Coupe du monde U20 - Équipe de France - Amine Gouiri : "Je me sens plus fort qu'avant"

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Qualifié pour les Huitièmes de finale du Mondial U20, Amine Gouiri se confie sur les objectifs des Bleuets et son retour à la compétition.

La voix est claire, le ton assuré. Amine Gouiri n'est pas du genre à voir ses certitudes ébranlées. Alors, lorsqu'il se rompt les ligaments croisés du genou gauche lors d'un entraînement l'été dernier, son combat commence immédiatement. Un long chemin débute mais le jeune attaquant lyonnais est guidé par l'envie irrépressible de revenir au niveau qui l'avait conduit, lors de la saison 2017-2018, à faire ses premiers pas en Ligue 1 sous le maillot de l'OL. Après avoir repris en National 2 et en Youth League au mois d'avril dernier, Amine Gouiri a reçu une convocation de Bernard Diomède pour disputer le Mondial U20. Une aubaine pour signer son retour à la compétition et faire la transition avec la saison prochaine. D'autant que les Bleuets, qui joueront face aux États-Unis en Huitièmes de finale ce mardi (17h30), chassent le titre mondial. 

Trois victoires en trois matches, vous avez très bien lancé la compétition. Vous attendiez-vous à un si bon début ?

Amine Gouiri : On est satisfait, c’était l’objectif qu’on s’était fixé ensemble, de terminer premier de ce groupe. Le fait d’avoir gagné 3 fois en ne prenant que 2 buts, c’est bien aussi. Ça envoie un message fort aux autres et maintenant on peut se projeter sereinement vers la phase finale.

Quel est l’objectif maintenant que le premier est atteint ?

C’est compliqué de le dire, on est qualifié pour les Huitièmes de finale et on se doit de prendre les matches un par un. Ce sont des matches à élimination directe donc on ne peut pas voir au delà.

Mais l’équipe de France a tout de même un statut, non ?

Tout le monde veut nous battre, ça a toujours été comme ça. On ne va pas se le cacher, je pense qu’on fait partie des favoris de la compétition et il faut l’assumer. Que ce soit en jeunes ou en pro, l’équipe de France est toujours attendue. En plus les A sont champions du monde en titre, je pense que ça rajoute encore quelque chose. Nous on a envie de les imiter et de l’autre côté, les équipes sont encore plus motivées.

D’un point de vue collectif, sentez-vous que vos prestations sont abouties ?

Oui même s’il y a toujours des choses à améliorer. Pour la plupart on se connait et on joue ensemble depuis longtemps donc ça facilite les choses. On a joué contre des adversaires différents sur les trois premiers matches mais dans l’ensemble je pense qu’on est bien, on se trouve assez facilement, les actions sont bien déployées et on maîtrise ce qu’on fait.

Que pensez-vous des États-Unis, votre prochain adversaire en huitième de finale ? Beaucoup connaissent au moins Timothy Weah qui évolue au PSG...

On ne les a pas encore bien étudié parce que le travail vidéo ne commence qu’aujourd’hui (dimanche, ndlr). Oui plusieurs joueurs le connaissent et ils ont dû le croiser parce qu’on est dans le même hôtel. C’est comme ça avec chaque adversaire, on se retrouve au même endroit avant de s’affronter donc ça ajoute un peu de tension.


"Mon objectif est clair avec l'OL la saison prochaine, me faire une place dans le groupe pour pouvoir prétendre à jouer des matches."


D’un point de vue personnel, comment vous sentez-vous ? Vous ne rejouez que depuis peu de temps suite à votre blessure au genou…

Je me sens très bien, j’ai de bonnes sensations sur mes appuis, je n’ai aucun problème dans les courses et dans les contacts mais je ne suis pas encore à 100%. Il faut que j’enchaîne les matches même s’il faut être vigilant lorsqu’on revient d’une longue blessure. Les séances sont adaptées pour que je puisse enchaîner.

