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Coupe du monde U20, Équipe de France - Evan Ndicka : "Tout le monde se projette déjà, mais..."

INTERVIEW GOAL - Avant le troisième et dernier match de poules des Bleuets face au Mali ce vendredi (18h00), Evan Ndicka préfère ne pas se projeter encore vers l'objectif du titre mondial. Le joueur de Francfort, révélé cette saison au plus haut niveau en Bundesliga, est un des cadres de l'équipe de Bernard Diomède. Ses performances avec le septième du championnat allemand l'ont conduit jusque dans les petits papiers du Paris Saint-Germain. Un sujet d'actualité qu'il n'évoquera que très brièvement alors que la sélection U20 se dirige vers les huitièmes de finale de la Coupe du monde, en Pologne.

Votre présence dans le groupe de Bernard Diomède qui dispute actuellement le Mondial U20 est-elle une récompense de votre saison avec Francfort ? 

Evan Ndicka : Je le vois comme une récompense, oui. Mais je pense que c’est logique. Je sors d’une grosse saison donc je dirai que c’est normal d’enchaîner sur cette compétition. Je n’ai pas toujours été pris en équipe de France par le passé parce qu’il fallait être plus régulier en club, et je l’ai été cette saison en Bundesliga.

À quoi est due votre progression cette saison ? À Auxerre, il se disait que vous manquiez un peu de régularité...

C’est surtout grâce au travail. En Allemagne, on travaille beaucoup à l’entraînement, tout le monde est très discipliné, très rigoureux. J’ai été obligé de suivre ce rythme, de préparer chaque entraînement comme on prépare un match, de tout le temps être à fond. Après, ça va tout seul.

Qu'est-ce qui fait la différence avec la nouvelle méthodologie de travail que vous avez découvert ? 

Ce qui me marque le plus, c’est le rythme à l’entraînement. J’ai été impressionné de voir ça à travers un joueur comme Gelson Fernandes, notre vice-capitaine. Quand on dit qu’on s’entraîne comme en match, c’est vraiment ça. Au niveau de l’intensité, des contacts, les mecs se mettent des vrais taquets ! J’ai tout de suite compris qu’il faudrait être à fond tout le temps, peu importe le résultat du week-end, défaite ou victoire. Il faut toujours donner plus.


"En Allemagne, c'est toujours le meilleur qui joue"


Plusieurs jeunes français réussissent bien en Allemagne, comment l'expliquez-vous ? 

En fait, je ne sais pas comment expliquer ça. Je ne pense pas que ce soit en rapport avec là d’où on vient. En Allemagne, ce que je vois surtout, c’est que c’est toujours le meilleur qui joue, que tu aies 15 ans ou 35 ans, il n’y a pas de statut. Il n’y a que le football qui parle. On peut par exemple voir deux centraux de 18 ans dans un match de Coupe d’Europe alors que jamais ça n’arriverait en France.

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Est-ce que vous en parlez avec les autres jeunes internationaux français, par exemple ? 

Oui on se parle entre nous, c’est sûr. Mais à la limite, il n’y a même pas besoin de se parler, le lien peut se faire indirectement. Quand un joueur voit qu’un autre réussit, il se dit pourquoi pas moi.

Votre actualité du moment, c'est le Mondial U20. Vous êtes très bien entrés dans la compétition avec deux victoires en deux matches, considérez-vous l'équipe de France comme un des favoris ? 

Non je ne pense pas qu’on soit favoris. Il y a de grosses équipes avec de belles générations comme le Portugal qui a déjà gagné en moins de 19 ans et en moins de 17 ans. Jusqu’à présent nous n’avons pas fait de gros parcours dans les compétitions précédentes donc on va déjà tenter de gagner le troisième match puis on verra dans le tableau final.


"Le PSG ? Je suis tranquille par rapport à ça"


Quelle est votre relation avec le sélectionneur Bernard Diomède ? 

Il nous conseille tous de la même manière je pense. Mais c’est quelqu’un qui communique beaucoup avec les joueurs, il n’y a jamais de secret ou de non-dit. Et c’est très bien, les joueurs apprécient ça.

Que vous demande-t-il sur le plan technique ? Vous avez joué latéral gauche à un poste qui n'est pas vraiment le vôtre... 

Oui j'ai l'habitude de jouer dans l'axe mais à Francfort on utilise une défense à trois et je joue axe gauche. Le coach sait très bien que je ne vais pas pouvoir dribbler 10 joueurs donc il me demande avant tout de jouer mon rôle de défenseur. Après si je sens quelques coups j’y vais, mais il me demande surtout d’assurer les replis défensifs.

L'équipe de France a-t-elle les moyens de remporter ce tournoi ? 

C’est possible même si rien ne sera simple. Tout le monde joue pour le remporter mais il ne faut pas oublier qu’il y a des étapes. Là par exemple, tout le monde se projette déjà sur la phase finale alors qu’il nous reste un match de poules. Gagnons-le pour pouvoir enchaîner.

Votre nom a été cité parmi les cibles potentielles du Paris Saint-Germain, comment réagissez-vous à cet intérêt ? 

Pour l'instant, dans le contexte du Mondial, il faut juste faire abstraction. Mais je suis tranquille par rapport à ça, je suis à Francfort et je suis bien. J’ai un contrat, ça s’arrête là. Je dispute la Coupe du monde donc je ne m’occupe pas de ça en ce moment. 

Propos recueillis par Benjamin Quarez

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