On comprend soudain ce processus d’obédience et les raisons qui poussent les Grands d’Espagne à recruter parfois des vedettes dont ils n’ont -a priori- aucune utilité sur le pré. Ce phénomène n’est pas nouveau. Le transfert de la légende merengue Alfredo Di Stefano en atteste. L’actuel président d’honneur du Real avait signé au Barça et même disputé trois matchs amicaux avant de se retrouver à Madrid, qui avait accepté de payer plus (près de 40% des recettes annuelles du club). Cette affaire avait occasionné la démission (tiens, tiens !) du président du Barça de l’époque Enric Martí.
Bref, certains ont marqué l'Histoire du club merengue, d'autres ont fait de même pour le club catalan, quelques uns ont fait les deux. Le seul point commun, c'est qu'ils ont tous franchi la frontière interdite. Découvrez 11 des traîtres madrilènes et catalans les plus marquants.
Ricardo Zamora![]() |
Il a été l’icône du football espagnol dans les années 1920 et 1930. Sa casquette en toile et son pull en laine sont gravés dans la mémoire de tous les fans, qui n’ont rien oublié des exploits du "Divino". Formé à l'Espanyol, il est vite recruté par l'autre club catalan, le Barça. Après trois saisons avec le FC Barcelone, les nuages de la discorde planent sur sa carrière en bleu et grenat suite à un conflit avec Hans Gamper qui refuse d'augmenter son salaire. En 1930, Zamora est recruté par le Real Madrid qui paye 150'000 pesetas pour acquérir ses services, une somme astronomique pour l'époque. Zamora joue son dernier match officiel lors de la finale de la Coupe d'Espagne en 1936 sous le maillot du Real Madrid. Le Real s'impose par deux buts à un face au FC Barcelone en partie grâce à un arrêt providentiel de Zamora sur un tir de Josep Escolà. Le trophée actuel du meilleur gardien de Liga porte son nom.
Bernd Schuster![]() |
La traitrise est un jeu qui se joue à 10 et à la fin, c’est un Allemand qui gagne. Et avec la manière : du Barça au Real avant de filer a l’Atletico, Schuster est un Globe-trotter de la fourberie. Cette fois, la frontière interdite est brisée, violée et piétinée au sol avec un détour chez les Colchoneros comme ultime pied de nez. Il a aussi entrainé le Real, lui le socios du Barça, a gagné la Liga et remporté deux Clasico comme coach ! Mention spéciale pour le Pasillo du Clasico 2007-2008 retour (1-0 à l'aller en saison, 4-1 au retour) où les joueurs du Barça ont applaudi l’ultime traitre.
Albert Celades![]() |
Très franchement, il fait un peu office de bouche-trou dans notre onze et n'est pas aussi traitre que d'autres plus illustres félons. Sorti diplômé de la Masia, il joue en équipe première de 1995 à 1999. Il débute même un Clasico contre le Real Madrid. Il jouera ensuite une saison au Celta Vigo avant de rejoindre le Real en 2000, où il aura une carrière plus qu'honorable. Il remportera, sous les deux maillots 2 Ligas comme culé et 2 comme merengue, la Coupe du Roi, la Supercoupe d'Espagne et d'Europe, Coupe Intercontinentale et Ligue des champions avec le Real également. Merci La Masia !
Luis Enrique![]() |
Après quatre années au Real, il est poussé vers la sortie par les officiels. Et ce sont les dirigeants du Barça qui ne ratent pas l'occasion de lui tendre la main. Luis Enrique débarque à Barcelone avec une motivation sans failles, comme s’il avait été formé à la Masia. Il est d'ailleurs l'un des rares traitres à avoir clairement choisi son camp. Après le retentissant 5-0 au Nou Camp en 2010, il a déclaré avoir eu un "orgasme footballistique". Tout est dit.
José Samitier![]() |
Le traître originel. L'Home llagosta (l'homme-langouste) est l'un des premiers transfuges de l'Histoire. Le mythe des Peseteros (ceux qui aiment l'argent) est lancé avec lui. Pourtant, il était une pièce-maitresse dans le Barça à succès des années vingt. Treize années Blaugrana et le plein de titres : 5 Coupes du Roi, 12 Championnats de Catalogne, la première Liga jouée en Espagne - saison 1928-29-, 326 buts, deuxième meilleur goleador de l'histoire du club et meilleur buteur de l'histoire du FC Barcelone en Coupe du Roi avec 63 buts. Il rejoint le Real en 1933 à la suite de problèmes économiques. En blanc il a gagné une Liga et une Coupe du Roi en deux saisons.
Michael Laudrup![]() |
En 1993, l'arrivée de Romario au sein de l'attaque barcelonaise le place sur le banc puis vers la sortie. Pire, il ne joue pas la finale de la Ligue des champions perdue 4-0 face au Milan AC à cause de la règle des trois étrangers encore en vigueur à l’époque et de Cruyff lui préférant le Brésilien. C'est là que tout se joue. Décidé à quitter la Maison Blanche, Michael Laudrup file... au Real. Un pari audacieux tant il est difficile de passer de l'un à l'autre et de briller dans les deux clubs. Le Danois va faire mieux : il va engranger les records.