Êtiez-vous surpris de figurer dans la liste de Bernard Diomède pour disputer cette compétition ?

Oui et non. À un moment je ne pensais pas y être mais j’avais eu le coach qui m’avait expliqué qu’il comptait sur moi si j’arrivais en fin de saison à jouer et à être performant. J’ai recommencé à jouer avec un premier objectif, celui de retrouver mes sensations, de prendre du plaisir et de marquer. Et puis je me disais que si tout se passait bien j’aurais ma place pour jouer ce Mondial. Je suis là et tant mieux parce que ça me permet d’enchaîner les matches et de retrouver du rythme en vue de la saison prochaine.

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Amine Gouiri France U20

Deux buts en trois matches, cela vous réussit. Enfin plus globalement, avec 33 buts en 40 sélections, c’est le maillot bleu qui vous réussit…

Oui on peut dire que ce maillot me réussit (rires) mais je ne sais pas s’il y a un secret. Je suis content de marquer mais je prépare les matches de la même façon qu’en club. J’espère que ça va continuer. Après une longue période sans jouer, c’est la bonne compétition pour reprendre, enchaîner les matches et refaire parler de moi.

Qu’avez-vous appris pendant votre longue absence, que retenez-vous de cette expérience ?

J’ai appris à travailler sur d’autres aspects, à connaître mon corps et à repousser mes limites aussi. La rééducation permet de mettre en lumière les points forts et les points faibles, de réfléchir à la manière de faire évoluer son jeu. Et puis ça m’a surtout renforcer mentalement parce qu’il faut rester fort dans la tête lorsqu’on ne joue pas.

Dans un documentaire d’OLTV, « Amine Gouiri, la relève », on a pu voir que Nabil Fekir avait été présent pour vous. Que vous a-t-il apporté ?

Beaucoup de choses mais il m’a surtout accompagné tout de suite pour éviter de faire des erreurs. Il m’a dit de prendre mon temps, de ne pas vouloir précipiter les choses et de laisser faire le temps. Il m’a aussi dit de faire attention à tous les à-côtés, surtout à la prise de poids. Parce que les croisés nécessitent beaucoup de repos, de positions allongées. On passe beaucoup de temps dans le canapé au début et il ne faut pas relâcher pour que tout se passe pour le mieux lorsqu’on retrouve le terrain.

Nabil Fekir dit aussi qu’il vous a vu revenir plus fort. C’est un peu paradoxal mais est-ce aussi votre sentiment ?

En tout cas moi je me sens plus fort qu’avant. Pendant la rééducation, on fait beaucoup de musculation sur le bas du corps mais aussi sur le haut pour rester équilibré. Il y a beaucoup de travail d’appuis, de puissance sur les jambes. Je me sens plus puissant, plus vif qu’avant. Et je n’ai pas eu de problème quand j’ai repris avec le ballon parce que j’ai toujours beaucoup travaillé techniquement.

La situation à l’OL a évolué ces dernières semaines, comment l’avez-vous vécu ? Pour un jeune lyonnais, voir arriver Juninho, qu’est-ce que cela inspire ?

J’ai simplement vu que Juninho et Sylvinho étaient arrivés en tant que directeur sportif et entraîneur. Pour l’instant je ne me concentre que sur la sélection et j’aurais le temps à mon retour à Lyon de les rencontrer. Juninho est une légende du club donc je suis admiratif comme tout le monde. Il est apprécié de tous et particulièrement des supporters donc c’est une bonne chose pour le groupe.

Avez-vous déjà été en contact et quels sont vos objectifs pour la saison prochaine ?

Je n’ai parlé avec personne pour le moment. Je pense que j’aurais un peu de vacances après le Mondial avant de revenir à Lyon pour reprendre le travail avec eux. Mon objectif est clair, me faire une place dans le groupe pour pouvoir prétendre à jouer des matches.

Propos recueillis par Julien Quelen.

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