Kingsley Coman BayernGetty Images

PSG - Bayern : Entre Coman et Paris, une histoire contrariée

En rentrant sur la pelouse du Stadio de la Luz dimanche, Kingsley Coman aura un sentiment particulier au fond de lui. Pour sa deuxième finale de Ligue des Champions (il avait joué trois minutes en 2015 avec la Juventus contre le Barça), l’international français n’aurait pas pu rêver mieux… ou rêver pire. Face à lui va se dresser le club où il a fait ses premières armes, son club formateur : le PSG. Mais ne comptez pas sur le Munichois pour faire dans le sentimental. 

"C'est un rêve de gosse, mais actuellement je ne pense vraiment pas à mon passé avec le PSG, a-t-il confié mercredi en conférence de presse. Je pense à cette finale. Mon coeur est 100% Bayern et j'espère juste qu'on va le faire en gagnant ce trophée. »

Le symbole de l’exil des jeunes du PSG

Il faut dire que de l’eau a coulé sous les ponts depuis ses débuts en professionnels avec le club parisien en 2013. Comme il le concède lui-même, sa vie est désormais loin de la France et peu de choses le rattachent encore à son club formateur. 

Seul Presnel Kimpembe doit le faire sentir nostalgique de ces années passées ensemble au centre de formation. Le défenseur central et le Munichois sont comme cul et chemise. Comme des frères. Leur formation les a rapprochés et l’idée de soulever ensemble une Ligue des Champions aurait pu être belle.

"On est ensemble, jusqu’à la mort et même après, avouait-il en 2017 à Téléfoot avant ses premières retrouvailles avec son club formateur. En ayant habité un an ensemble, on tisse des liens, il est comme un frère. Je faisais la cuisine et lui le ménage."

Son palmarès lui donne raison

Seulement, dimanche, ils seront adversaires et un seul aura le privilège d’inscrire une première Ligue des Champions à son palmarès. Dans le club parisien, l’évocation de Coman ramène obligatoirement à ce mauvais rêve d’un gamin très doué mais qui a mis les voiles trop tôt. 

Kingsley Coman est certainement la plus grosse pépite que le centre a fourni ces dernières années. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien qu’il a fait ses débuts en professionnels un soir de février 2013 contre Sochaux, à seulement 16 ans, 8 mois et 4 jours, devenant le plus jeune joueur à porter le maillot rouge et bleu.

Malgré le rêve de Nasser Al-Khelaïfi de trouver le "nouveau Messi" dans l’incroyable vivier que représente l’Ile de France, Coman n’endossera jamais ce costume. Par sa faute d’avoir été impatient après seulement 40 petites minutes en Ligue 1 ? Par celle du club d’avoir trop tarder à lui proposer un contrat professionnel ? 

La vérité se situe certainement entre les deux, Laurent Blanc n’étant pas disposé à s’appuyer sur les jeunes à l’époque, mais le départ sans indemnité du vice-champion d’Europe 2016 a obligé le PSG à se remettre en question sur les jeunes du centre et leur avenir en professionnel.

Aurait-il eu sa chance ?

Sur le modèle de Coman et Moussa Dembélé, Dan-Axel Zagadou (Dortmund), Claudio Gomes (Manchester City) ou Mamadou Doucouré (Monchengladbach) ont quitté le navire avant même d’avoir signer un contrat en pros dans les années suivantes. Un exode que le PSG a toujours du mal à endiguer à l’image des récents dossiers Aouchiche, parti à Saint-Etienne et Tanguy Kouassi, qui a rejoint le Bayern durant l’été .

Alors Coman a-t-il fait une erreur en partant si tôt de son club formateur ? Au regard de son palmarès et du peu de joueurs du centre à s’être imposés en équipe première, difficile de lui donner tort. A seulement 24 ans, il affiche deux titres de champion de France, deux titres de champion d’Italie et cinq titres en Bundesliga. Alors oui, il n’est pas un titulaire indiscutable, la faute essentiellement à des blessures récurrentes qui l’empêchent d’être régulier au plus haut niveau. 

Mais depuis son départ il y a six ans, n’aurait-il pas pu avoir sa chance dans l’effectif parisien ? A son poste d’ailier, se sont succédés Ezequiel Lavezzi, Lucas Moura ou encore Javier Pastore. Derrière Angel Di Maria et dans un même style de joker de luxe, Kingsley Coman aurait pu sévir dans ce Parc des Princes qui le « faisait tant rêver petit ». 

S’il ne sait pas encore s’il débutera cette finale, Coman sait que le temps des regrets est derrière lui et qu’il a une coupe à ramener à la maison, après avoir raté le Mondial 2018 avec son pote Kimpembe. L’histoire entre Coman et le PSG a été contrariée voilà six ans, elle le sera encore plus dimanche soir après la rencontre, qu’importe le résultat.

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