Matic Sassuolo Serie AGetty Images

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Matic : « Je quitte la Roma uniquement à cause du manque de respect des dirigeants »

Nemanja Matic, milieu de terrain serbe né en 1988, qui évolue actuellement à Sassuolo et qui a notamment brillé à Chelsea, Manchester United et à la Roma, se confie dans une interview accordée à la Gazzetta dello Sport, dont nous reproduisons ici les passages les plus intéressants.

Vous avez joué dans de nombreuses équipes. Y en a-t-il une qui vous tient particulièrement à cœur ?

« Je garde en moi quelque chose de chaque expérience, de chaque ville, de chaque club. J’ai passé cinq ans à United et il est naturel de penser davantage à cette équipe, mais elles sont toutes importantes pour moi. »

La Roma aussi, donc

« J’adore les supporters giallorossi. Et ils méritent bien mieux. Le stade est toujours plein, on sent leur passion. Ils devraient avoir la possibilité de se battre pour le titre chaque année, mais cela ne se produit plus depuis trop longtemps. C’est comme si quelque chose empêchait l’équipe de progresser. Je suis parti uniquement à cause du manque de respect des dirigeants qui m’avaient fait des promesses qui ne se sont pas concrétisées. Trop de reports au moment de renouveler mon contrat. C’était une question de principe, je n’étais plus un gamin. À Rome, on ne pensait qu’en termes de contrats annuels et j’ai choisi d’autres projets. »

  • MOURINHO ET CONTE

    Mourinho a été son entraîneur à Chelsea, à Manchester United et à la Roma. Était-ce toujours le même José ?

    « Non, à Rome, il était plus calme. Mourinho est un personnage exceptionnel et il a compris que les nouvelles générations sont différentes de la nôtre. »

    Qu'est-ce qui a changé ? 

    « Les pressions et la façon dont on les gère. Les réseaux sociaux ont tout changé. C’est plus difficile aujourd’hui pour les jeunes footballeurs : n’importe qui pense pouvoir donner des informations et ouvre une chaîne YouTube pour émettre des jugements, parfois sans en avoir les compétences. Ce n’est pas facile de se concentrer sur son travail et d’être serein. Quand j’avais vingt ans, je lisais le journal et je cherchais les notes. Une, deux ou trois personnes parlaient de moi. C'est tout. Aujourd'hui, chacun dit et écrit ce qu'il veut, mais le problème, c'est que les jeunes lisent tout ça. Du coup, sur un site, tu as une bonne note, sur un autre, une mauvaise, et tu ne comprends pas comment c'est possible. »

    Comment vous êtes-vous entendu avec Conte ? 

    « Très bien : c’est un grand entraîneur et un grand homme. Il a fallu une période d’adaptation car il voulait faire des entraînements doubles, ce qui n’est pas courant en Angleterre. Mais il a compris la situation, on s’est mis d’accord et on a remporté la Premier League. »

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  • LE SASSUOLO

    Comment le Sassuolo a-t-il réussi à vous convaincre ?

    « Grâce à une belle réunion à Milan. Giovanni Carnevali et Fabio Grosso étaient avec moi. Ils m’ont expliqué comment fonctionne le club, l’importance des jeunes. Et puis j’ai vu le magnifique centre d’entraînement : pour moi, c’est important de m’entraîner dans un endroit qui me plaît. C’est agréable d’avoir beaucoup de jeunes autour de moi, je peux leur être utile, leur expliquer certaines choses, les aider à progresser. À la fin de la saison, on en reparlera. Sassuolo sait que si je suis heureux, je n’ai aucun problème à continuer. » 

    Avez-vous dit à Carnevali que vous aimeriez disputer à nouveau les coupes ? 

    « Carnevali le sait et il aimerait lui aussi y jouer. En un mois, j’ai compris que le maintien ne pouvait pas être notre seul objectif, mais pour progresser, il faut du temps. Après tout, Sassuolo vient tout juste de remonter de Serie B. »