Coupe du monde U17 - Lionel Rouxel : "Si on atteint le dernier carré, ce sera déjà pas mal"

Willem Geubbels France U17Getty

Cinq mois après s'être qualifiée in-extremis pour la Coupe du monde U17 après avoir été sortie en quarts de finale de l'Euro par l'Espagne (3-1), l'équipe de France débute son aventure en Inde dimanche, avec un premier match contre la Nouvelle-Calédonie (13h30, heure française). Un rendez-vous que Lionel Rouxel, le sélectionneur des Bleuets, espère réussir afin de lancer au mieux un exercice qui avait mal débuté au championnat d'Europe, avec une défaite lors du premier match de poules, face à la Hongrie (2-3), que les Tricolores avaient ensuite battu (1-0) en barrage d'accession au Mondial.

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Comment sentez-vous votre groupe avant son entrée dans la compétition ?

Lionel Rouxel : Ça va faire dix jours qu'on est ensemble. Le groupe vit bien, tout le monde est opérationnel (même Maxence Lacroix, victime d'une contracture jeudi, ndlr). On a fait une bonne préparation, avec un match amical qu'on a joué samedi dernier à Clairefontaine contre la réserve de Troyes. Ça m'a permis de donner du temps de jeu à tout le monde, de remettre les 21 joueurs à niveau physiquement. On monte en régime, tous les joueurs ont envie de commencer cette compétition. On est impatient, mais il faudra être prêt dimanche.

Avant l'Euro, vous aviez fixé le dernier carré comme objectif. Finalement, votre équipe s'est qualifiée in-extremis pour le Mondial. Cette fois-ci, quel est l'objectif ?

Si on atteint le dernier carré de la Coupe du monde, ce sera déjà pas mal même si le niveau est encore supérieur. On va se fixer ça comme objectif. Maintenant, il y a trois matches de poules à bien négocier pour se qualifier. C'est la première étape. Après, on verra match par match, tout en sachant qu'on a bien l'intention de finir premiers de notre poule. On s'est qualifiés in-extremis pour cette compétition. On a plus de vécu, plus d'expérience et il nous faudra bien négocier ce premier match pour prendre des points et aborder sereinement les deuxième et troisième rencontres.

Avez-vous l'impression que votre équipe a appris de ce rendez-vous européen ?

C'est certain. À l'Euro, on a été éliminé par les vainqueurs de la compétition, l'Espagne. On avait mal débuté avec une défaite contre la Hongrie. C'est le faux-pas qui ne fallait pas faire même si on a mieux négocier les matches suivants, contre l'Ecosse et les Îles-Féroé. En Inde, il faudra bien négocier chaque match et c'est ce qu'on va essayer de faire dès dimanche.

Votre poule est composée de la Nouvelle-Calédonie, du Japon et du Honduras. C'est un groupe qui paraît abordable...

Ce n'est qu'après les trois matches qu'on saura s'il est abordable ou pas. On se prépare d'abord de notre côté, on étudie un peu l'adversaire. La Nouvelle-Calédonie va disputer sa première Coupe du monde. Pour eux, c'est exceptionnel. Nous, il faut qu'on commence bien. C'est une équipe d'Outre-mer, donc ce sera un match particulier. À nous de bien figurer car le mot favori n'a de valeur que lorsque vous gagnez.

En même temps, quand on porte le maillot de l'équipe de France, on est toujours attendu au tournant...

C'est pourquoi on se doit d'être à la hauteur. On se prépare depuis dix jours pour réussir notre entrée dans la compétition, on a d'abord voulu s'occuper de nous et je pense qu'on s'est bien préparé à ce niveau pour ne pas avoir de mauvaise surprise, au moins pour le premier match.

Quels ingrédients votre équipe devra-t-elle mettre pour aller loin dans ce Mondial ?

Je veux que mon équipe ait un projet de jeu et qu'elle s'y tienne. Elle devra aussi être un peu plus disciplinée qu'à l'Euro défensivement. C'est ce qui nous a manqué un petit peu. On a su être disciplinés, mais pas sur la durée de la compétition et ça nous a fait défaut, surtout contre la Hongrie. Cette discipline, on devra l'avoir sur toutes les lignes, à chaque poste, aussi bien chez les attaquants, que les milieux ou les défenseurs.

