Diego Simeone Atletico Madrid LaLigaGetty Images

ENTRETIEN - Diego Simeone : "Finir champion avec l'Atlético est difficile, on ne t'offre rien"

Diego Simeone a accordé une entrevue à Goal pour analyser l'actualité des Colchoneros, mais aussi d'autres sujets de l'actualité du football.

Cela fait huit ans que vous êtes à l'Atlético, quel regard jetez-vous sur cette expérience ?

Diego Simeone : J'ai toujours été connecté à l'Atlético, on voyait les matches en Argentine. Je me souviens que je racontais tout ce qui se passait pendant les matches... Au final, je connaissais le Calderon [l'ancien stade de l'Atlético, ndlr], les gens, l'équipe. Quand Gil Marin m'a appelé (...), je savais que tout allait bien se passer. J'en étais sûr.

Comment s'est passée votre adaptation dans le vestiaire ?

Nous avons trouvé un groupe avec une idée parfaite, des joueurs qui jouaient très bien et dans un moment de leur vie où ils voulaient grandir. Gabi, Miranda, Godin, Mario et je ne veux oublier personne. Nous étions là au bon moment et nous savions que nous allions construire quelque chose qui prendrait. Nous avons débuté à Malaga, cela s'était mal passé en première mi-temps, mais nous avions une structure pensée. Toujours le collectif au-dessus de l'individu. Cela a toujours été et sera toujours comme ça.

Le groupe est au-dessus de l'individu et le travail passe avant le talent...

C'est difficile. Nous voulons que tout le monde comprenne que nous sommes sur le même chemin. La tendance chaque jour va davantage vers le fait que les équipes prennent le dessus sur la situation des grandes individualités. Messi a la possibilité à Barcelone de s'améliorer de jour en jour, mais pas en Argentine, parce qu'il n'a pas l'entourage pour cela...

En Argentine, certains journalistes sont très critiques envers Messi. Est-ce mérité selon vous ?

Je respecte tout. Messi a été très proche de gagner le Mondial [en 2014, ndlr]. Il ne l'a pas gagné malheureusement. Certains le critiquent constamment mais Messi est extraordinaire. Combien de Ballons d'Or ? Combien de buts ? Sans lui, Barcelone ne serait pas la même équipe...

Donc ?

Les critiques à l'encontre de Messi sont injustes. Pourquoi à Barcelone et pas en Argentine ? C'est facile, à Barcelone il y a des joueurs qui le soutiennent et en Argentine ils n'existent pas. C'est pareil pour Ronaldo avec le Portugal, qui n'est ni la Juve ni le Real Madrid. Les équipes rendent les grand joueurs plus forts.

Diego Simeone Atletico Madrid LaLigaGetty Images

Tous les styles de jeu se valent-ils ? Y a-t-il des différences ? Tous sont-ils légitimes ?

Il y en a certains qui n'aiment pas un style ou une manière de jouer et ceux qui acceptent tous les styles différents. Je n'ai jamais entendu personne mal parler d'une équipe de super-possession, de football d'association, d'un style de 'toque'. De ce style, personne ne fait une critique aussi impitoyable. J'ai seulement entendu ceux qui aiment le jeu de possession dénigrer d'autres styles et les entraîneurs qui ont d'autres idées. Ma question est 'pourquoi ?'

Il y a peu, Guardiola a révélé que vous aviez discuté de style de jeu. Comment cela s'est-il passé ?

Il y a une chose dont j'ai discuté avec Guardiola qui m'a beaucoup plu. Je lui ai demandé 'Pourquoi tu joues avec Messi en faux-avant centre ?'. Il m'a dit non, à l'époque de Laudrup avec Stoichkov sur le côté, c'était une manière de le mettre sur le terrain sans fonction défensive définie. Parce que quand nous arrivions en quarts ou en demies, avec Messi à droite, nos adversaires nous attaquaient toujours sur le côté gauche... Cette réponse de Pep m'a fait réfléchir et je me suis dit qu'au final, malgré sa passion pour l'attaque, l'intelligence de Pep l'amène à penser aussi défensivement pour protéger son équipe de l'adversaire.

Certains pensent que finir deuxièmes ne sert à rien, que seul le titre compte...

Combien de fois l'Atlético a-t-il terminé deuxième dans son histoire ? Neuf... Ce n'est pas si facile. Et nous avons terminé deuxièmes l'an passé. Si nous pouvons faire mieux ? Nous pouvons faire mieux. Bien sûr qu'il faut être exigeant avec nous. Notre réalité est d'être troisièmes, si nous ne terminons pas troisièmes, je comprends les critiques. Je le dis aux joueurs, être champions avec l'Atlético est différent, tout coûte le double, on ne t'offre rien.

Que représente l'Atlético pour Simeone ? Une partie de votre vie ?

Exact. Depuis que j'ai 24 ans, j'ai commencé à être important à l'Atlético Madrid. Et à mon retour, j'ai retrouvé de l'importance avec l'Atlético Madrid. Il y avait des gens qui pensaient qu'avec notre arrivée, nous pouvions finir champions. Chaque fois que nous ne le sommes pas, cela me fait mal. Au-delà du fait que ce soit difficile, l'Atleti est une part de ma vie et j'aspire toujours à finir champion.

Propos recueillis par Rubén Uría et Víctor Jiménez

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