Christophe Galtier shout Bayern Munich PSG Champions League 2022-23Getty

Christophe Galtier avant Brest-PSG: "Je n'incrimine pas Marco Verratti"

Dans quel état d'esprit étaient les joueurs après l'élimination contre le Bayern Munich ? Les avez-vous senti abattus ou avez-vous senti une forme de résignation à force de vivre toujours de vivre la même chose ?

Dans le vestiaire tout de suite après le match, évidemment qu'il y avait beaucoup de déception et de colère aussi parce que vous êtes dans l’excitation. Nous sommes restés sur place à Munich, nous avons voyagé hier, les joueurs étaient fatigués et très déçus. De la résignation ? Non mais de la déception, ce qui est tout a fait normal. On en parlé tous ensemble ce matin. C’est comme ça, c’est une grande déception, il y avait une grande attente chez nous interne mais chaque année il n'y a qu'une équipe qui gagne la Ligue des champions. Il faut maintenant projeter sur le championnat car le calendrier nous l’impose avec la rencontre à Brest. 

"Il y a toujours un risque de relâchement"

Qu'est-ce qu'il a manqué à ce PSG pour passer ce cap des huitièmes ?

Ce qu'il a manqué ? Des absences importantes sur la double confrontation. Kylian Mbappé et Achraf Hakimi rapidement diminué à l'aller. Sur le match retour nous avons deux graves blessures avec Neymar et Kimpembe. A cela vient s'ajouter Marquinhos et Nordi Mukiele. Il nous a manqué d'être en forme pour ces grands rendez-vous. Le fait d'avoir des absences et peu de rotation fait que l'on est arrivé très affaiblit sur la double confrontation. 

Après cette élimination, n'y a-t-il pas un risque de décompression qui pourrait amener à relâcher la pression en Championnat ? 

Il y a toujours un risque. C'est ce que je disais à mes joueurs : le PSG est champion en titre. Si le PSG gagne le championnat ça sera la 11e fois, ça n'a jamais été fait. On a des joueurs avec des palmarès importants et ils sont obsédés par le fait d'y ajouter une ligne. Vous renvoyez l'idée que gagner ce titre c'est facile, ce n'est pas le cas. Je le répète une fois encore notre effectif est réduit et il faudra se battre jusqu'au bout pour se donner les moyens d'être champion de France. Je vois ce qu'il se passe dans les autres championnats : prenons l'exemple du Bayern Munich. Il ne gagne pas la Ligue des champions chaque année mais quand il gagne le championnat ces joueurs en sont fiers. C'est une grande fête qu'ils partagent avec tous les employés du club et nous cela doit être pareil. Il faut arrêter de banaliser le titre de champion de France. Même si on est le le PSG, ce n'est pas facile de gagner. C'est important pour nous, pour nos supporters qui ont été omniprésents. Ils étaient près de 4000 à s’être déplacés à Munich malgré les grèves et on les a beaucoup entendus. Il faut, à la fois pour nos supporters qui nous soutiennent tout au long de la saison, pour le club mais aussi pour mes joueurs, se recentrer sur le titre de champion de France.

"Je n'ai pas pointé du doigt El Chadaille"

Vous avez parfois pointés les erreurs des plus jeunes depuis le début de saison, c’était le cas avec El Chadaille Bitshiabu à l’issue du match de mercredi soir…

(Il coupe). Non ! J’ai regretté qu’il ne joue pas un peu plus long oui. Mais à 17 ans avoir cette maîtrise et cette lecture, ce n’est pas évident mais je n’ai pas pointé El Chadaille. J’ai simplement dit et j’en ai parlé avec Marco (Verratti), la prise de risque à l’intérieur, elle est très dangereuse.

Mais comment faîtes-vous pour mettre ces jeunes en confiance ?

On parle. Quand vous êtes jeunes, vous faites automatiquement des erreurs. Je me rappelle d’El Chadaille (Bitshiabu) et de son match à Monaco qui avait très mal démarré. Je lui ai dit de mieux se préparer, on parle, on travaille aussi en images quoiqu’on puisse dire actuellement. On travaille beaucoup en vidéo soit de manière individuelle soit de manière collective, soit par secteurs de jeu. Je vous dis ça parce que j’ai vu passer quelque chose expliquant qu’on utilisait pas assez le débriefing ou l’analyse vidéo. Ceux qui parlent comme ça, il ferait mieux de se renseigner par rapport ce que je fais dans mon travail depuis 14 ou 15 ans. On les accompagne, on les conseille, on montre et on fait en sorte qu’ils ne renouvellent pas les mêmes erreurs. Pour reprendre le début de votre question, je n’ai pas pointé El Chadaille, je lui ai simplement dit que dans cette situation-là, on est sous une forte pression, on est dans un gros temps fort du Bayern Munich, il aurait été préférable de ressortir le ballon. Après, le ballon revient à l’intérieur, il y a un bon pressing de la part du Bayern sur Marco (Verratti) et on aurait pu être plus vigilant.

Entre l’hécatombe de blessés et l’élimination de mercredi, comment se sent le coach du PSG ?

Sur un plan personnel, j’ai évacué la déception. Evidemment j’étais très touché mercredi soir et encore hier matin. Mais on a commencé avec mon staff à travailler sur le match de Brest. Il faut évacuer. Certes, il y a pas mal de blessés, mais à mi-mars j’ai certains joueurs qui sont aujourd’hui à 45 match joué, c’est énorme. C’est normal qu'il y ait bobos. On sait que ça va être un match difficile que Brest a une opportunité car il pense qu’on est fatigués, déçus et affaiblis. Mais l’équipe qui débutera sera très compétitive et on aura l’ambition d’aller gagner à Brest. "Je ne cherche pas à convaincre Kylian"

Craignez-vous que des joueurs en fin de contrat comme Ramos ou Messi soient moins concernés par la fin de saison ?

Non je n’ai aucun doute sur la capacité de ces deux très grands joueurs, qui connaissent ces situations-là, à répondre présent. Ils ont déjà gagné ce trophée mais ils ont vécu aussi des éliminations. Ce sont des joeuurs de très haut niveau qui passent vite d’un match à l’autre.

Etes-vous revenu avec Marco Verratti sur l’erreur qui a amené le premier but du Bayern mercredi soir ?

Je n’incrimine pas Marco. On en a parlé ce matin tous les deux. Il se retrouve enfermé dans un gros pressing au milieu de quatre joueurs. Il y avait peut-être autre chose à faire. Mais Marco est un des joueurs qui touche le plus de ballons, il a ce style de jeu, c’est comme ça. Après, il y a ce très bon pressing de la part du Bayern.On l’a fait aussi par moment mais ça ne nous a pas souri. Mais Marco était très bien, il fait partie de ces grands joueurs qui arrivent à passer d’une grande déception à une grande motivation pour aller chercher ce titre.

On a senti Kylian Mbappé très déçu après le match. Comment le convaincre que le projet du PSG est toujours le bon ?Je n’ai pas à chercher à convaincre Kylian de quoi que ce soit. Comme chacun des joueurs e l’effectif, il était déçu mercredi soir. Mais Kylian est un joueur du PSG, il le montre et le dit régulièrement, il a une grande détermination à amener le club vers les succès.

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