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River Plate boycotte la Fédération argentine de football alors que les géants de Buenos Aires dénoncent des règles « floues » dans le cadre d'une enquête pour évasion fiscale

  • Un leadership fracturé

    La tension qui existe depuis longtemps entre River Plate et l'AFA a atteint son paroxysme jeudi lorsque le club, présidé par Stefano Di Carlo, a annoncé son retrait immédiat de toutes les réunions du comité exécutif. Cette décision coïncide avec une tempête judiciaire plus large impliquant l'AFA et son président, Claudio Tapia. Les autorités fédérales enquêtent actuellement sur une fraude présumée de 19,3 milliards de pesos (11 millions de livres sterling/14 millions de dollars) liée aux cotisations sociales et aux retenues fiscales. Alors que d'autres clubs professionnels ont lancé une grève pour protester contre cette enquête, River a choisi une autre voie de résistance, accusant l'AFA de ne pas fournir un processus « clair et prévisible » pour la prise de décisions à haut niveau.

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  • River Plate v Boca Juniors - Copa de la Liga 2022Getty Images Sport

    Exiger la transparence

    Dans un communiqué officiel, le grand club de Buenos Aires a exprimé son profond mécontentement quant au fonctionnement interne de l'AFA. « Le fonctionnement actuel du Comité exécutif ne dispose pas des garanties procédurales nécessaires pour assurer un processus décisionnel clair et prévisible », a expliqué le club. « Notre institution estime que les discussions sur l'avenir du football argentin doivent se dérouler selon des procédures claires et prévisibles : les sujets doivent être inscrits à l'ordre du jour bien à l'avance et soumis au vote des membres concernés. À de nombreuses reprises, les procédures opérationnelles observées n'ont pas reflété ces mécanismes, ce qui a donné lieu à des processus moins transparents que ceux auxquels River Plate est habitué dans le fonctionnement de son propre conseil d'administration. »

    River a fait valoir que des questions cruciales étaient souvent discutées sans être officiellement présentées pour évaluation ou vote, une pratique qui, selon lui, était bien en deçà des normes professionnelles de son conseil d'administration. En conséquence, le club a confirmé : « Jusqu'à ce que les mécanismes susmentionnés soient corrigés, le club a décidé de ne pas participer aux réunions du comité exécutif de la Fédération argentine de football. »

  • Guerre politique et structure de la ligue

    Malgré le boycott, la position de River est nuancée, car le club continue de soutenir la résistance de l'AFA contre la volonté du président Javier Milei de créer des « sociétés sportives ». À l'instar de Tapia, River reste un fervent défenseur du modèle traditionnel d'association civile à but non lucratif. Cependant, le club a profité de cette crise pour réaffirmer sa demande d'une ligue nationale plus élitiste. Depuis 2013, le Millonario fait pression pour que la première division argentine passe de son format actuel, gonflé à 30 équipes, à une ligue traditionnelle de 20 équipes, estimant que la structure actuelle dilue la qualité de la compétition et entrave la croissance financière.

  • River Plate v Talleres - Torneo Apertura Betano 2025Getty Images Sport

    Une impasse à Buenos Aires

    L'avenir immédiat du football argentin reste incertain alors que la grève des clubs et l'enquête judiciaire s'accélèrent. Le refus de River de collaborer avec le comité exécutif de l'AFA exerce une pression considérable sur Tapia pour qu'il réforme son style de leadership s'il souhaite conserver le soutien du club le plus titré du pays. Pour les joueurs et les supporters, l'attention reste focalisée sur la reprise des matchs professionnels au milieu de cette grève. L'agence fiscale du gouvernement, l'ARCA, ne montrant aucun signe de recul, l'AFA est confrontée à une double bataille : une lutte juridique pour sa survie et une lutte politique pour ramener son plus grand membre à la table des négociations.

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