Juan Fernando Quintero (25 ans) n'est décidément pas un joueur comme les autres. Sur le banc dimanche en finale retour de la Copa Libertadores, l'ancien joueur du Stade Rennais a fait chavirer le match par son entrée en jeu. En confiance, et surtout décisif, le gaucher a donné la victoire à River Plate d'un "golazo" monstrueux contre Boca Juniors (3-1). Une frappe limpide, sur un pas, aux abords de la surface, qui est venue se loger sous la barre, faisant se lever le Bernabeu, totalement conquis. "J'ai pris l'espace, j’ai contrôlé et j’ai frappé. J’ai travaillé le ballon et par chance cela a donné un joli but. Maintenant, il faut fêter ça", a-t-il réagi au micro de Fox Sports.
2018, une année riche pour Quintero
"Le problème avec Juan a été la continuité, il n'a jamais pu enchaîner", soulignait pour Goal son ancien coéquipier, Gelson Fernandes, en mars dernier. Depuis son départ de Rennes en avril 2016, Quintero a retrouvé la sélection. Il a participé à la Coupe du monde en Russie. Et voilà maintenant qu'il remporte la Copa Libertadores, huit mois après avoir marqué au Stade de France, contre les futurs champions du monde. Une année 2018 qui a soudainement rappelé des souvenirs aux supporters rennais. Eux, qui ont pu observer un joueur bourré de talent, mais en net surpoids, qui avait fini par résilier son contrat après avoir vite compris que l'aventure tournerait court.
Rolland Courbis, qui l'a entraîné à Rennes entre janvier et avril 2016, reconnait que Quintero avait "un petit problème de poids de forme". Ce qui explique pourquoi il jouait peu . "Trouver son véritable poste n'était pas simple non plus, nous disait-il à l'époque. Mais niveau technique et vision du football, c'est très, très fort." Une classe que personne ne nie. Des gestes dont il est le seul à avoir le secret. Du grand art signé de celui que de nombreux suiveurs du FC Porto voyaient même plus fort que James Rodriguez. Certains parleront de gâchis, d'autres de génie incompris. Et c'est peut-être cela qui fait la légende de Quintero. Talentueux, mais si difficile à cerner.
