Entretien - Alexy Bosetti : "La meilleure décision de Rivère à Nice ? Nommer Claude Puel"

Commentaires()
Getty Images
Désormais au FC Energy Oklahoma (D2 américaine), Alexy Bosetti s’épanouit de nouveau loin de la France même s’il garde des attaches chez lui, à Nice.

Depuis le mois de janvier, Alexy Bosetti a quitté Laval en National pour rejoindre l'Energy FC à Oklahoma, en USL, à savoir la seconde division américaine. Il a été révélé en 2013 avec le titre de champion du monde U20 aux côtés de Pogba et d’Umtiti notamment. L’attaquant de 26 ans s’est confié à Goal en évoquant sa découverte des États-Unis mais aussi Nice, son club formateur, auquel il reste associé.

Goal : Vous avez fait le choix de partir vers les États-Unis à seulement 26 ans. Comment s’est concrétisé votre départ ?

Alexy Bosetti : J’étais à Laval où je discutais avec un ami. J’étais déjà venu m’entraîner aux États-Unis l’été dernier, j’ai préféré prendre un truc sûr ici comme ma femme était enceinte. Au mois de novembre, on a discuté avec un agent qui s’occupe des joueurs français aux États-Unis, comme ça ne se passait pas forcément bien à Laval, j’ai regardé des propositions. J’allais être au chômage et j’ai tout connu en France. Du coup je me suis dit 'pourquoi pas ?'


"Je sais que je ne gagnerais plus 50 000 euros par mois."


Avez-vous fait le tour de la question en France ?

Le National devenait lassant, je ne regrette pas du tout les 12 heures de bus pour aller jouer à Rodez. La Ligue 2 ne me branchait pas plus que ça et la Ligue 1... bon, voilà. Rejoindre les États-Unis, c'était une vraie opportunité.

La Major League Soccer était inaccessible ?

Pour la MLS, il y a des quotas de joueurs étrangers notamment pour les gros contrats. On a commencé à se concentrer sur l’USL avec mon entourage, la seconde division. J’ai été tenté par le défi. Je sais que je ne gagnerais plus 50 000 euros par mois donc du coup, j’ai donné mon accord. Deux semaines après, je suis parti à Oklahoma. La ville a compté je pense, plus que le club. Ça s’est fait assez vite car 80% de l’effectif change à chaque intersaison. Il n’y a plus que quatre joueurs de la saison dernière.

Votre rythme de joueur professionnel change-t-il par rapport à la France ?

Le quotidien est pareil qu’en France. Niveau organisation, c’est même plus professionnel que certains clubs de Ligue 2. Certains terrains, notamment ceux pour l’entraînement sont meilleurs que Nice à l’époque du Ray. Le centre d’entraînement est super moderne et ici, il y a un aspect communautaire. Notre salle de musculation, dont la taille est gigantesque, se trouve dans un hôpital.

Les supporters sont-ils au rendez-vous lors des matches à domicile ?

On a un terrain un synthétique qui n’est pas terrible. On tourne à 4000, 5000 supporters par match ce qui n’est pas dingue. Sacramento est à 12 000 places avec des tribunes sympas. Quoiqu’il arrive ça change du National. Ça reste très professionnel avec une organisation spéciale à chaque match : il y a des feux d’artifice, l’hymne américain, un show à la mi-temps… Les supporters ici ont le droit aux pots de fumée et sont assez libres dans leur manière de soutenir le club.

Quel est le niveau global du championnat ?

Il y a pas mal de joueurs venus des Caraïbes avec des Jamaïcains, des internationaux de Trinité-et-Tobago… C’est pas mal puissant, ça va vite mais ça manque peut-être un peu de technique et de tactique. Ils n’ont pas eu de centre de formation donc ça se comprend, mais physiquement ce sont des bêtes. J’ai un coéquipier qui fait moins de 11 secondes au 100 mètres.

Comment la population vous perçoit en tant que footballeur là-bas ?

Ici, quand tu es un sportif, t’es dans une case à part. Même quand tu joues au football, les gens sont intrigués et te posent pas mal de questions. Il n’y a aucun cliché comme en France, pour autant, tu n’es pas idolâtré. Ça se comprend, car le basket occupe une immense place dans la ville avec le Thunder.

Avez-vous encore des contacts avec Nice, votre club formateur ?

Je regarde tous les matches dès que je peux. Je connais de moins en moins de joueurs même si y’a encore Dante, Cardinale et Le Bihan. Je me suis entraîné avec la réserve cet hiver donc je les voyais souvent. J’ai encore des attaches au club, dès que je repasse au club je passe dire bonjour. Je reviendrai encore dans les prochains mois.

Bosetti PS

Quel bilan faites-vous du mandat du président Jean-Pierre Rivère ?

Prendre Claude Puel pour reconstruire son club a été sa meilleure décision. Ça faisait des années qu’on jouait le maintien, qu’on était dans la galère et dès sa première saison, on finit quatrième. On se souviendra vraiment bien du duo Rivère/Fournier pour sa gestion du club.


"Patrick Vieira a fait une saison exceptionnelle malgré le contexte particulier."


Êtes-vous inquiet par son départ et la nouvelle ère qui s’ouvre ?

Quand je vois Sochaux et Auxerre je m’inquiète mais Nice a un stade et des installations au top. La mairie est derrière et ne laissera pas faire n’importe quoi, tout comme les supporters. Je ne sais pas ce que fera la nouvelle direction avec Gauthier Ganaye et les actionnaires chinois derrière. Patrick Vieira est là. Il a fait une saison exceptionnelle malgré le contexte particulier.

Vous restez associé au groupe de supporters de la BSN (Brigade Sud Nice). Les Ultras sont-ils encore trop méprisés en 2019 selon vous ?

Je trouve ça scandaleux tout simplement. Le climat social, la répression policière… ce n’est pas que dans le football mais par rapport au mouvement ultra, quand je vois ce qui se passe en Allemagne, notamment en seconde division, je me dis qu’on a raté quelque chose en France. Aux Pays-Bas, en Pologne aussi… les mecs se déplacent partout et ici on ne peut pas gérer 500  Niçois qui vont à Saint-Étienne. On se retrouve même avec des interdictions de stade en National. C’est dire.

Propos recueillis par Adrien Mathieu.

Fermer