Aux côtés de « Bam Bam » Zamorano, Hierro, Redondo ou Raúl -c’est lui qui d’une passe aveugle offrira son premier but à Raul en Primera dans un derby contre l’Atletico en 97 -, il réussit l'exploit inédit en Liga de remporter cinq titres consécutifs et sous deux maillots différents (4 avec le Barça, 1 avec le Real Madrid). Surtout, on retiendra une chose principale dans son passage dans les deux équipes : sa présence lors de la "manita", le 5-0 infligé au Real et lors de la vengeance des Merengue à Bernabeu en 1994/1995 sur le même score. Resté deux saisons seulement sous le maillot Blanc, il est autant une idole au Real qu’au Barça. D’ailleurs, en 2002, et pour les cent ans du club, Marca révèle les résultats d'un sondage plaçant Michael Laudrup comme le 12e joueur préféré des socios dans l'Histoire du Real. Sans oublier qu'il a été élu meilleur joueur étranger des 25 dernières années en Espagne. Le plus beau traître de l'histoire des deux clubs.
Luis Milla![]() |
L’ancien sélectionneur de l'Espagne espoirs, formé à La Masía, a joué au poste de meneur de jeu avec le FC Barcelone (1984-1990) sous les ordres de Johan Cruyff, le Real Madrid (1990-1997) et Valence (1997-2001). Il fut trois fois international avec l'Espagne. Après avoir été convié à joueur avec les A du Barça en 88, il rejoindra le Real en 1990. Il y restera jusqu'en 1997, il y gagnera notamment deux Ligas, deux Supercoupes d'Espagne et une Copa Del Rey. Joli pour un fils de La Masia...
Luis Figo![]() |
En 2000 et après cinq années passées à Barcelone, Luis Figo cherche un nouveau défi. Pas de problèmes, Florentino Pérez lui en propose un, de taille. Le Real sort le chéquier et débourse plus de 60 millions d’euros pour s’offrir les services du génial droitier (le transfert le plus cher de l'époque). Après deux Liga glanées en Catalogne, le Portugais pense réaliser son rêve et remporter la Ligue des Champions. Figo reçoit d’abord le Ballon d’or 2000 après un Euro époustouflant, de bon augure... La Ligue des Champions échappe au Real en 2001 (pas la Liga). Et l’année suivante, Figo et les Galactiques prennent leur revanche sur le destin en gagnant la coupe aux grandes oreilles. Des oreilles au moins aussi grandes que celles de la tête de cochon qui a salué son premier retour au Camp Nou... Une tête de cochon exposée dans un musée à Barcelone. La traîtrise de Figo le poursuivra toujours, même en finale de l'Euro 2004, où un supporter Culé entrera sur le pré avec un drapeau du Barça pour intimider le joueur Portugais. Il faut dire que Figo était prédisposé à trahir. Il avait, à l'été 1995, signé à la fois pour la Juve et pour Parme alors qu'il évoluait au Sporting CP. Ce qui lui avait valu une interdiction de jouer dans le championnat italien pour deux ans.
Ronaldo![]() |
Le meilleur attaquant de tous les temps ou le meilleur traître de tous les temps ? Au Barça puis au Real, à l'Inter puis au Milan. Il a pris les fans des quatre clubs de court comme il prenait les défenseurs de court. Après s’être révélé au PSV Eindhoven entre 1994 et 1996, il rejoint le grand Barça. Il ne joue qu’une saison avec les Blaugranas mais marque à 47 reprises, en 49 matchs. Il partira du Real pour Milan dans des circonstances troubles en hiver 2007 après une brouille avec Fabio Capello. Le Real finira champion d'Espagne, titre que Ronaldo avait déjà remporté en 2003.
Javier Saviola![]() |
Un éternel pétard mouillé sur lequel le monde du football a pourtant fondé de grands espoirs et notamment les dirigeants du Barça, qui le recrutent en 2001 et à seulement 20 ans. En trois saisons, il joue près de 150 matchs et inscrit 60 buts, bilan mitigé qui le fait exiler en prêt deux saisons à Monaco et Séville, puis, sous les ordres de Frank Rijkaard, il ne joue quasiment pas et à la fin de la saison, le Barça le cède au Real Calderon/Mijatovic. Mais ni Bernd Schuster ni Juande Ramos n'en font un titulaire, El Conejito marquera 5 buts en 26 matchs. Son palmarès catalan ? La Supercopa... plus une Liga.
Samuel Eto'o![]() |
Samuel Eto'o a joué l'exceptionnel total de sept matchs pour le Real Madrid (là où il a été formé) pour aucun but. Depuis, il a fait payer cher les merengue, que ce soit avec Majorque ou le Barça. Quand Perez le voulait pour faire partie des Galactiques, le joueur a préféré signer avec l'ennemi héréditaire catalan qui a payé la moitié du Fichaje au Real, détenteur de 50% des droits. Eto'o en voudra à Madrid au point de chanter "Madrid cabron, saluda el campeon" un soir de liesse catalane...
José Mourinho![]() |
Traducteur de Bobby Robson (pour 10000 pesetas, soit 60 euros par mois), assistant de Louis Van Gaal, entraineur du Real... Un drôle de parcours. Un traître qui récemment encore, était en mesure d'influer sur la destinée des deux clubs. Mourinho qualifiait dernièrement l’équipe de Martino de « pire Barça depuis beaucoup d’années », se disant sûrement qu’il pourrait faire mieux, lui qui avait failli entraîner le club catalan avant de se faire souffler le poste par Guardiola en 2008. Bref, s’il fallait un entraîneur à notre équipe de traîtres, nous l’avons avec José.
| Autres 'traidores' Daniel García Lara, Alfonso Pérez, Gheorghe Hagi, Migel Soler, Julen Lopotegui, Fernando Muñoz García, Robert Prosinecki, Lorenzo Amador, Lucien Muller, Fernand Goyvaerts, Jesús Pereda, Evaristo Macedo, Justo Tejada, Hilario Juan Marrero Pérez, Alfonso Navarro, W. Rozitsky, Arsenio Comamala, Alfonso Albeniz, José Quirante, Charles Wallace et Luciano Lizarraga.
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