France South Korea Women's World Cup 070619

Coupe du monde féminine - L’engouement pour les Bleues est-il si surprenant ?

Après le Parc des Princes et l’Allianz Riviera, le Roazhon Park de Rennes va aussi connaître un match de l’Équipe de France féminine sans un seul billet encore disponible. Le pari de la Fédération Française de Football (FFF) ressemble à une réussite. Pas aussi populaire qu’aux États-Unis ou au Japon, le ballon rond féminin a trouvé son public lors de cette Coupe du monde organisée en France. Les Bleues sont avec les Américaines et les Néerlandaises les plus suivies en ce début de compétition. Encore une fois, ce lundi soir (21h), leur match de poule contre le Nigeria se déroulera à guichets fermés.

La surprise est bien concrète pour Amandine Henry, la capitaine de cette équipe. La Lyonnaise a avoué en conférence de presse dimanche qu’elle ne s’attendait pas à voir les foules se déplacer en masse pour assister aux matches. "On ne s’y attendait pas. C’est la première fois qu’on vit un tel événement, en France. Il y a beaucoup de différences par rapport aux autres compétitions. Au Canada, il y a quatre ans, on ne pouvait pas se rendre compte de l’effervescence." Il est vrai qu’en 2015, les Bleues sortaient du tournoi mondial en quart de finale face à l’Allemagne et dans un stade à moitié rempli du côté de Montréal (moins de 25 000 spectateurs).

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Plus terre à terre, Corinne Diacre estimait ne pas faire attention particulièrement à ces affluences épatatantes. "Nous, on est dans notre bulle. On est concentré sur la compétition. Je ne sais pas ce qui motive les gens. En tout cas, on est ravies que les gens puissent trouver intéressant le football que les femmes pratiquent. Nous, on sait ce qu'on est capable de faire, on sait que le football féminin a énormément évolué ces dernières années." La sélectionneure veut rester lucide et mettre au maximum son groupe dans les meilleures conditions, en évitant cette nouvelle 'pression' populaire.

Les Bleues peuvent compter néanmoins sur un réel soutien des Français, en année creuse avec l’absence de Coupe du monde et d’Euro chez les hommes. Cependant, ce seul argument du calendrier n’est pas une finalité. Ces Bleues-là ont su trouver leur public : de nombreuses familles et surtout de nombreuses femmes, curieuses d’assister aux performances d’Eugénie Le Sommer et de ses coéquipières. La FIFA et son service de sécurité n’avaient d’ailleurs pas anticipé cet aspect-là. Lors du match d’ouverture, face à la Corée du Sud, les spectatrices féminines devaient attendre plusieurs minutes avant d’être fouillées, faute de vigiles du même sexe.

Des chiffres vertigineux à la télévision

Enfin, le facteur médiatique ne peut pas être éludé. La compétition et les Bleues bénéficient d’une couverture inédite en France à commencer par les diffuseurs TV. TF1 a mis en place un dispositif semblable à celui de la Coupe du monde 2018 en Russie et qui a trouvé son public : 10 millions de téléspectateurs pour la Corée du Sud, 11 millions pour la Norvège. Amandine Henry a aussi constaté cette nouveauté non négligeable. "Il y a beaucoup de médias, et on n’a pas forcément l’habitude de connaître ça tous les jours. Heureusement, on a un staff qui nous aide à gérer."

Comment rester à ce niveau de ferveur alors ? La numéro 6 française estime que seul le terrain parlera pour son équipe. "On a énormément de chance d’être mises en avant. À nous de continuer à faire des bonnes performances sur le terrain pour que ça reste ainsi." Le message a le mérite d’être clair tout comme l’objectif des Bleues dans ce tournoi : la victoire finale à Lyon, le 7 juillet prochain.

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