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Florenzi De Rossi Roma Barcellona Champions LeagueGetty Images

En s’offrant un exploit face au Barça, la Roma a vaincu ses démons européens

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Le club romain s’est-il enfin débarrassé de son étiquette d’éternel romantique loser ? S’il faudra sans doute plus d’un match pour y parvenir, les Giallorossi ont néanmoins offert un magnifique spectacle à leurs supporters ce mardi soir au Stadio Olimpico, en venant à bout du Barça, lors d’une Romantada du plus bel effet (1-4 ; 3-0).

La lose est ancrée dans ce club. Voir du beau jeu, souvent, et ne rien gagner, tout le temps, tel est le fardeau quotidien que doivent supporter les Romanisti. C’est que sur les rives du Tibre, la Roma a régulièrement proposé le plus beau jeu d’Italie, avec Liedholm, Zeman ou encore Spalletti aux commandes, pour ne citer que les plus récents. Mais en 91 ans d’histoire, seuls 3 petits scudetti sont venus garnir l’armoire à trophées du club, au milieu de 9 coupes d’Italie et de 2 Supercoupes nationales.

L'euphorie jusqu'au bout de la nuit

Le club romain a aussi une statistique déprimante à son actif : elle a perdu 100% de ses finales européennes. C’était en Coupe de l’UEFA (C3) face à l’Inter en 1990/1991 et contre Liverpool en Ligue des champions 1983/1984. Face aux Anglais, au stade Olympique de Rome, la Roma s’était inclinée aux tirs au but dans une séance tragique. Et puis, la longue liste des désillusions s’est agrandie au fil des années et des déculottées. Ce club a pris 7 buts face à Manchester United et au Bayern, 6 face au Barça, le tout en moins de 10 ans. Ou quand l’extraordinaire devenait une habitude.

Et puis cette surcharge de frustration s’est transformée en décharge émotionnelle ce mardi soir. Parce que personne n’y croyait vraiment, parce que la crainte d’un nouveau déboire était omniprésente et parce que, tout simplement, la Roma est la Roma. Alors, et parce que Rome est une ville spéciale, où l’on aime profiter du bon temps, élever la voix et s’emporter à la moindre discussion, où on sait se contenter de ce qu’on a tout en multipliant les rêves les plus fous, les Romains ont vécu une soirée magique. Un de ces moments d’euphorie qui vous emporte jusqu’au bout de la nuit.

Deux heures après le coup de sifflet final, ils étaient des centaines à Trigoria (le centre d’entraînement, ndlr), au Ponte Milvio près du stadio Olimpico et dans le centre historique à fêter la victoire. Des feux d’artifice ont été tirés dans certains quartiers. Des supporters défilaient sur des scooters, drapeaux du club en main. Le président américain de la Roma a même terminé sa soirée par un plongeon dans une fontaine de la Piazza del Popolo, au milieu des supporters.

Dans la capitale italienne, il y a ce sentiment d’une douce folie qui peut vous faire perdre la tête. Face à son histoire et son ADN de loser, la Roma a répondu hier par un exploit retentissant. Elle a chassé ses vieux démons européens et même s’il ne s’agissait que d’une qualification en demi-finale de Ligue des champions, cet instant de bonheur sera gravé sur la durée dans les mémoires romaines. Dans une Cité Éternelle où l’Histoire se croise à chaque coin de rue, il faudra désormais ajouter le Stadio Olimpico comme le théâtre de l’impossible devenu réalité.

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