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ENTRETIEN - Guillaume Rippert (Cholet) : "On a l'effectif pour jouer les premiers rôles"

Après un dernier exercice terminé à la 14ème place, Cholet débute une nouvelle saison en National ce vendredi (20h00), avec la réception du Tours Football Club. Forte d'un mercato bien mené, durant lequel des moyens financiers importants ont été investis pour un club de ce niveau, l'équipe désormais dirigée par Romain Revelli entend bien se positionner au classement dès les échéances estivales, elle qui affronte pourtant deux clubs fraîchement descendus de Ligue 2 dès les trois premières journées.

Pour Goal, le capitaine Guillaume Rippert est d'abord revenu sur son parcours personnel avant d'évoquer ses sensations à l'approche de cette nouvelle saison, ainsi que le projet ambitieux du SO Cholet.  

Ancien membre de l'INF Clairefontaine et passé par les différentes catégories d'âge en Equipe de France, vous pensiez vous prédisposé à évoluer dans les divisions supérieures ? 

Guillaume Rippert : Mon objectif c'était tout simplement de connaître le plus haut niveau, que ce soit en Ligue 1 ou dans un championnat étranger. Après avoir connu toutes les catégories d'âge en sélection jusqu'aux Espoirs, j'espérais aussi atteindre l'Equipe de France A. Donc l'objectif était de continuer à progresser et d'aller le plus loin possible, sans se mettre de barrières. Je ne m'attendais pas forcément à une carrière comme celle-ci, même si je ne regrette rien aujourd'hui. 

Finalement, vous avez connu de nombreux clubs et plusieurs changements de division, principalement entre la 1ère et la 2ème. Est-ce une frustration de ne pas s'être maintenu à l'échellon supérieur ? 

Frustration ce n'est pas vraiment le mot, mais c'est sur qu'à un moment donné j'aurais pu et j'aurais du franchir le cap. J'en ai eu l'opportunité à plusieurs reprises, notamment après avoir enchaîné deux saisons en Ligue 1 avec Valenciennes. J'avais des offres pour aller à l'étranger et même dans des clubs plus huppés du championnat et ça ne s'est jamais fait pour des raisons diverses.

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Parfois, il ne suffisait plus que d'un petit coup de pouce ou d'une décision différente pour faire pencher la balance de l'autre côté et rester en L1 mais ce n'était pas forcément l'objectif ultime, je fonctionne pas mal à l'affectif. Dans ma carrière ca ne m'a jamais dérangé de parfois descendre d'une division et de m'engager dans des projets, des clubs et des régions qui me plaisaient tout particulièrement, et ce même si on me promettait peut-être moins d'argent ou de temps de jeu. 

Malgré tout, est-ce que vos expériences à Kavala (Grèce) et au Petrolul Ploiesti (Roumanie) ne constituent pas des regrets, d'un point de vue sportif mais aussi humain ? 

Non, ce sont des expériences. Sincèrement, autant Kavala ca a été une très mauvaise expérience puisque j'avais résilié un super contrat pour signer là-bas et rien ne s'était passé comme je le souhaitais, mais par contre la Roumanie ca reste un très bon souvenir. J'ai découvert un club autant structuré que n'importe quel club de Ligue 1 avec un super stade et des supporters. Après, le problème, ce sont les présidents qui se croient au dessus des lois et se permettent de ne pas payer les joueurs ou de faire des choses illégales. Et cela, moi, je ne cautionne pas, donc quand je me retrouve confronté à cela, je préfère partir plutôt que de rester. 

Il y a trois saisons désormais, vous vous relancez du côté de Cholet, alors en National 2. Etait-ce un projet similaire à celui que vous aviez connu à Evian entre 2009 et 2012 ? 

Oui, certainement. C'est un peu dans le même style. C'est vrai que je n'étais pas du tout parti pour signer à Cholet, j'avais des contacts avec des clubs de Ligue 2 et deux offres à l'étranger, donc le projet c'était plus de s'orienter vers ces options. Puis le président du club m'a contacté, m'a expliqué le projet et le contact est tout de suite passé.

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Il me disait que certes, le club évoluait en CFA mais que d'ici deux ou trois ans sa place serait en Ligue 2 et qu'il avait besoin de mecs comme moi pour apporter notre expérience et se mêler à ce projet. Sincèrement, je n'ai pas hésité très longtemps. Cela fait désormais trois ans, on a réussi à accéder au National, maintenant, objectif Ligue 2. Beaucoup de gens m'ont dit que j'étais fou à l'époque, de signer en CFA, mais si c'était à refaire, ce serait sans hésiter. 