Votre équipe a encaissé 7 buts en 4 matches à l'Euro, quelles solutions avez-vous trouvé pour solidifier le secteur défensif ?

On a essayé de travailler avec des joueurs qui nous ont rejoint depuis le mois de mai. Ces joueurs vont nous apporter un plus, je l'espère, pour solidifier cette défense et cette équipe au niveau défensif. On est capable offensivement de faire de bonnes choses. Maintenant, il faut trouver un équilibre, et l'équilibre ça passe aussi par le travail défensif, c'est pourquoi tout le monde doit être concerné.


"Geubbels ? Un coéquipier modèle au potentiel certain"


Amine Gouiri reste sur un Euro record (8 buts), vous l'espérez certainement dans le même état de forme...

Amine (Gouiri) a bien débuté cette saison, en effectuant la préparation avec le groupe pro de l'OL. C'est un buteur, tout simplement. Il est capable de faire la différence, mais pour ça il doit travailler pour le collectif. Et s'il travaille bien pour le collectif, il sera récompensé parce que les joueurs vont lui rendre les efforts qu'il a fait pour l'équipe.

Ce sera l'un des éléments forts de votre groupe, sans aucun doute...

Bien sûr, mais comme d'autres. Devant, on a quelques joueurs avec des qualités, comme Willem Geubbels (OL) ou Wilson Isidor (Rennes). On a du potentiel, maintenant il faut confirmer et que chaque joueur soit concerné tout le match afin d'être décisif.

Willem Geubbels France U17Getty

Willem Geubbels vient d'effectuer ses débuts en Ligue 1 à 16 ans seulement, quel regard jetez vous sur le plus jeune élément de votre équipe ?

Willem (Geubbels) a un an de moins. Il est né en 2001. Il a un potentiel certain et je pense qu'il l'exploite plutôt bien. C'est un garçon assez mature pour son âge, de réfléchi, d'intelligent et qui aime le foot. Il aime bien s'entraîner. Je dirais que c'est un coéquipier modèle, exemplaire, parce qu'il a des qualités d'attaquant, de buteur, mais il travaille aussi et surtout pour le collectif. Et ça, c'est tout le mérite que je lui donne. Il faut qu'il se perfectionne sur certains domaines, mais la base est bonne, la structure aussi et ce sera sans doute un atout supplémentaire pour aller loin. Il en est capable, il va se donner les moyens pour le faire et ça se sent dans sa manière de préparer les matches et les entraînements.

Pendant l'Euro, il a parfois manqué de régularité. L'attendez-vous également là-dessus ?

À l'Euro, il avait pêché lors du premier match contre la Hongrie. Il avait peut-être été surpris par le niveau des équipes en face et l'intensité des matches. Mais ce n'était pas le seul, je pense que toute l'équipe a été un peu surprise. Willem (Geubbels), je peux toujours compter sur lui. La preuve, il est dans le groupe. C'est un titulaire de l'équipe, il a mûri depuis, et je pense qu'il s'est rendu compte que le niveau d'un championnat d'Europe - on va le voir également à la Coupe du monde - demandait beaucoup d'exigence et d'intensité dans les courses, qu'elles soient offensives et défensives.

Il sera sûrement observé par des recruteurs, souvent présents en masse pour une telle compétition, pensez-vous que cela puisse perturber certains de vos joueurs ?

Je pense qu'il ne faut pas s'éloigner du terrain. Ce sont des garçons qui sont jeunes. Ils sont dans l'apprentissage et la sélection est un apprentissage accéléré parce qu'on touche le haut-niveau dans des catégories où les joueurs ont encore beaucoup à apprendre. Il faut se concentrer sur le terrain et ne pas trop se disperser parce qu'à ce niveau-là, si vous manquez d'attention, de concentration et de vigilance, vous n'êtes pas performant.

Propos recueillis par Benjamin Quarez