Quatre ans après la claque et l’humiliation de Göteborg face au Danemark en finale (0-2), l’Allemagne est de nouveau en finale de l’EURO en ce soir du 30 juin 1996. Dans un Wembley rempli à ras-bord, la Mannschaft est opposée à une surprenante équipe de République tchèque, tombeuse des Bleus au tour précédent.
Mais alors que la formation germanique a largement dominé son sujet jusque-là (8 buts, meilleure attaque de la compétition), la bande à Sammer va, comme en Suède, balbutier son football le jour J. Solides défensivement, les Tchèques emmenés par un Jiri Nemec de gala (13 duels gagnés, 5 tacles réussis, records de la rencontre) contiennent parfaitement l’Allemagne en 1ère mi-temps avant de frapper de façon chirurgicale. Sur un contre supersonique, la République tchèque obtient un penalty facilement transformé par Patrick Berger. La décision a beau être controversée, cette ouverture du score à la 59e minute est terrible pour les Allemands qui voient de nouveau leurs espoirs de titre s’envoler.
Alors qu’il était déjà à la tête des Aigles en 1992, le sélectionneur Berti Vogts est bien déterminé à ne pas revivre le même scénario et tente un pari en faisant entrer en jeu Oliver Bierhoff à 22 minutes du coup de sifflet final. L’attaquant de l’Udinese, arrivé en Angleterre avec un statut de remplaçant, n’a disputé que 92 petites minutes en phase de poules, mais n’avait pas réussi à convaincre son entraîneur qui l’avait laissé cirer le banc de touche en quarts puis en demies. Le joueur de 28 ans ne va pourtant pas tarder à poser son empreinte sur cette rencontre.

Moins de 5 minutes après son entrée, il surgit dans la surface de réparation tchèque pour propulser au fond des filets un coup franc de Christian Ziege. Son 4e but seulement avec la Mannschaft. Le natif de Karlsruhe peut laisser exploser sa joie, il sait qu’il vient de redonner de l’espoir à tout un peuple. Pour aller décrocher le trophée, il faudra donc passer par l’inévitable épreuve de la prolongation agrémentée cette année de la règle du but en or pour la 1ère fois à ce niveau.
A la 95e minute, Bierhoff réceptionne un ballon dos au but à l’entrée de la surface, se retourne et fusille Petr Kouba qui ne peut pas détourner suffisamment la frappe. Le chronomètre s’arrête en même temps que s’emballe le palpitant de toute la sélection allemande, qui se précipite sur son sauveur. 26 minutes, c’est le temps qu’il aura fallu à Oliver Bierhoff pour retourner cette situation mal embarquée, offrir à son pays un 1er trophée depuis la Coupe du Monde 1990. Mais surtout graver son nom dans le marbre en marquant le tout 1er but en or de l’histoire des Championnats d’Europe.