"On a tout pour bien travailler et se préparer au professionnalisme"


Justement, à quel niveau situez vous le championnat de National, est-il très éloigné de la Ligue 2 ? 

C'est un championnat qui est très délicat à juger ou à situer, parce qu'il est très homogène avec vingt équipes qui sont pratiquement du même niveau, ce qui donne des championnats fous. Par exemple, les trois équipes sur le podium à la mi-saison peuvent très bien lutter pour le maintien jusque dans les dernières journées, et vice versa. C'est un championnat très compliqué, chaque week-end est un combat et cela se joue souvent sur pas grand chose, donc on est jamais à l'abri. Mentalement, c'est dur de rester concentré toute la saison. 

Honnêtement il n'y a pas beaucoup de différences avec la Ligue 2. Avec la Ligue 1, oui, il y a un fossé puisque là-bas il y a des joueurs qui sont capables de faire la différence individuellement, des individualités exceptionnelles. Mais entre le National et la Ligue 2, non, il n'y a pas une grande différence. On le voit chaque année en Coupe de France d'ailleurs, et dernièrement avec les parcours de Chambly et des Herbiers. 

Depuis l'arrivée de Romain Revelli sur le banc, le projet global de Cholet semble se vouloir ambitieux, notamment en matière de recrutement, comment est-ce qu'on vous le vend en interne ? 

On est un petit peu catalogués par certaines personnes, qui nous appelent "le Qatar" ou des choses comme ca. C'est vrai qu'on a un président qui est riche, avec beaucoup de moyens, mais il a commencé tout en bas avant d'en arriver là, ce qui explique ses ambitions aujourd'hui. Donc c'est vrai que c'est ce que je recherchais, quelqu'un qui n'a pas de limites et avec des ambitions élevées. Mais en même temps il a compris qu'avec de l'argent ou ne peut pas tout faire, et qu'il fallait créer des liens, structurer l'équipe etc...

Cholet

Dernièrement avec le recrutement d'Enzo Reale, d'un gardien de Ligue 1 et l'arrivée de Romain Revelli, on voit qu'il ne veut pas faire venir des noms intéressés par une potentielle pré-retraite, il veut être compétitif, prêt au combat qui nous attend cette saison. Et puis il y a un nouveau stade qui arrive, des gens compétents sont venus nous rejoindre à des postes importants, on a tout pour bien travailler et se préparer au professionnalisme le plus rapidement possible. Si on peut aller en Ligue 2 cette année, on va tout faire pour.

Justement, au vue de la préparation estivale effectuée cet été, êtes vous confiant pour la saison à venir ? 

Oui, je pense qu'elle va être bonne. Il y a de très bons joueurs qui nous ont rejoint, on va récupérer des éléments importants qui avaient été blessés longuement lors du dernier exercice. En revanche certains joueurs risquent de ne pas être suffisament prêts pour débuter la saison, donc il va falloir très sérieusement être mobilisés parce qu'on aura pas un effectif conséquent malgré un calendrier laborieux. Après, on connaît l'importance d'un bon début de saison, donc l'objectif c'est d'abord de montrer qu'on est solides à domicile et de bien démarrer. 

Est-ce que le fait de jouer Tours et Quevilly-Rouen en tout début de championnat ne pourrait pas s'avérer être le parfait moyen pour vous jauger et revoir ou non les objectifs ? 

Oui c'est exactement cela. Je pense qu'un bilan sera fait après quatre ou cinq matches. Mais sincèrement, sans manquer de respect à qui que ce soit, il n'y a personne qui nous fait peur. Je pense qu'il faut qu'on se concentre sur nous-mêmes, pas comme l'année dernière ou dès que l'on a commencé à calculer, on a déjoué. Restons concentrés, on sait ce qu'on doit faire, on connaît nos qualités, on a l'effectif pour jouer les premiers rôles, donc maintenant c'est le terrain qui va parler. Si on ne met pas les ingrédients qu'il faut, vu le marathon que représente ce championnat, on n'atteindra pas les objectifs fixés. L'an dernier on s'est jaugés, maintenant c'est à nous de jouer. 

Propos recueillis par Simon Fuentes. 

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