Le football est parfois un conte de fées, souvent une tragédie grecque. Ce samedi soir à Casablanca, la Tunisie a vécu le second acte, cruel et impitoyable, tandis que le Mali signait l'une des performances les plus héroïques de cette édition de la CAN. Réduits à dix pendant plus d'une heure, dominés outrageusement, les Aigles du Mali ont survécu à l'enfer pour éliminer les Aigles de Carthage aux tirs au but (1-1, 3-2 t.a.b.). Un exploit monumental qui prolonge la malédiction tunisienne face à sa bête noire et propulse les Maliens vers un quart de finale de feu contre le Sénégal.
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AFPLe rouge de la discorde, le mur malien
Tout semblait pourtant perdu d'avance pour le Mali. Dans une entame électrique et hachée, la tension a explosé dès la 26e minute. Woyo Coulibaly, coupable d'une semelle dangereuse sur Hannibal Mejbri, voyait rouge après intervention du VAR. À dix contre onze, les Maliens semblaient condamnés à subir. Et subir, ils l'ont fait. La Tunisie a confisqué le ballon (73% de possession !), multiplié les assauts et les corners (11), mais s'est heurtée inlassablement à un bloc compact et héroïque. Une domination stérile, presque caricaturale, d'une équipe incapable de tuer un adversaire blessé.
AFPChaouat délivre, Sinayoko climatise
Il a fallu attendre la 88e minute pour que le verrou saute enfin. Firas Chaouat, tout juste entré en jeu, plaçait une tête rageuse pour libérer tout un peuple (0-1). La qualification tendait les bras à la Tunisie. Mais le destin est joueur. Au bout du temps additionnel, sur une ultime offensive désespérée, une main malheureuse de Meriah offrait un penalty inespéré au Mali. Lassine Sinayoko ne tremblait pas et arrachait une prolongation miraculeuse à la 96e minute (1-1). La résilience malienne venait de frapper.
AFPDiarra, le héros de la nuit
La prolongation ne fut qu'une longue attente de l'inéluctable séance de tirs au but. Et dans cet exercice, un homme a pris la lumière : Djigui Diarra. Le portier malien, en état de grâce, a détourné deux tentatives tunisiennes, offrant la qualification aux siens (3-2). Une performance monumentale qui contraste avec la détresse tunisienne, punie pour son manque de réalisme et son incapacité à plier l'affaire.
AFPLa malédiction continue
L'histoire bégaie cruellement pour la Tunisie, qui n'a jamais battu le Mali en phase finale de CAN. Cette élimination, la première en match à élimination directe entre les deux nations, laissera des regrets éternels. Pour le Mali, qualifié sans avoir gagné un seul match dans le jeu (trois nuls en poules, un nul ici), le rêve continue. Miraculés, solidaires et désormais héroïques, ils défieront le Sénégal avec la foi de ceux qui reviennent de loin.