La Lazio a bien arraché une victoire précieuse vendredi soir face à Gênes, grâce à un penalty transformé à la… 100e minute. Mais ce succès (1-0) a surtout mis en lumière un malaise bien plus profond que le simple classement : à peine 5 000 spectateurs étaient présents au Stadio Olimpico, la majorité des supporters ayant choisi de faire grève pour dénoncer l’absence d’ambition sportive du club.
Un geste fort, assumé, et même compris par Maurizio Sarri, loin de blâmer les tifosi. Visiblement affecté, l’entraîneur a parlé d’un « acte d’amour », reconnaissant implicitement le fossé qui s’est creusé entre la direction et son public.
La colère est facile à comprendre. Durant le mercato d’hiver, la Lazio a recruté cinq joueurs… pour environ la moitié des sommes récupérées en vendant deux cadres, Valentín Castellanos et Matteo Guendouzi, dès les premiers jours de janvier. Un signal désastreux pour un club censé jouer l’Europe.
La situation s’est encore dégradée lorsque le président Claudio Lotito a été filmé en train d’imputer les départs de joueurs à Sarri. Une sortie qui a profondément agacé le technicien, lequel a répliqué publiquement en expliquant que certains joueurs souhaitaient partir faute de « projet et d’ambition » au sein du club.
Même le dossier Alessio Romagnoli, finalement retenu malgré une offre d’Al-Sadd, a viré au symbole : selon son entourage, le défenseur attendrait toujours des arriérés de salaire.
Dans ce climat délétère, la victoire contre Gênes ressemble presque à un détail. À Rome, la fracture entre les tribunes, l’entraîneur et la direction est désormais ouverte. Et rien n’indique que la fronde des supporters soit près de s’éteindre.