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Angelo Stiller : le "nouveau Kroos" qui hante le Bayern et fait saliver le Real Madrid

Jochen Sauer a le visage qui se ferme quand on prononce le nom d'Angelo Stiller. Le patron de la formation bavaroise sait que le cas du milieu de Stuttgart est une tache indélébile sur le CV du "Rekordmeister". « Ce qui est arrivé avec Angelo ne doit plus jamais nous arriver », confesse-t-il. Voir un pur produit du club, imprégné de la mentalité bavaroise – il se souvient encore d'Arjen Robben hurlant sur un jeune pour une mauvaise passe à l'entraînement – partir gratuitement pour exploser ailleurs est un camouflet.

Le point de rupture a eu lieu sous Hansi Flick. Alors que Stiller attendait sa chance, le Bayern a préféré recruter Marc Roca et Tiago Dantas. « Une gifle », selon les mots du joueur. Apprenant par la presse qu'il était barré par des recrues (qui seront des flops), Stiller a fait ses valises. Le Bayern a perdu un joyau, et Stuttgart a récupéré un maître à jouer.

Jamal Musiala, Lennart Karl, Aleksandr PavlovicGetty Images

La symbiose Hoeneß : un seul coach pour une carrière

La trajectoire de Stiller est indissociable d'un homme : Sebastian Hoeneß. C'est une anomalie dans le football moderne, mais le joueur de 24 ans n'a quasiment connu que lui. Hoeneß l'a dirigé avec la réserve du Bayern, l'a emmené avec lui à Hoffenheim (gratuitement), puis l'a fait venir à Stuttgart dès sa nomination.

C'est une relation père-fils spirituelle et tactique. « C'est très spécial de jouer toute sa carrière sous le même coach », admet Stiller. Hoeneß, de son côté, ne tarit pas d'éloges sur son "cerveau" du milieu, s'étonnant publiquement quand Julian Nagelsmann tardait à l'appeler en sélection. Ensemble, ils ont réalisé l'impensable : finir vice-champions d'Allemagne avec Stuttgart en 2024, devant le grand Bayern. Stiller est l'extension de la pensée de Hoeneß sur le terrain, le garant de l'équilibre d'une équipe qui pratique l'un des plus beaux footballs d'Allemagne.

Angelo Stiller, Sebastian HoenessGetty Images

L'ombre de Toni Kroos et l'appel de la Maison Blanche

Si les recruteurs du Real Madrid ont coché son nom, ce n'est pas un hasard. Angelo Stiller est le miroir de Toni Kroos. Même poste, même nationalité, mais surtout même logiciel. « Pour moi, Kroos est le meilleur joueur allemand de tous les temps, personne ne peut le remplacer », affirme humblement Stiller.

Pourtant, la comparaison saute aux yeux. Comme l'ancienne légende du Real, Stiller n'est pas un monstre de vitesse ou de puissance. Il compense par une lecture du jeu surnaturelle et une qualité de passe chirurgicale. Il dicte le tempo, alterne jeu court et jeu long, et ne perd quasiment jamais le ballon. À Madrid, où l'on cherche encore comment combler le vide laissé par la retraite du "Sniper", le profil de Stiller apparaît comme une évidence culturelle et tactique.

Un "stratège" cérébral plutôt qu'un monstre physique

Ce qui distingue Stiller, c'est son profil de "stratège", terme utilisé par son coach. Dans un football de plus en plus athlétique, il survit et domine grâce à son QI football. Il fait partie des meilleurs d'Europe en termes de passes progressives, cassant les lignes adverses avec une facilité déconcertante.

Mais il n'est pas qu'un distributeur. Avec plus de trois récupérations de balle par match dans le camp adverse, il est aussi le déclencheur du pressing grâce à son anticipation. « On ne voit pas ça souvent dans le football », résume Hoeneß. Stiller prouve qu'on n'a pas besoin de courir plus vite que le ballon si on pense plus vite que l'adversaire. Une leçon que le Bayern a apprise à ses dépens, et dont le Real Madrid pourrait bientôt profiter.

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