Dans chaque grand tournoi, il y a ce joueur capable de se montrer quand son équipe en a le plus besoin. Pour l’Espagne, ce joueur, c’est Mikel Merino, devenu l’homme des grands rendez-vous et l’auteur de buts décisifs, au point d’être surnommé « le tueur de légendes ».
Après avoir, d’une tête décisive contre l’Allemagne à l’Euro, précipité la sortie de plusieurs cadres de la « Mannschaft », il a récidivé en propulsant l’Espagne en quarts de finale de la Coupe du monde d’un but historique, potentiellement dernier acte de Cristiano Ronaldo dans l’épreuve, avant que l’exploit sportif ne vire au moment humain, alors qu’il attendait de retrouver son jeune fils pour la première fois depuis le début du tournoi.
Le sélectionneur Luis de la Fuente ne cache plus son admiration pour son milieu de terrain, répétant avec une pointe d’humour : « Je vais ramener Mikel Merino chez moi », une boutade qui traduit sa confiance absolue dans le joueur d’Arsenal et sa capacité à faire la différence dès que l’équipe en a besoin.
La rencontre face au Portugal l’a encore démontré : entré en jeu à l’aube des prolongations, il n’a eu besoin que de quelques minutes pour laisser son empreinte. Tout a basculé sur une faute a priori banale, point de départ d’un renversement qui a conduit au but libérateur.
Fauché, il ne s’attarde pas sur la faute, se relève aussitôt et repart au charbon. Le ballon parvient à Fabián Ruiz, qui le transmet à Rodri. Ce dernier sert Ferran Torres. Pendant ce temps, Merino poursuivait son travail de harcèlement derrière la défense et, au bon moment, surgissait pour convertir la passe décisive et qualifier l’Espagne pour les quarts de finale.
Après la rencontre, De la Fuente a salué son joueur en déclarant : « Mikel Merino ne nous déçoit jamais. C’est un joueur indispensable, qui nous a offert le titre de champion d’Europe et qui est toujours là quand on a le plus besoin de lui. Sur notre banc, nous avons des joueurs capables d’être titulaires dans n’importe quelle autre sélection. »
Merino, lui, mesure le chemin parcouru : « Il y a quelques mois encore, être ici paraissait impossible ; aujourd’hui, je vis l’un des moments les plus heureux de ma carrière. »
Le bourreau des légendes
Merino porte ainsi son total à 11 buts sous le maillot de la sélection espagnole, ce qui en fait le deuxième meilleur buteur de l’ère De la Fuente.
En quart de finale de l’Euro, il avait déjà frappé à la 119^e minute contre l’Allemagne, qualifiant la Roja pour le dernier carré et actant, au passage, la fin de carrière internationale de Toni Kroos, Thomas Müller et Ilkay Gündoğan.
Ce lundi, il a remis ça face au Portugal, inscrivant la dernière réalisation de la carrière mondiale de Cristiano Ronaldo.
Pour Merino, ce but n’est pas seulement un exploit sportif ; c’est le fruit de longs mois de travail et de patience, après avoir traversé l’une de ses saisons les plus difficiles, selon le quotidien espagnol Marca.
Il a confié : « Atteindre ce niveau semblait inconcevable il y a quelques mois, mais aujourd’hui je savoure l’un des plus beaux moments de ma carrière. Je pense à tous ceux qui m’ont soutenu, y compris quand je doutais de pouvoir y parvenir. Chaque jour de travail, chaque instant d’incertitude, en valait la peine. »
Une récompense pour toute la famille… et des retrouvailles tant attendues
Il y a deux mois, Merino est devenu père pour la première fois, accueillant son fils Marco, mais son engagement en Coupe du monde l’a contraint à rater les deux premiers mois de sa vie.
Son but contre le Portugal n’a donc pas seulement ouvert les portes des quarts de finale ; il a aussi permis à sa femme Lola et à leur jeune fils de le rejoindre à Los Angeles pour le soutenir.
« Vivre la Coupe du monde avec mes coéquipiers est une expérience formidable, mais il y a un côté difficile : avoir manqué les deux premiers mois de la vie de mon fils et ne pas avoir pu assister à son évolution au jour le jour. Ils me manquent énormément, mais heureusement, ils seront présents pour le quart de finale », a-t-il expliqué.
Sa performance éclatante a par ailleurs conforté sa place dans l’effectif de De la Fuente, lequel a tenu à saluer l’apport des remplaçants : « Je suis très heureux de cette génération. Je veux mettre en avant les joueurs qui ne commencent pas les matchs, car ils apportent à l’équipe une valeur qui n’a rien à envier à celle des titulaires. »
Mikel Merino en est l’exemple le plus marquant, ayant prouvé une nouvelle fois qu’il suffit parfois de quelques minutes pour faire basculer une rencontre et inscrire son nom dans l’histoire du football.


