Il y a quelques semaines, Anthony Martial était un possible titulaire dans l’esprit de Didier Deschamps, avant que Dimitri Payet ne confirme définitivement son statut d’indispensable. Kingsley Coman, lui, n’a pas eu cette considération et partait avec un statut de remplaçant capable de dynamiter le dernier tiers d’une rencontre. Néanmoins, les carences ressenties lors du premier match face à la Roumanie ont amené le sélectionneur à revoir ses principes pour passer dans un 4-2-3-1 construit pour deux ailiers rapides autour d’un meneur de jeu. Propulsés titulaires face à l’Albanie, le Bavarois et le Mancunien ont cependant déçu, même si le premier s’est tout de même montré plus à son avantage que le second.
Des profils très utiles mais pas complémentaires
Avec Dimitri Payet et Antoine Griezmann, l’équipe de France possède deux joueurs axiaux qui sont en réalité de faux excentrés. Leur présence de part et d’autre du terrain au coup d’envoi confère à Olivier Giroud un rôle de libérateur d’espaces pour leur permettre de manœuvrer sans garde rapprochée. Mais la médaille a bien évidemment un revers. Dans cette configuration, le jeu de l’équipe de France est très axial et la responsabilité des ailes incombe davantage au travail combiné des relayeurs et des latéraux.
De la même manière, Anthony Martial et Kingsley Coman ont des profils très rapprochés. Titularisés ensemble, le jeu de l’équipe de France change du tout au tout et Olivier Giroud passe d’un attaquant de devoir à un attaquant de surface, prêt à recevoir les ballons des véritables ailiers amenés à le trouver en dernier ressort. Cependant, la qualité technique de l’équipe de France et de ses milieux induit une fréquente possession du ballon et une adversité bien souvent repliée sur elle-même, ce qui ne favorise pas l’expression de joueurs rapides de côté, dévoreurs d’espaces. Dans ce genre de configuration, l’association n’est pas optimisée et, si Kingsley Coman est parvenu à faire parler sa vitesse à quelques reprises, Anthony Martial, lui, s’est totalement empalé, incapable de produire la moindre action dangereuse. Un apport individuel, surprenant pour l’adversaire en cours de match, apparaît ainsi plus approprié.
Le niveau international est un cap
Parti de Lyon à Monaco puis à Manchester United en moins de trois ans, Anthony Martial n’a pas perdu de temps. Que dire alors de Kingsley Coman (19 ans), passé du PSG à la Juve puis au Bayern Munich en deux fois moins de temps ? Les deux jeunes internationaux (20 ans) ont l’habitude d’aller vite en toutes circonstances. Il n’en reste pas moins qu’ils ne totalisent que moins de 20 sélections à eux deux (18, ndlr). Or le cap international est un plafond de verre que tout le monde ne brise pas aussi facilement. "Tous nos joueurs, même les jeunes, jouent dans des grands clubs et savent gérer la pression", rappelait Laurent Koscielny en conférence de presse avant de débuter le tournoi. Mais les matches de très haut niveau ne sont pas nombreux sur le CV des deux joueurs qui disputent leur première grande compétition avec leur équipe nationale. En Ligue des champions, leurs références sont peu nombreuses malgré leurs phénoménales ascensions.
GettyMême s’il fera probablement tourner son effectif face à la Suisse, Didier Deschamps ne devrait pas retenter l’expérience. Le profil spécifique et la jeunesse de Kingsley Coman et d’Anthony Martial sont autant d’éléments qui le pousseront à les utiliser ensemble comme des alternatives plutôt que comme une réelle option de départ. Si toutefois l’association est un jour reconduite.
