Cheick Doucoure LensGetty

EXCLU - Cheick Doucouré avant Lens-PSG : "J'ai envie de montrer que je ne sais pas que défendre"

Cheick Doucouré n'a que 21 ans (il en aura 22 le 8 janvier) mais il est déjà l'un des plus anciens du vestiaire lensois. Au club depuis quatre ans, le milieu de terrain raconte comment il a appris à prendre la parole sur et en dehors du terrain mais revient aussi sur son rôle de milieu de terrain chargé de l'équilibre de l'équipe. Tout en assurant qu'il peut aussi montrer ses qualités offensives.

Comme une vingtaine de joueurs en France actuellement, vous êtes passé par l'académie Jean-Marc Guillou. Comment le RC Lens vous a repéré ?

Ça s'est fait lors de la Coupe du monde U17 en Inde, où nous avons terminé quatrième derrière l'Angleterre, l'Espagne et le Brésil. Je ne jouais pas beaucoup à ce moment et notre capitaine prend un troisième carton jaune en quart de final qui l'amène à être suspendu automatiquement pour le match d'après. A ce moment-là, je me dis que c'est ma seule chance de me montrer. On jouait l'Espagne, avec Ferran Torres ( qui évolue désormais à Manchester City), en demi-finale. J'avais une pression mais c'était une bonne pression. Je me suis dit qu'il fallait faire un gros match et que c'était peut-être le match durant lequel j'allais me faire repérer. Et ça a été le cas. Après ce match, Eric Roy a appelé les dirigeants de l'académie et après ce mondial, il a voulu que je vienne à Lens pour faire des essais.

Entre le Cheick Doucouré de maintenant et celui qui débarquait du Mali en janvier 2018, qu'est-ce qui a changé ?

Avant j'étais le petit Cheick mais depuis j'ai beaucoup grandi. Je suis toujours à l'écoute, toujours travailleur mais avant je faisais juste mon travail mais je ne parlais pas beaucoup. Avec le coach, on a beaucoup parlé et j'ai évolué sur le fait de m'affirmer, de parler plus, d'être leader sur le terrain. C'est là où j'ai beaucoup progressé car quand je suis arrivé j'étais un garçon timide qui ne parlait pas beaucoup

Pourquoi Franck Haise vous a-t-il demandé d'évoluer sur ce point-là ?

Ça fait maintenant quatre ans que je suis là. J'ai vu beaucoup de joueurs passer et je suis pratiquement l'un des plus anciens dans le vestiaire lensois. Donc aujourd'hui, c'est à moi d'accueillir les gens, de leur parler et de montrer aux nouveaux, qui ne connaissent pas la région, comment ça se passe ici. C'est à moi de leur montrer le chemin et c'est sur cet aspect-là qu'il voulait que je progresse.

Et comment on apprend et progresse sur ce point précis ? En échangeant avec des joueurs plus expérimentés ?

J'ai parlé de ce rôle avec Yannick Cahuzac qui est l'un des cadres de l'équipe et qui a de l'expérience . Mais aussi avec Guillaume Gillet qui a joué ici (2018–2020). Avec eux, j'ai beaucoup appris car ce sont des joueurs qui s'affirment. Il me disait d'être relâché, d'être naturel, de ne pas faire le timide et qu'avec le temps j'allais évoluer. Eux parlent beaucoup avant puis après les matchs et sur le terrain ce sont des leaders. Moi je parle un peu moins car il y a toujours Yannick Cahuzac et Jean-Louis Leca ou Florian Sotoca. Moi, mon rôle est plus dédié aux jeunes qui arrivent et entrent dans l'équipe. J'essaie de les mettre en confiance, de leur parler individuellement et je pense que je fais ça bien.

Votre rôle à Lens est de faire la liaison entre l'attaque et la défense, c'est aussi pour ça que Franck Haise vous a demandé de plus parler sur le terrain ?

Je gère les équilibres, donc mon rôle c'est aussi de replacer mes partenaires. On est une équipe qui se projette beaucoup et il y a beaucoup de joueurs qui vont vers l'avant comme Seko (Fofana), Gaël (Kakuta) et même les pistons. Donc c'est à moi de replacer les mecs, de les rappeler. C'est un rôle qui va me faire progresser dans ma carrière.

Avec Seko Fofana,vous formez un duo performant au milieu de terrain. En quoi êtes vous complémentaire ? Et quel est le rôle de l'un et de l'autre ?

Notre rôle est de faire gagner l'équipe. Lui, c'est un joueur qui se projette beaucoup et fait beaucoup de courses. Au début c'était un peu compliqué , on ne se comprenait pas encore. Sur les premiers matchs, je pensais qu'il allait rester dans une position plus proche de la mienne. Après on a discuté, on a trouvé notre équilibre et ça se passe super bien.

Vous faîtes ce que l'on appelle un travail de l'ombre mais ce souvent des tâches et postes qui n'attirent pas la lumière. Est-ce que vous souhaiteriez que l'on fasse plus attention à cela ?

Au football, il n'y a jamais de salle de boulot. Quand tu étais sur le terrain c'est que tu es bon mais ce n'est pas comme si je ne pouvais pas me projeter, aller vers l'avant et marquer des buts. Ça je peux le faire aussi. Mais mon rôle dans l'équipe c'est de gérer les équilibres, de rester un peu pour recadrer les mecs. Et ça se passe bien, donc je suis content.

Malgré votre rôle vous en êtes à deux passes décisives cette saison, pensez-vous pouvoir montrer plus offensivement ?

Oui et la saison dernière j'ai mis quatre buts. Je suis aussi capable de me projeter, de marquer, de faire des passes décisives. C'est un domaine où je peux encore progresser et au fur et à mesure, je vais aussi aller plus vers l'avant et marquer des buts car c'est important de soigner les statistiques.

Vous êtes frustré de ne pas pouvoir vous projeter vers le but ?

Frustré non. Je suis là pour gérer les équilibres, c'est ce que me demande le coach et je crois que fais ça très bien. Mais j'ai parfois envie de montrer que je ne sais pas que défendre, que je peux aller vers l'avant et marquer des buts comme l'année dernière.

Est-il possible que le vous fassiez ce samedi contre Paris qui a généralement la possession de balle ?

Déjà, il va falloir que l'on soit rigoureux défensivement. Paris est une grosse équipe avec des joueurs de très grande qualité. Mais si je vois que j'ai l'opportunité de marquer, je ne vais pas m'en priver pour pourquoi pas marquer un but contre le PSG.

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