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Pas de place pour l’improvisation… De La Fuente a ainsi déjoué ses adversaires

Dans les grands tournois, beaucoup d’entraîneurs misent sur la stabilité avec un groupe inchangé. Luis de la Fuente a, lui, opté pour une approche radicalement différente lors de la Coupe du monde. Le sélectionneur espagnol n'a pas hésité à modifier son onze d'un match à l'autre et à opérer des changements audacieux avant et pendant les rencontres, plaçant l'intérêt collectif au-dessus des individualités, même lorsqu'il s'agissait de ses plus grandes stars. Cette audace tactique a offert à « La Roja » des solutions variées et l'a propulsée vers les phases décisives de la compétition.

Tout au long de la Coupe du monde, ses choix tactiques ont façonné le parcours de la Roja : depuis le début de la compétition, il n’a aligné la même composition de départ qu’une seule fois, et ses décisions avant et pendant les matchs, notamment ses remplacements, se sont avérées décisives.

Après la victoire contre la Belgique, la première question posée à l’entraîneur espagnol concernait le remplacement de Pedri par Fabián Ruiz, une décision qui a suscité beaucoup de polémiques. De la Fuente a toutefois défendu son choix en déclarant : « L’essentiel, c’est l’équipe. Chaque joueur a son rôle à jouer dans le match. »

Il a ajouté : « Le remplacement de Pedri s’est justifié par notre besoin d’apporter un nouvel élan à l’équipe, et Fabián, qui est également un excellent joueur, nous a permis de retrouver de l’énergie. C’est un travail collectif, peu importe qui joue le plus. Nous sommes heureux d’être arrivés à ce stade, mais nous visons plus loin encore. »

Ce choix illustre sa nouvelle philosophie dans ce tournoi, axée sur une intervention constante et le rejet des schémas figés, au point que lapresse espagnole, comme le journal AS, parle d’une version « De la Fuente 2.0 ».

À l’opposé, son approche lors du Championnat d’Europe s’est avérée plus stable. À l’exception du dernier match de la phase de groupes contre l’Albanie, qui a donné lieu à une large rotation la qualification étant déjà assurée, il n’a procédé qu’à deux changements contraints : le premier en alignant Dani Carvajal à la place de Jesús Navas après la suspension du premier, le second en faisant entrer Dani Olmo pour remplacer Pedri, blessé en quart de finale.

Pour le reste, le onze de départ est resté quasi inchangé : Unai Simón, Rubén Le Normand, Aymeric Laporte, Marc Cucurella, Fabián Ruiz, Rodri, Lamine Yamal, Nico Williams et Álvaro Morata ont été alignés avec très peu de rotations. Mais la Coupe du monde a révélé un tout autre visage de l’entraîneur espagnol.

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    Des ajustements permanents pour trouver la bonne formule

    Dès la première rencontre, la condition physique de certains joueurs, notamment Lamine Yamal et Nico Williams, entrés en jeu comme remplaçants, a imposé de nouvelles données au staff technique. Après ce match nul, au cours duquel la sélection espagnole a manqué de fluidité et de mordant offensif, De la Fuente a décidé d'opérer des changements profonds.

    Il n’a pas effectué un simple ajustement, mais opéré quatre changements simultanés. L’entrée dans le onze de Lamine Yamal s’imposait d’elle-même, les autres modifications répondant à des impératifs purement tactiques.

    Il a ainsi aligné Pedro Porro à la place de Marcos Llorente pour améliorer la construction du jeu, et a préféré Alex Baena à Gavi sur le flanc gauche afin de tirer parti d’un joueur spécialisé à ce poste, tandis que la décision la plus audacieuse a été d’écarter Fabián Ruiz au profit de Dani Olmo.

    Le sélectionneur n’a pas hésité à laisser l’un de ses meilleurs joueurs sur le banc, malgré sa brillante prestation lors du match précédent, convaincu que les circonstances de la rencontre exigeaient des solutions différentes.

    Contre l’Uruguay, Fabián s’est retrouvé sur le banc malgré sa performance exceptionnelle contre l’Arabie saoudite. L’objectif était d’apporter davantage de puissance physique au milieu de terrain pour affronter une équipe qui mise sur les duels et un pressing intense.

    Pour densifier l’entrejeu, De la Fuente titularise ainsi Mikel Merino et rappelle Marcos Llorente, quitte à perdre un peu de fluidité dans la possession.

    Le résultat a confirmé son choix : un match engagé et physique, remporté par l’Espagne grâce à un but d’Alex Baena, l’un des atouts majeurs de De la Fuente dans cette compétition.

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    Retour à l’équilibre

    Face à l’Autriche, l’entraîneur espagnol a reconduit le onze qui avait écrasé l’Arabie saoudite, une équipe qui a totalement dominé la rencontre et permis à la sélection de signer une nouvelle victoire, cette fois sur le score de 3-0, après le 4-0 de l’acte inaugural.

    Pour la première fois dans la compétition, la Roja a aligné deux fois de suite le même onze, avant de récidiver contre le Portugal. Logiquement, nombreux étaient ceux qui s’attendaient à une troisième répétition face à la Belgique ; or De la Fuente a de nouveau surpris son monde en lançant Fabián Ruiz à la place de Pedri.

    Le sélectionneur a justifié ce choix par la nécessité d’apporter un nouvel élan au milieu de terrain, estimant que Pedri n’avait pas atteint son niveau habituel face au Portugal.

    Fabian Ruiz a immédiatement justifié ce choix en ouvrant le score face à la Belgique, preuve que les décisions du staff technique reposent sur une analyse minutieuse de chaque rencontre.

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    Merino… l'atout majeur

    Les choix de De la Fuente ont porté leurs fruits bien au-delà de la simple titularisation de Fabián Ruiz. À peine entré en jeu, Mikel Merino a attendu seulement deux minutes pour doubler la mise, confirmant son excellent moment de forme après son but décisif face au Portugal.

    L’action, initiée par Ferran Torres, lui aussi entré en cours de jeu, a une nouvelle fois démontré que le banc de touche constitue l’une des armes les plus redoutables de la sélection espagnole dans cette compétition.

    Si l’Euro avait révélé un Luis de la Fuente attaché à la stabilité de son onze type, la Coupe du monde a mis en lumière un entraîneur capable de bouleverser ses schémas et de modifier joueurs et positions dès lors qu’il estime cela profitable à l’équipe.

    Cette nouvelle version de Luis de la Fuente, un coach constamment en quête de solutions et convaincu que le succès repose sur l’ensemble du groupe, a valu au sélectionneur le surnom de « De la Fuente 2.0 », symbole d’une mue réussie au cours de ce tournoi.

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