qualités.

Qu'appréciez-vous en particulier à ce poste de milieu relayeur ?

Je suis un joueur de ballon et au milieu c'est nous qui dictons le jeu. On doit le faire à bon escient, en aidant les partenaires. On doit défendre aussi. C'est ce que j'apprécie même si par mes qualités j'aime surtout donner le tempo. Je regarde beaucoup les joueurs professionnels à ce poste, et certains m'inspirent énormément.

Pouvez-vous les citer ?

Je regarde beaucoup ce que fait Pogba, avec Manchester ou en équipe de France. Avant, il y avait aussi Abdou Diaby. C'est un joueur qui m'a toujours impressionné. C'était l'un des meilleurs à son poste. Il y en a plein d'autres, mais Pogba et Diaby, ce sont les deux que j'ai le plus observé parce qu'on a un petit peu le même profil longiligne.


"Je regarde beaucoup ce que fait Pogba"


Vous avez évoqué l'aspect défensif. Ne pensez-vous pas que vous avez encore des progrès à faire dans ce secteur ?

J'ai évidemment des progrès à faire sur cet aspect. C'est un axe de progression pour moi, d'autant que les demandes ne sont pas les mêmes au milieu que sur les côtés. Je dirais que c'est mon grand axe de progression, avec les statistiques. Je vais bosser pour être encore plus performant la saison prochaine.

Votre polyvalence apporte-t-elle certaines garanties au sélectionneur selon vous ?

Je pense que oui. La polyvalence, c'est quelque chose que le coach apprécie. Mais c'est lui qui a les cartes en main. Nous, on est juste là pour donner le meilleur à chaque fois qu'on est appelés. Il faut répondre présent et être le plus performant possible, peu importe le poste.

Sylvain Ripoll vous a-t-il dit s'il comptait vous faire jouer dans l'axe ou sur un côté ?

Je ne sais pas encore. J'ai été utilisé aux deux postes lors des précédents rassemblements, d'abord en milieu relayeur puis sur le côté. Je suis à la disposition du coach. S'il souhaite me faire jouer à droite, je ferai tout pour être performant. Et ce sera pareil dans l'axe. On est un groupe, on a un objectif commun et il faut respecter ça.

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Jeff Reine Adelaide Angers Ligue 1

Il y a eu chez vous un déclic, semble-t-il, contre Rennes cette saison où vous marquez un doublé. Est-ce votre match référence ?

Le vrai déclic, il a plutôt été contre Montpellier. Ça faisait pas mal de temps que j'étais sur le banc et je suis rentré à la mi-temps au milieu de terrain. C'était la première fois de la saison que je jouais à ce poste. Dès mon entrée, je me suis dit que c'était une opportunité, que je pouvais me montrer à mon vrai poste. Avec l'équipe et Angelo Fulgini, on a su inverser la tendance pour revenir au score. Ça a vraiment été un déclic pour moi cette saison.

Pensez-vous avoir passé un cap et sur quels aspects ?

J'ai passé quelques paliers, c'est vrai, même s'il m'en reste encore à franchir. Je pense avoir une bonne marge de progression et je dois m'entraîner chaque jour le plus possible pour atteindre mes objectifs. Mentalement, ça a été la saison la plus aboutie pour moi. Je suis passé par toutes sortes d'émotions. Des bonnes comme des moins bonnes... Il a fallu les gérer, ça a parfois été compliqué. Mais aujourd'hui, je suis heureux d'avoir vécu ces moments que je serai sûrement amené à revivre par la suite. Grâce à cette saison, je serai mieux dans ma tête pour les appréhender.


"Arsenal, j'ai refermé ce chapitre"


On vous imagine assez fort mentalement avec ce que vous avez vécu aussi à Arsenal. Est-ce le cas ?

Arsenal, c'était un chapitre. Je l'ai refermé pour écrire une nouvelle histoire.

On a le sentiment que vous ne voulez plus trop parler d'Arsenal. Pourquoi ?

C'est vrai que j'aimerais qu'on me parle un petit peu moins d'Arsenal. J'étais jeune. C'était compliqué. Il y avait une concurrence tellement rude que c'était difficile de rentrer dans les papiers du coach. Aujourd'hui, je suis très heureux de la saison qu'on a réalisé avec Angers. On était très contents de se maintenir assez tôt. Je ne retiens que le positif.

Unai Emery vous avait-il clairement dit l'été dernier qu'il ne comptait pas sur vous ?

Oui, il m'a dit que le club ne comptait pas trop sur moi. J'ai pris un petit coup au moral, mais Angers était à l'affût. C'était une nouvelle chance, un nouveau départ. Le train ne passe pas souvent et j'étais content de remonter dans le bon wagon.

Peut-on s'attendre à vous voir quitter Angers cet été ?

Mon envie, c'est d'être dans le meilleur projet possible. Avec mon frère, qui est aussi mon agent, on s'est dit qu'on ne refusait rien. On va étudier les projets, sans oublier Angers qui m'a permis d'être là où je suis aujourd'hui. On a l'un des meilleurs directeurs sportifs en France (Olivier Pickeu). Je travaille avec un coach (Stéphane Moulin) qui m'apprécie tout particulièrement. Il y aura des discussions et on est tous assez intelligents pour se parler et prendre les bonnes décisions.

Si vous étiez amené à partir, ce serait pour la France ou l'étranger ?

On ne sait pas de quoi est fait demain, mais j'aimerais bien rester en France pour continuer à passer des paliers avant, pourquoi pas, de rejoindre un grand club.

Propos recueillis par Benjamin Quarez, à Clairefontaine.

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