À l’époque, le Celtic était non seulement devancé par son rival local au classement sportif, mais aussi distancé sur le plan financier. La situation était si critique que le club peinait à réunir la somme réclamée pour le transfert de Johnston. Lorsque Graeme Souness, l’entraîneur des Rangers, a vent de ces difficultés, il envisage une opération alors impensable. Peu lui importe la règle non écrite du club : sa femme est catholique, ses enfants ont été baptisés dans cette foi. « J’étais peut-être naïf, mais la religion n’a jamais été un sujet pour moi », explique-t-il.
En mettant en avant de meilleures perspectives sportives et un salaire plus élevé, il persuade Johnston de changer d’avis ; les deux hommes se connaissent pour avoir porté ensemble le maillot de l’équipe nationale écossaise. Après un scepticisme initial, les dirigeants des Rangers valident finalement le plan. « Il y a eu de la résistance au sein du club et certains dirigeants craignaient que les supporters ne nous quittent en masse », raconte Souness dans sa biographie. « Mais j’ai fait valoir qu’il gagnerait la faveur de la majorité des supporters, qui avaient le bon état d’esprit, grâce à ses buts. »
Souness avait donc convaincu Johnston de « trahir » son club de cœur et persuadé les dirigeants des Rangers de briser une règle non écrite en vigueur depuis des décennies. Il restait toutefois un obstacle : le Celtic et son contrat avec le FC Nantes. La FIFA trancha : Johnston appartiendrait bien au Celtic… pour peu que la somme due soit enfin réglée.
L’entraîneur du Celtic, Billy McNeill, réclame alors le paiement intégral, non pas pour intégrer Johnston, mais pour le sanctionner en ne le faisant plus jamais jouer. Le club s’y est toutefois opposé, a récupéré les 400 000 livres déjà versées et a ainsi permis le transfert de Johnston aux Rangers. Le joueur a pu se réjouir d’un salaire plus élevé, tandis que Nantes a bénéficié d’une indemnité de transfert plus importante, s’élevant désormais à 1,5 million de livres.