Rappel des faits : la disparition tragique d'Emiliano Sala qui venait de signer à Cardiff
Le 19 janvier 2019, Emiliano Sala, attaquant argentin du FC Nantes, est transféré à Cardiff.
GettyAprès le transfert, le joueur est autorisé à rentrer en France pendant trois jours pour régler des affaires personnelles.
Le 21 janvier 2019, après avoir mis tout en ordre en France, Emiliano Sala prend un avion pour retourner au pays de Galles. Mais lors du vol, l'avion le transportant disparaît des écrans radar à proximité de l'île anglo-normande de Guernesey.
Son corps sans vie est retrouvé et identifié le 7 février 2019. Emiliano Sala avait 28 ans.
Le début de « l'affaire Sala » : le joueur avait-il officiellement signé à Cardiff ?
Malgré le drame, le FC Nantes demande à Cardiff de payer le montant du transfert (17 millions d'euros, hors bonus), ce que le club gallois refuse.
Le club gallois explique que l'attaquant argentin a signé un premier contrat mais que celui-ci est caduc. La ligue anglaise a invalidé le premier contrat d'Emiliano Sala à Cardiff, demandant au club de corriger une clause concernant le règlement de la prime à la signature versée au joueur, jugée non-conforme à ses statuts.
Cette nouvelle version du contrat, qui allait être homologuée, devait être paraphée par Sala le mardi 22 janvier 2019. Ce qu'il n'a malheureusement jamais été en mesure de faire.
Cardiff prétexte, pour ne pas payer, que la fameuse clause ajoutée exigeait que le transfert soit enregistré par la Ligue anglaise, par la Ligue de Football Professionnel (LFP) et par la FIFA avant le 22 janvier, ce que là encore, l'accident a rendu impossible.
De son côté, le FC Nantes estime être dans son bon droit, indiquant que la fameuse clause exigeait simplement que la LFP ait rompu le contrat avec Nantes et que son homologue anglaise ait enregistré la mutation.
« C'était la condition impérative pour recevoir le Certificat international de transfert qu'émet la FIFA lors de chaque transfert. Ce certificat, nous l'avons reçu le 21 janvier à 17h30 (Sala a eu son accident d'avion trois heures plus tard, N.D.L.R.). Pour nous, c'est réglé et Cardiff doit payer », avait expliqué le FC Nantes en mars 2019 lors du lancement de la procédure.
Le TAS donne raison au FC Nantes : Sala était bien un joueur de Cardiff
Ce vendredi 26 août 2022, le Tribunal arbitral du sport a donné raison au FC Nantes.
« Le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) a rejeté l'appel déposé par Cardiff City Football Club (Cardiff City FC) contre le Football Club de Nantes (FC Nantes) suite à la décision rendue par le Bureau de la Commission du Statut du Joueur de la FIFA le 25 septembre 2019 (la décision attaquée). La décision attaquée, par laquelle Cardiff City FC a été condamné à payer EUR 6 millions au FC Nantes dans le cadre du transfert du joueur Emiliano Sala entre les deux clubs, est confirmée », peut-on lire dans un communiqué adressé aux médias.
Le TAS confirme ainsi la première décision rendue par le Bureau de la Commission du statut du joueur de la FIFA, le 25 septembre 2019 et ajoute que « le transfert du joueur du FC Nantes à Cardiff City FC avait été finalisé. »
A qui correspond la somme de six millions d'euros à payer ?
La somme de six millions correspond à la première tranche due conformément à l'accord de transfert conclu entre les parties le 19 janvier 2019.
A cette époque, Cardiff s'était engagé à payer une deuxième tranche le 1er janvier 2020 (6 millions d'euros) et une troisième et dernière tranche le 1er janvier 2021 (5 millions d'euros).
Par ailleurs, les Girondins de Bordeaux sont également concernés par la décision du TAS. Lors de la vente de Sala de Bordeaux à Nantes en 2015, les Bordelais avaient obtenu un pourcentage de 50% sur le prochain transfert du joueur.
Bordeaux attend ainsi depuis 2019 une somme de 8,5 millions d'euros puisque Sala a été transféré à Cardiff pour un total de 17 millions d'euros.
La réaction des clubs après la décision du TAS
Dans un communiqué, le FC Nantes « se réjouit que cette procédure – engagée par Cardiff City puis retardée à de nombreuses reprises par Cardiff City – qui a été difficile pour tous les proches d'Emiliano, soit enfin close. » Le club espère que « cela marquera la fin de la campagne de désinformation publique, à laquelle le FCN n'a jamais réagi, par respect pour la famille du joueur. »
Mais de son côté, Cardiff a manifesté son intention de faire appel : « Si ces appels échouent et que le club est tenu de payer les frais de transfert, il intentera une action en justice contre les responsables de l'accident pour obtenir des dommages et intérêts afin de récupérer ses pertes. »
Enfin Cardiff a ajouté ne vouloir faire « aucun paiement au FC Nantes », tant que les appels seront en cours.




