Angers, Billy Ketkeophomphone : "Des moments de doute, mais une ambition intacte"

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EXCLU GOAL - Malgré les blessures, Billy Ketkeophomphone (28 ans) maintient le cap et ne doute pas de sa capacité à revenir à son meilleur niveau.

Contraint de composer avec les blessures depuis deux saisons maintenant, Billy Ketkeophomphone (28 ans) tente tant bien que mal de garder le moral. Et même si sa saison est d'ores-et-déjà terminée avec le SCO, il ne perd pas espoir de retrouver le niveau qui était le sien à ses débuts en Ligue 1.

Vous êtes resté éloigné des terrains pendant plus d'un an, comment avez-vous vécu cette période ?

Billy Ketkeophomphone : C'était très dur mentalement. Il a fallu que je travaille seul pour la rééducation, à Clairefontaine ou à Angers. Ne pas jouer pendant un an, c'est long, mais j'ai toujours eu le soutien du club. Les supporters m'ont envoyé des messages sur les réseaux sociaux. Ma famille, ma femme et mes enfants ont toujours été là, et c'est ce qui m'a permis de trouver la force pour travailler et rebondir après les rechutes, sachant que j'ai été opéré trois fois quand même.

Comment expliquez-vous ces rechutes justement ?

Après ma longue absence, je pensais reprendre sans pépins et je n'ai pas réfléchi à ce qui aurait pu se passer après ma reprise. On m'avait dit de faire attention, mais je ne m'attendais pas à ça. Reprendre après un an d'arrêt, c'est brutal pour le corps et j'en ai peut-être trop fait.

Quel discours vous a tenu Stéphane Moulin, l'entraîneur du SCO ?

Quand j'ai repris, le coach me disait de penser à moi, à ma reprise, mais tu ne peux pas penser à toi parce qu'il y a le groupe, la compétition, la pression des points. C'est difficile de penser à soi alors que c'est un sport collectif. Je disais que j'étais quelqu'un de costaud et ça m'a rattrapé, c'est comme ça.


"C'est toujours délicat de participer à la vie de groupe"


Aujourd'hui, vous êtes blessé à l'autre genou. Cela est-il la conséquence de vos anciennes blessures ?

C'est juste un peu enflammé, il n'y a rien de cassé, donc c'est déjà bien. Mais oui, je pense que j'ai compensé sur l'autre genou et aujourd'hui ma saison est terminée.

Dans ces moments-là, il est difficile d'échapper aux périodes de doute...

C'est sûr que ce n'est pas simple. Même si je ne le montrais pas à mes proches, je me suis posé 10 000 questions. Il y a eu des moments de doute, surtout après mes opérations où les médecins ne savaient pas ce que j'avais. Ils ne savent toujours pas d'ailleurs et c'est quelque chose qui vous déstabilise.

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PS Ketkeophomphone

Quand on est dans votre situation, avec l'enchaînement des blessures, est-ce difficile d'exister au sein du groupe ?

C'est toujours délicat de participer à la vie de groupe. Les coéquipiers sont à l'entraînement, ils rigolent entre eux. Toi, tu es mis un peu de côté, même si certains joueurs te comprennent. Ils savent que c'est dur, mais ce n'est pas forcément facile de venir discuter de tout ça.

Avec quels joueurs est-il plus facile d'en parler ?

Yoann Andreu, par exemple. Il a eu les ligaments croisés et c'est quelqu'un avec qui je m'entends très bien. On est allés à Clairefontaine ensemble. Il y avait Alexandre Letellier, avant qu'il parte aux Young Boys. Pierrick Capelle a été gravement blessé. On discute aussi beaucoup, c'est devenu un ami proche.


"Retrouver le niveau qui était le mien il y a deux ans"


Malgré les blessures, peut-on dire que vous avez été un acteur majeur du maintien angevin ?

Sincèrement, je ne sais pas. L'année dernière déjà, on était en finale de la Coupe de France et je n'étais pas trop concerné parce que je n'avais presque pas joué. Cette saison non plus, je n'ai pas beaucoup joué (13 matches de L1, ndlr). Je suis quelqu'un qui travaille pour le groupe, mais j'ai été souvent en rééducation, du coup c'est difficile de se dire qu'on a eu un rôle majeur.

À quoi ressemble votre quotidien aujourd'hui ?

Mes semaines s'articulent autour des soins avec les kinés. Pour le moment, je ne peux pas faire grand-chose, même pas de vélo. Je renforce un peu mon haut du corps, mais c'est repos surtout, et dès que je pourrai rependre le vélo et la course, je m'y mettrai vraiment à fond.

La reprise est prévue pour quand ?

Si tout va bien, je reprendrai comme les autres l'été prochain. Je ferai la préparation normale. C'est aussi ça qui m'a un peu freiné. Je pense que j'ai besoin d'une bonne préparation estivale avec toute l'équipe. Mes ambitions sont intactes, mais maintenant je connais la réalité d'une blessure et je prends ça avec un peu plus de recul. 

Pensez-vous pouvoir retrouver un jour le niveau qui était le vôtre il y a deux ans ?

Je ne doute pas de ma capacité à retrouver le niveau qui était le mien il y a deux ans. Je suis même sûr que je le retrouvais parce que je suis quelqu'un qui bosse beaucoup. Je crois en moi, je ne perds pas espoir, et même si aujourd'hui les gens m'appellent moins, je sais que ça va revenir. Il faut que je sois patient.

Propos recueillis par Benjamin Quarez

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