Certaines grandes équipes européennes étaient un peu sur les freins en cette veille de Coupe du monde. Ce n'était pas le cas pour Paris…
Oui, j'ai regardé ce qui s'est passé pour les équipes qualifiées en Ligue des champions. Évidemment, sans qu'aucun joueur ne m'ait envoyé un signal d'inquiétude, voire de peur, sur ce match-là mon obsession était que mon équipe puisse s'exprimer le plus librement possible. Dans ce sens, nous avons fait des séances ludiques pour ne pas être dans cette psychose de cette fameuse blessure. Sur les trois séances de la semaine, j'ai vu des joueurs investis. Aujourd'hui, ils ont donné une très belle réponse. Ils ont été sérieux, appliqués. Évidemment que c'est un bon dimanche après-midi. Parce qu'il fallait gagner. Lens fait un parcours incroyable pour un deuxième. Et nous, nous faisons un très beau parcours aussi mais il fallait gagner pour maintenir un certain écart. L'obsession était non pas d'être invaincu mais de gagner. En marquant beaucoup de buts ça rend le match moins âpre et moins dangereux. A partir du moment où mes joueurs ont fait la différence, je me suis concentré sur la gestion. Ça aurait été une grande tristesse qu'un de mes joueurs devant partir au Mondial se blesse. Et j'ai vite fait des changements pour protéger les uns et les autres.
Comment Kimpembe s'est-il entraîné cette semaine et quel était le plan le concernant ?
Hier (samedi), il a fait 100 % de la séance, l'avant-veille 80 %. Il a beaucoup travaillé en début de semaine de manière individuelle. Des membres du staff de l'équipe de France sont venus en début de semaine échanger, observer et regarder son travail. Je ne voulais pas le faire démarrer car ça fait longtemps qu'il n'avait pas joué. Mais c'était une de mes priorités dans les changements à partir du moment où les choses allaient bien que « Kim » puisse retrouver des sensations sur le terrain.
On vous a vu très satisfait du but d'Ekitike…
On est tous contents pour lui. Il y a quelques semaines il avait demandé à échanger avec moi. Pour un jeune garçon je l'avais trouvé très mature, très structuré. Il rongeait son frein, il était dans la frustration. Je lui disais de profiter de chaque instant dans les séances au contact des meilleurs joueurs au monde. La progression c'est vrai qu'elle passe par les matches, les minutes jouées, mais quand on est dans un tel effectif elle passe aussi par les séances d'entraînement. Il avait pris un peu un coup au moral quand il n'avait pas été titularisé à Reims. Il avait lâché à ce moment-là, ça peut se comprendre. Le travail du staff et le mien a été de le remobiliser, qu'il puisse retrouver une grande détermination à s'entraîner. Et séance après séance il s'est remis dans l'exigence, dans l'intensité. Voilà. Il prend le rythme, les repères. Pour un attaquant, il avait été malheureux à Lorient même s'il est à l'origine du premier but. Là, il est entré et a marqué. C'est très bien pour lui. Il attendait ce premier but au Parc et sous le maillot parisien. C'est un sentiment de satisfaction pour lui et pour l'équipe et j'ai vu ses partenaires très heureux pour lui et ça c'est bon signe.
Getty ImagesCette coupure de 40 jours n'est-elle pas frustrante ?
La saison est comme ça. Elle est singulière. Avec un calendrier incroyable. Nous sommes premiers, invaincus. Je crois qu'il n'y a que Naples qui fait le même parcours en championnat. On a travaillé sur différents systèmes. Il a fallu un certain temps pour trouver la meilleure animation pour que les trois fantastiques puissent s'exprimer du mieux possible. Évidemment que quand on a trouvé ça c'était très intéressant. Avec ça il faut trouver le meilleur équilibre. Après le match de Lorient, il y avait des choses qui ne me plaisaient pas mais on a travaillé d'une autre manière en essayant d'être plus haut. Il y a encore beaucoup d'axes de travail. Le seul petit regret que j‘ai, même si ça a été un scénario incroyable dans notre poule de Ligue des champions, c'est que nous n'avons pas battu Benfica. Mais nous sommes qualifiés.
Quel est votre ressenti après cette première partie de saison ?
Je prends énormément de plaisir. Je reste concentré. Beaucoup. Et je demande aux gens avec qui je travaille de ne pas tomber dans une zone de confort. Il y aura une deuxième partie de saison très excitante. Il y aura un focus sur l'état dans lequel vont revenir nos internationaux. J'espère que la Coupe du monde va pouvoir voyager au Parc et que des joueurs nous rapporteront ce magnifique trophée. Il y aura un mois de janvier très particulier en fonction de l'état de forme des uns et des autres. Et un focus avec ce rendez-vous sur la double confrontation face au Bayern Munich. Il y aura beaucoup de travail, de réflexion, pour essayer de trouver d'autres animations pour être tout le temps efficaces et aussi surprendre les adversaires et parfois aussi surprendre les joueurs.
Avez-vous déjà anticipé le retour des mondialistes et des non mondialistes sur le plan de la récupération physique mais aussi psychologique ?
Sur les joueurs qui ne partent pas, tout le monde n'est pas en vacances. Certains ont besoin de travailler et n'auront pas trois semaines de coupure. Ceux qui n'ont pas eu beaucoup de temps de jeu ne resteront pas trois semaines comme ça. Il y aura une reprise officielle à partir du 5-6 décembre et on verra à partir de ce moment-là où en seront nos mondialistes. Il y a une réflexion sur la récupération qu'ils vont devoir avoir derrière cette compétition avec des joueurs malheureux, déçus, en colère et d'autres plus heureux, je le souhaite. Les plus heureux auront joué très tard mais on a des obligations de performance et de résultats en championnat. Je travaille avec mon staff pour qu'il y ait au moins dix jours de coupure pour ces joueurs-là. Parce qu'une saison qui aura démarré au 4 juillet et qui va se finir, je l'espère pour nous, au 10 juin, il faut une coupure mais qu'elle ne soit pas un handicap à la performance collective.
Marco Verratti était capitaine, il est proche d'une prolongation jusqu'en 2026. Que peut-il mieux faire encore à vos yeux ?
Je ne peux pas m'exprimer sur la prolongation mais je sais que le club a cette réelle envie de prolonger Marco. Je crois qu'il est très heureux à Paris. C'est un élément important. Dieu sait que j'ai préparé beaucoup de matches contre lui : il est insaisissable. Il est important dans notre construction, dans cette capacité de défendre en avançant. Je dis souvent de lui qu'il est à l'image de nos trois fantastiques devant. On a un milieu de terrain exceptionnel et dans ce registre-là il est pour moi le meilleur au monde. Quand on a ce privilège-là évidemment qu'on fait tout pour le conserver. Je lui demande d'être ce qu'il est : un leader naturel, un joueur avec toujours une grande détermination, quelqu'un qui aime le jeu. Il est aussi un partenaire, un équipier exceptionnel. Et ça se voit tous les jours dans les séances d'entraînement et dans la préparation des matches.
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