Ousmane Dembele Barcelona vs Celta Vigo La Liga 2018-19Getty Images

Dr. Jekyll et Mr.Hyde, Ousmane Demblé s'attire autant les critiques que les louanges au Barça

Il peut avoir 2 heures de retard à l'entraînement, mais éblouir le monde du football pendant treize secondes. Treize secondes folles où il embarque toute la défense des Spurs sur 87 mètres, touche le ballon 7 fois, avant de marquer un but d'anthologie dans un match compliqué pour le Barça. Facile, Dembélé fascine, autant pour ses frasques que pour ses folles inspirations.

Un Brésilien dans l'âme ?

À la manière d'un Ronaldinho (les mauvaises langues vous feront un parallèle au niveau de l'hygiène de vie entre le Français et l'ancien parisien), Dembélé ne travaille pas au football, il joue. Avec insouciance, mais aussi avec talent et à ce titre, on peut presque tout lui pardonner. Il peut jouer aux jeux-vidéos toute la soirée à condition de nous faire un combo passe en profondeur/ crochet intérieur carré + X/ petit tir sous le gardien le weekend venu.

Les éditorialistes catalans, Luis Mascaro en tête, ont comparé sa course folle face à Tottenham au rush somptueux de Ronaldo El Fenomeno face à Compostela. Cette même impression de puissance et de facilité. En appesanteur. Comme si, l'espace d'un instant, le football s'affranchissait des règles élémentaires de la physique et élargissait le champ des possibles. Et si Dembélé était de la race des Romario, Adriano ou Ronaldo ? Un talent brut, inquantifiable, indomptable et surtout indivisible de son extravagance car tributaire de sa folie ?

Osmose Dembélé

Dembélé ne calcule pas et carbure à l'inspiration. Il gère sa carrière avec ses pieds, dort au petit matin et marche à l'instinct. Si le Barça a besoin de le réveiller chaque matin et de lui interdire d'éteindre son portable, il n'a besoin de personne pour sentir le jeu. Buteur encore face au Celta Vigo contre qui il a ouvert le score samedi soir, l'ailier en est déjà, mine de rien, à 7 buts en Liga et a surtout su assimiler parfaitement le jeu de son équipe, notamment le partenariat très prolifique entre Messi et Alba et il a su en profiter. Piston gauche, parfois 4e milieu, parfois troisième attaquant, Dembélé n'a pas besoin de parler Espagnol pour comprendre toutes les subtilités d'un club pourtant ludiquement si particulier.

Ousmane Dembele Barcelona vs Celta Vigo La Liga 2018-19Getty Images

Il n'est pas vraiment Hyde et n'a jamais été Jekyll. Lui demander plus d'implication en dehors du terrain est peut-être contre-nature. Aussi difficile à gérer hors terrain que facile à manœuvrer sur le pré, Dembélé n'est pas un premier de la classe. C'est le garçon un peu négligé du fond de la salle qui ne fait pas attention au cours, mais qui a déjà toutes les réponses dans sa tête. 4 buts lors des six dernières journée, Dembélé fait l'unanimité à l'endroit, après l'avoir faite à l'envers. Seul Philippe Coutinho nappréciera pas, lui qui a été relégué sur le banc ce soir. Les supporters du Barça, eux ont célébré le Français avec une savle d'applaudissements lors de sa sortie face au Celta.

Dembélé a un côté sombre, lui qu'on a accusé d'incarner toutes les dérives du footballeur moderne. Mais il a aussi un côté lumineux, qui comme un éclair, embrase une soirée pendant treize petites secondes. Tellement lumineux, qu'il peut gommer pas mal de petits défauts, des imperfections, des erreurs de jeunesse, des grosses erreurs, des rupture de contrat. Par contraste, on oublie. Admirer l'éclair, en oublier la lucidité. Les diamants bruts ne durent pas, impossibles à polir, difficile à entretenir, assujettis à leur hygiène de vie, ils perdent vite de leur éclat. Passer outre ou passer en force, Dembélé nous laisse le choix.

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